La conseillère départementale Hélène Pollozec alerte sur les risques juridiques et institutionnels de l’appellation "Département-Région de Mayotte".

« Département-Région de Mayotte » : le statut qui inquiète

La conseillère départementale Hélène Pollozec alerte sur les risques juridiques et institutionnels de l’appellation "Département-Région de Mayotte".

Dans un communiqué publié dimanche 7 décembre, Hélène Pollozec, conseillère départementale de Mamoudzou III, a exprimé ses inquiétudes concernant l’avenir institutionnel de Mayotte et la nouvelle appellation « Département-Région de Mayotte » validée par décret. Selon elle, cette initiative pose des questions sur la cohérence juridique et l’ancrage institutionnel du territoire.

Une appellation jugée ambiguë et problématique

Hélène Pollozec souligne que la décision du conseil départemental de Mayotte « d’imposer une nouvelle appellation ‘Département-Région de Mayotte’ dans sa contribution de septembre 2023 nommé ‘Un territoire, une vision, une programmation' »  crée une situation inédite. Elle précise que « dès la réception du décret pris pour la mise en œuvre de la loi organique n°2025-793 du 11 août 2025, j’ai souligné l’usage systématique de majuscules dans l’expression ‘Département-Région de Mayotte' ».

Selon elle, « selon les règles de grammaire française, les noms communs composés avec trait d’union ne prennent pas de majuscule, sauf s’il s’agit d’un nom propre ». Cette formulation, « traitée comme un nom propre, laisse présager l’émergence d’une catégorie juridique inédite, distincte des ‘départements’ et ‘régions’ de droit commun », ce qui pourrait « créer une insécurité juridique : les textes nationaux mentionnant simplement ‘département’ ou ‘région’ pourraient ne plus s’appliquer automatiquement à Mayotte ». 

Risques institutionnels et contestation de la procédure

Pour Hélène Pollozec, le décret « instaure un système spécifique » et « Mayotte s’expose à un régime où l’exception deviendrait systématiquement la règle, fragilisant notre ancrage institutionnel et risquant de marginaliser davantage notre territoire au sein de la République ». Elle rappelle que « la départementalisation, ardemment défendue par les Mahorais, reposait sur une promesse claire : l’alignement sur le droit commun pour garantir l’égalité avec les autres départements » et estime qu’ « accepter un statut qui multiplie les dérogations, c’est renier l’essence même de ce combat ».

Elle critique également la procédure entourant l’adoption de ce décret : lors de la commission du 4 décembre 2025, ces préoccupations auraient été réduites à une « simple question de syntaxe, sans conséquence avant d’être mal retranscrites dans l’annexe de l’avis du conseil départemental ».

Elle conclut en appelant les élus à « rendre des comptes à la population » et estime que « les Mahorais méritent des réponses claires sur les conséquences de ce statut et sur les risques que ces élus ont choisi de faire peser sur notre île ». 

Mathilde Hangard

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.