Arrivée il y a une quinzaine de jours à la tête de l’académie de Mayotte, la nouvelle rectrice, Valérie Debuchy, a présenté vendredi dernier les grands axes de sa stratégie pour les élèves du territoire. Avant toute chose, comme premier principe, elle veut garantir le droit commun pour tous les élèves et enseignants.

La nouvelle rectrice expose les grandes lignes de sa vision pour l’enseignement à Mayotte

Arrivée il y a une quinzaine de jours à la tête de l’académie de Mayotte, la nouvelle rectrice, Valérie Debuchy, a présenté vendredi dernier les grands axes de sa stratégie pour les élèves du territoire. Avant toute chose, comme premier principe, elle veut garantir le droit commun pour tous les élèves et enseignants.

C’est dans la salle Samuel Paty du Rectorat que Valérie Debuchy avait invité la presse ce vendredi afin de se présenter d’une part, mais aussi donner sa vision de l’enseignement à Mayotte. « C’est un vrai choix pour moi d’arriver comme rectrice. J’ai un parcours diversifié et empreint de mobilité. J’ai un attachement particulier pour Mayotte. Revenir comme rectrice 6 mois, quasi jour pour jour, après Chido a une coloration particulière… Je connais ce territoire, j’arrive en toute connaissance de cause », a ainsi déclaré en préambule Valérie Debuchy.

Elever le niveau des élèves

De son propre aveu, la nouvelle rectrice concède qu’elle n’a pas de baguette magique et que n’ayant pris ses nouvelles fonctions que le 17 juin dernier seulement, elle ne peut pas encore maitriser 100% de sujets. « Je n’ai pas de feuille de route détaillée pour l’instant…Ces 15 derniers jours j’ai taché de comprendre l’organisation de l’Académie. Pour cela j’ai rencontré les cadres comme les inspecteurs mais aussi les directeurs afin d’avoir une analyse de la situation, du contexte, et de l’état de l’école. Je me considère comme le 1er pilote pédagogique mais aussi didactique de l’académie ».

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Les conditions de scolarité dues au trop grand nombre d’élèves, ont été aggravées avec Chido

Valérie Debuchy a ensuite indiqué quels étaient ses principaux objectifs. En premier lieu : élever le niveau des élèves en garantissant des meilleures conditions d’apprentissage. « Je ne méconnais pas les conditions de scolarisation qui sont souvent dégradées sur ce territoire. Mon objectif est d’élever le niveau des élèves. Je veux garantir le droit commun pour tous les élèves en gommant les inégalités de destin ; en garantissant l’équité, l’inclusion, l’accrochage et enfin l’engagement. Car tout enfant, quel qu’il soit, doit être scolarisé. Tels vont être les axes phares de mon travail ».

Pour faire progresser les élèves et les valoriser, la rectrice compte pérenniser les dispositifs mis en place par l’ancien recteur, Jacques Mikulovic, comme les groupes de besoins pour un meilleur apprentissage de la lecture et une meilleure maitrise de la langue. « Je m’inscris dans l’axe des grands projets académiques de mon prédécesseur… », mais elle souhaite aussi remettre au goût du jour la résolution de problèmes dans toutes les disciplines, et ce dès la petite section de maternelle. « Il faut profiter de tous les moments en situation d’apprentissage, explique-t-elle. Ce qui m’importe le plus c’est que les enseignants vérifient l’acquisition des apprentissages par les lèves. Je préfère que les élèves aient 6 heures de cours efficientes plutôt que 24 heures par semaine à papillonner ! ».

Accompagner les professeurs dans leur formation

Autre cheval de bataille de la Chancelière des universités : accompagner les professeurs dans leur formation, notamment didactique, à la fois pour les contractuels qui représentent environ 50% des effectifs dans le secondaire, mais aussi pour les titulaires. « Savoir faire apprendre, c’est une véritable expertise, insiste-t-elle. En tant qu’ancienne inspectrice générale j’ai pu voir parfois de belles découvertes et de belles surprises parmi les enseignants contractuels ».

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Le lycée des Lumières souhaite mettre en place pour la rentrée 2026 des enseignements spécialisés sur l’IA pour tous les élèves.

Valérie Debuchy entend ainsi différencier le contenu d’enseignement en favorisant la mutualisation des expertises. « Nous devons être au plus près des besoins des professeurs au regard de la situation de leurs élèves afin que ces derniers progressent au fur et à mesure des ans. Il faut que l’on s’assure et que l’on vérifie régulièrement leur progression. Il faut offrir des perspectives positives à nos élèves dans une dynamique de progrès et de valorisation des actions. De ce que j’ai vu, les élèves sont heureux d’être à l’école, ils ont envie d’apprendre. On doit pouvoir réussir à Mayotte comme ailleurs, c’est un droit pour les élèves ! ».

En outre, même si la rectrice ne peut garantir à l’heure actuelle que tous les postes seront pourvus à la rentrée, le 25 août prochain, elle assure tout faire pour avoir un enseignant dans chaque classe. « Les recrutements des contractuels sont en cours… je n’ai pas de résultats définitifs pour l’instant, certaines disciplines demandent des ajustements », déclare-t-elle.

Le sujet de la sécurité et du climat scolaire

Venant de l’académie de Créteil, Valérie Debuchy a été confrontée aux mêmes enjeux et problématiques présents dans le 101e département. « Je viens de Créteil, je connais… Dans certains établissements de cette académie la proportion des élèves fragiles ou ayant des besoins est proche de ceux de Mayotte… ». Aussi, concernant le climat scolaire avec les problèmes de violences, d’affrontements, de caillassages de bus, la nouvelle rectrice entend poursuivre et accentuer les partenariats avec les autorités en effectuant un profond travail en amont.

caillassages, Mayotte
Les caillassages font partie des actes de délinquance quotidiens de l’île qui entravent le quotidien des habitants et notamment des élèves sur le chemin de l’école

« Le sujet de la sécurité est important… Nous allons continuer de travailler avec la police, la justice, la préfecture et la gendarmerie. Nous allons aussi mener des actions de prévention et de formation afin d’offrir une école émancipatrice et protectrice à nos élèves ». Elle n’exclut pas, par ailleurs, de revoir certaines sanctions ou règlements intérieurs au sein des établissements dans le but d’avoir un climat scolaire plus serein. De plus, elle souhaite également rencontrer les maires pour développer le périscolaire, à travers le Projet éducatif territorial (PEDT). « Nous avons sur ce sujet un enjeu de prise en charge », souligne-t-elle.

Enfin concernant, la bonne tenue de la prochaine rentrée scolaire, Valérie Debuchy indique que « dans le 2nd degré il n’y a pas de situation de mise en péril de la rentrée le 25 août prochain. Les entreprises se sont engagées à finir les travaux et à livrer des salles de classe, des modulaires notamment, en temps et en heure ». Mais elle admet, toutefois, que dans le 1er degré « quelques écoles ne seront pas à 24 heures de cours par semaine, mais que cela s’améliorera progressivement ».

B.J.

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