À l’approche des municipales des 15 et 22 mars prochains, candidats et électeurs se rencontrent désormais en ligne. TikTok ou encore Facebook deviennent des lieux incontournables pour suivre la campagne et créer du lien avec la population.

Les réseaux sociaux, nouveaux terrains de campagne à Mayotte

À l’approche des municipales des 15 et 22 mars prochains, candidats et électeurs se rencontrent désormais en ligne. TikTok ou encore Facebook deviennent des lieux incontournables pour suivre la campagne et créer du lien avec la population.

La campagne pour les élections municipales à Mayotte bat son plein, et elle ne se déroule plus seulement dans les rues mais également sur les réseaux sociaux. Depuis quelques mois, les habitants voient apparaître sur leurs écrans des vidéos de candidats, des annonces de rendez-vous, des « stories » ou encore des « lives ». Ces contenus permettent aux participants de se rapprocher de la population et de toucher différents publics, souvent plus jeunes et moins accessibles via les méthodes traditionnelles comme les tracts ou les rencontres publiques.

Les réseaux sociaux, acteurs de la campagne

Affiche d’un candidat accompagné d’un QR code pour pouvoir suivre son investiture en direct. (capture d’écran Facebook)

Les plateformes telles que Facebook, Instagram, X ou encore TikTok ont énormément transformé la manière de faire campagne, même à l’échelle locale. À Mayotte, ce sont principalement Facebook et TikTok qui sont utilisées par les participants ainsi que leurs partisans. Ces derniers multiplient les formats pour occuper les terrains numériques  : posts pour annoncer les réunions, ou encore les déplacements, ceux-ci souvent accompagnés de photos prises avec la population. Les « stories », plus spontanées, montrent les coulisses de la campagne comme les visites de quartiers et petits échanges avec les riverains.

Certains comptes et pages dédiés à la campagne sur les réseaux sociaux rassemblent plusieurs milliers d’abonnés et les réactions aux publications varient selon les contenus : certaines dépassent la centaine de mentions “j’aime” voire les milliers.

Stratégie, proximité et impact sur le vote

Derrière les publications, la stratégie n’est pas toujours la même, la plupart sont très travaillées : montages dynamiques, musiques entraînantes, slogans et textes explicatifs. Tout est pensé pour séduire l’électorat et mettre en avant le candidat ou son parti. Sur TikTok, la majorité des vidéos montre les candidats sur le terrain, entourés de la jeunesse dans les quartiers, pour attirer l’attention de cibles jeunes et actives. Sur Facebook, réseau davantage fréquenté par les adultes, les participants privilégient les rencontres avec les habitants plus âgés ou les doyens de quartier. Chaque plateforme devient alors un terrain ciblé, adapté à son audience.

Vidéo pour les municipales 2026 destinée aux jeunes et publiée sur TikTok. (Capture d’écran : compte TikTok @Koungué976)

En ce qui concerne les commentaires sous les publications, visibles publiquement sur les pages et comptes officiels des candidats, ils offrent un espace d’échange direct avec les électeurs. Certains internautes encouragent, d’autres signalent des problèmes ou proposent des améliorations pour leur commune.

Cette interaction en ligne vient compléter celle de la présence physique lors des réunions. Ces contenus peuvent influencer la perception des candidats, surtout chez les jeunes. « Je peux suivre toutes leurs actions, même quand elles tombent tôt le week-end, ça me permet de comparer les candidats sans avoir à me déplacer dans chaque réunion », explique Hassina Madi, étudiante. Mais elles ne remplacent pas les discours en face à face avec le public. « Je vois des vidéos sur Facebook et TikTok, c’est divertissant, mais je préfère aller aux réunions, il y a plus d’ambiance et un vrai contact avec les autres et le candidat  », nous a confié une riveraine.

Cadre légal et limites

La communication électorale, y compris sur les réseaux sociaux, est très encadrée par la loi. Selon le ministère de l’Intérieur et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), les publications gratuites sont autorisées, mais doivent respecter la transparence et l’égalité entre candidats.

La période préélectorale a débuté le 1er septembre 2025 et s’étendra jusqu’au 1er mars 2026, elle sera suivie de la campagne officielle du 2 mars au 13 mars minuit, avant la période de réserve précédant le scrutin. À chaque étape, le moindre faux pas peut avoir de lourdes conséquences : publications sponsorisées, propos excessifs, attaques personnelles ou contenus trompeurs peuvent être requalifiés par la justice et entraîner jusqu’à l’annulation de l’élection. Les publications de partisans ou de soutiens actifs sur les plateformes numériques sont également surveillées, car elles peuvent être prises en compte par le juge si elles portent atteinte à l’égalité entre les participants. Affiches, tracts, réunions publiques ou publications numériques : tous les supports sont soumis aux mêmes exigences.

Sur l’île comme ailleurs, les réseaux sociaux ne remplacent pas le contact humain sur le terrain, mais le prolongent. Ils permettent aux candidats de montrer leurs actions, de dialoguer avec les Mahorais et d’atteindre un public souvent plus jeune, tout en restant complémentaires des réunions et rencontres traditionnelles. Un terrain numérique devenu incontournable dans une campagne où chaque interaction compte.

Shanyce MATHIAS ALI

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