Dix nouveaux cas de chikungunya ont été recensés en une semaine à Mayotte. L’ARS renforce sa vigilance et multiplie les mesures de prévention, alors que les pluies et le retour des vacances scolaires créent un terrain favorable à la prolifération des moustiques.

« On ne prend aucun risque », affirme l’ARS face à la hausse du chikungunya

Dix nouveaux cas de chikungunya ont été recensés en une semaine à Mayotte. L’ARS renforce sa vigilance et multiplie les mesures de prévention, alors que les pluies et le retour des vacances scolaires créent un terrain favorable à la prolifération des moustiques.

Après quelques mois de calme relatif, le chikungunya montre des signes de reprise à Mayotte. L’Agence régionale de santé (ARS) rappelle que cette augmentation survient dans un contexte particulier, de fortes pluies et de retour des vacances scolaires, et que la surveillance, ainsi que la lutte anti-vectorielle ont été renforcées pour éviter toute propagation.

Dix nouveaux cas recensés

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Face à cette hausse des cas, l’ARS dit avoir renforcé les actions de lutte anti-vectorielle, afin de détruire les gîtes larvaires et limiter la propagation de l’épidémie sur l’île.

« En effet, dix cas supplémentaires ont été recensés la semaine dernière », confirme l’ARS Mayotte, portant désormais à 1.277 le nombre total de cas comptabilisés depuis le début de l’épidémie au mois de mars 2025. Bien que cette hausse reste modérée, l’Agence souligne qu’elle se produit dans un contexte de retour des vacances scolaires et pas mal de pluies récentes, qui favorisent la circulation de toutes les maladies transmises par les moustiques.

Selon l’ARS, cette situation ne justifie pas pour l’instant de déclencher une alerte spécifique sur le chikungunya, mais elle appelle à rester vigilant face à une possible amplification. « Dans tous les cas, on a renforcé la surveillance et les actions de lutte antivectorielle ».

Un danger sanitaire discret 

Le chikungunya est un virus à ARN transmis principalement par les moustiques Aedes albopictus (comme c’est le cas à Mayotte) et Aedes aegypti, actifs surtout pendant la journée, notamment tôt le matin et avant le coucher du soleil. Ces insectes trouvent des conditions idéales pour se multiplier après les pluies, avec des eaux stagnantes dans les bidons, pneus et autres récipients.

La maladie provoque fièvre, douleurs articulaires sévères et éruptions cutanées, et si elle est rarement mortelle, elle peut laisser des douleurs persistantes pendant plusieurs semaines. Depuis l’épidémie de printemps 2025, la circulation virale se maintient à un niveau faible, mais suffisant pour justifier une vigilance continue.

 Une réponse sanitaire renforcée

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Avant que le laboratoire Biogroup ne réalise lui-même ses PCR et sérologies directement à Mayotte, les prélèvements étaient envoyés en métropole (photographie/DR/BannyTsifanesy)

Pour limiter le risque de propagation, l’ARS et les acteurs locaux ont intensifié la surveillance épidémiologique et les actions de lutte antivectorielle. Le laboratoire Biogroup réalise désormais les tests PCR et sérologiques directement à Mayotte, permettant de détecter rapidement les foyers actifs et de cibler les interventions. Sur le terrain, communes et associations continuent de collecter déchets et objets pouvant retenir l’eau, éliminant ainsi les gîtes larvaires. Ces actions s’inspirent de l’opération « Novembre vert » de 2025 et visent à réduire les potentiels foyers de moustiques pendant cette période de vigilance sanitaire.

La prévention, une responsabilité collective

L’ARS insiste sur l’importance des gestes individuels auprès de la population : vider ou couvrir ses récipients d’eau, porter des vêtements longs et utiliser des répulsifs pour se protéger des moustiques, et consulter rapidement un médecin en cas de symptômes évocateurs de la maladie.

« On ne prend aucun risque », rappelle l’Agence, soulignant que la combinaison de surveillance, diagnostic rapide et mobilisation citoyenne reste la meilleure arme contre le chikungunya. Dans un territoire tropical comme Mayotte, où le système de santé reste fragile et confronté au plus grand désert médical de France, cette vigilance est essentielle pour éviter qu’une hausse limitée ne se transforme en flambée épidémique, mettant davantage sous pression des structures déjà tendues.

Mathilde Hangard 

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