Le collectif Un Lagon Sans Poison s’inquiète fortement de la création de la deuxième usine de dessalement à Mayotte, prévue à Ironi Bé en 2025. Ce projet, bien qu’ayant pour but de répondre à la grave crise de l’eau qui touche l’île, soulève de vives préoccupations environnementales et sociales.

Mayotte : plus de 400 voix s’élèvent contre le projet d’usine de dessalement à Ironi Bé

Le collectif Un Lagon Sans Poison s’inquiète fortement de la création de la deuxième usine de dessalement à Mayotte, prévue à Ironi Bé en 2025. Ce projet, bien qu’ayant pour but de répondre à la grave crise de l’eau qui touche l’île, soulève de vives préoccupations environnementales et sociales.

Plus de 400 avis défavorables ont été recueillis dans le cadre de la consultation publique sur le projet d’usine de dessalement à Ironi Bé, à Mayotte. À travers une lettre ouverte adressée aux élus et donneurs d’ordre, le collectif « Un lagon sans poison ! » tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. D’après le collectif, ce projet industriel, jugé écocide, est imposé sans concertation ni transparence et menacerait directement un écosystème marin unique au monde.

La mangrove menacée 

Dans un communiqué, le collectif de défense du lagon rappelle que l’usine de dessalement serait installée en pleine mangrove protégée, dans une zone classée hot spot mondial de biodiversité – la fameuse passe en S – et qu’elle fonctionnerait au diesel, en rejetant dans le lagon une saumure chargée en substances toxiques. Le collectif dénonce un projet soutenu « sans étude approfondie sur la circulation des eaux« . Selon le collectif, les dauphins, les tortues, les baleines, les raies… et toutes les espèces migratrices emblématiques de l’île pourraient en subir les conséquences. Une absurdité écologique dénoncée d’autant plus qu’elle contreviendrait aux engagements climatiques de la France.

Une consultation bafouée

Pour le collectif, la crise de l’eau que traverse Mayotte est bien réelle, mais la réponse proposée est tout simplement hors de propos. Depuis des mois, scientifiques, ingénieurs et citoyens engagés proposent des solutions concrètes, plus respectueuses de l’environnement : réparer les fuites d’un réseau qui perd près de 50 % de son eau, opter pour un dessalement offshore sur barge, ou encore mettre en place des unités locales alimentées par des énergies renouvelables. Autant d’options que le collectif estime ignorées des décideurs. Pire encore, d’après les scientifiques, le chantier aurait démarré avant même la fin de la consultation publique, une entorse manifeste aux principes démocratiques. Face à ce passage en force, le collectif appelle à la suspension immédiate des travaux, à la prise en compte des contributions citoyennes, et à l’ouverture d’un dialogue sincère. « On ne règle pas une crise de l’eau en créant une catastrophe écologique« , résume la lettre ouverte. Pour les membres du collectif et les centaines de citoyens mobilisés, il est encore temps de changer de cap. Le lagon de Mayotte, patrimoine naturel exceptionnel, mérite mieux que d’être sacrifié sur l’autel de l’urgence mal pensée. Une pétition a été ouverte en ligne. Elle a déjà été signée par plus de 14.000 personnes.

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