Les territoires ultramarins subissent déjà les impacts concrets du réchauffement et des aléas climatiques.

Les Outre‑mer face au changement climatique : un défi national

Les territoires ultramarins subissent déjà les impacts concrets du réchauffement et des aléas climatiques.

À l’occasion de la Journée mondiale du climat, célébrée le 8 décembre dernier, la Direction générale des outre‑mer (DGOM) a alerté sur la vulnérabilité spécifique des territoires ultramarins au changement climatique. En raison, de leur isolement géographique, de la concentration des populations en zones littorales et de leur biodiversité unique, ces territoires présentent des fragilités environnementales, sociales et économiques importantes.

Selon des travaux conjoints du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de Météo‑France, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Université de La Réunion, ces zones sont déjà confrontées à des risques tels que la perte de biodiversité, des baisses de rendement agricole, des difficultés d’accès à l’eau potable et à l’irrigation, ainsi qu’à la fragilisation des secteurs agricoles, halieutiques et touristiques.

Mayotte, saison des baleines, baleines à bosse, pêche au krill, canicule sous-marine
Les récifs coralliens du lagon avaient déjà souffert d’un épisode de blanchissement lié au réchauffement des eaux causé par le phénomène El Niño.(DR)

La DGOM a également rappelé que la lutte contre le changement climatique doit combiner plusieurs actions telles que : l’atténuation, la réduction des émissions et l’adaptation aux impacts déjà existants. Dans ce cadre, l’organisation travaille à décloisonner les politiques publiques nationales (plan climat, stratégie biodiversité, gestion intégrée du trait de côte, etc.) et à renforcer les connaissances scientifiques sur les outre‑mer, encore trop limitées pour définir des réponses adaptées.

Les impacts du climat à Mayotte

Sur le plan local, les effets concrets du réchauffement climatique et des aléas climatiques se font ressentir de plus en plus à Mayotte, à commencer par le manque d’eau, déjà un problème quotidien pour les habitants.

Les récifs coralliens du lagon, essentiels à la biodiversité marine et à la protection du littoral, avaient déjà souffert d’un épisode de blanchissement lié au réchauffement des eaux causé par le phénomène El Niño, ce qui avait déjà fragilisé jusqu’à environ un tiers des coraux avant même la saison cyclonique. Le passage Chido en décembre 2024 a aggravé cette situation, et accentué la vulnérabilité du territoire et de ses ressources.

Shanyce MATHIAS ALI

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