La délégation sénatoriale aux Outre-mer a présenté son rapport concernant « l’adaptation des modes d’action de l’État » dans les territoires ultramarins. Trois axes majeurs y ont été étudiés : la Sécurité, la Justice et la Défense. Les deux rapporteurs, Philippe Bas et Victorin Lurel, préconisent notamment un plan d’investissement sur 5 ans.

Philippe Bas : « Il faut déployer le rideau de fer à Mayotte et limiter l’accès à la nationalité française »

La délégation sénatoriale aux Outre-mer a présenté son rapport concernant « l’adaptation des modes d’action de l’État » dans les territoires ultramarins. Trois axes majeurs y ont été étudiés : la Sécurité, la Justice et la Défense. Les deux rapporteurs, Philippe Bas et Victorin Lurel, préconisent notamment un plan d’investissement sur 5 ans.

Les deux rapporteurs ainsi que la présidente de la délégation aux Outre-mer, Micheline Jacques, ce sont rendus dans les différents territoires ultramarins ces derniers mois afin de « s’imprégner de la situation », et ont consulté pas moins de 230 personnes pour établir ce rapport. Pour Micheline Jacques, « c’est un rapport ambitieux et inédit ».

Les Outre-mer, ces territoires oubliés où la situation s’est dégradée

Le sénateur de La Manche, Philippe Bas, a tout d’abord pris la parole afin de présenter le contexte dans les Outre-mer. Pour lui, « la situation sécuritaire dans ces territoires est grave et a continué de se dégrader au cours de ces dernières années ». Avant d’étriller des chiffres alarmants : « Les Outre-mer c’est 4% de la population française mais représentent à eux-seuls 30% des homicides, 50% des vols à main armée, 50% des agressions des forces de l’ordre, 10% des violences intra-familiales », a ainsi indiqué le sénateur de La Manche. Et ce malgré une hausse des moyens et un nombre de magistrats supérieur (dans les Outre-mer) par rapport à la métropole, toute proportion gardée.

LFI, NPF, Mayotte
En arrivant sur le territoire, les étrangers construisent des cases en tôle précaires, aggravant l’impréparation de Mayotte

Concernant Mayotte, 50% de la population qui vit sur ce territoire est d’origine étrangère, et le taux de surpopulation carcérale est un record avec 270%. « La procédure pénale manque d’efficacité dans les Outre-mer en comparaison avec la métropole. C’est souvent une justice trop lointaine et pas assez spécialisée », a souligné Philippe Bas. Puis d’insister sur le fait qu’il faut « un choc régalien. Ce rapport est un rapport d’alerte ! », et de mettre en garde sur la difficile stabilité de ces territoires si l’État n’agit pas rapidement. « Il faut notamment déployer le rideau de fer à Mayotte et en Guyane, et limiter l’accès à la nationalité française ».

Mettre l’accent sur la Sécurité, la Justice et la Défense

La France avec le 2e plus grand espace maritime au monde fait l’objet de convoitise de la part d’autres puissances. « Cet espace est mal protégé, la plupart des menaces sont exogènes comme le trafic d’armes ou de drogue, l’immigration, la pêche illégale, etc. C’est un environnement instable et complexe où il y a une forte compétition entre les nations », a expliqué le sénateur de Guadeloupe, Victorin Lurel. Il préconise de changer ni plus ni moins de paradigme et prône pour cela « une attitude offensive pour exercer la souveraineté de la France et rétablir des rapports de dissuasion ». Cela passe selon lui par une action diplomatique et de coopération régionale, un durcissement de l’emploi de la force, et enfin une augmentation de la crédibilité du contrôle des frontières maritimes et terrestres, grâce notamment à la loi de programmation militaire.

Le sénateur de Guadeloupe, Victorin Lurel

Sur ce dernier aspect, les 2 sénateurs font allusion à la nécessité de mettre en place le fameux rideau de fer, pas uniquement à Mayotte mais aussi en Guyane et aux Antilles. Même si celui prévu pour le 101e département pourrait sans doute servir d’exemple. « Il faut moderniser les infrastructures de contrôle des frontières avec des radars, des drones, des bateaux d’interception, une présence navale à Mayotte et des bases nautiques avancées vers les Comores… Tout cela est prévu mais il faut maintenant le mettre en œuvre car il y a un réel déficit d’équipement pour le contrôle de nos côtes. Nous devons faire des efforts d’investissement pour mettre en place ce rideau de fer, en dépit d’une période budgétaire difficile », a déclaré Philippe Bas. Pour cela le rapport des deux élus du Palais du Luxembourg, avec ses 38 recommandations, préconise un plan d’investissement sur 5 ans pour déployer les équipements de surveillance.

Par ailleurs, les deux sénateurs veulent donner davantage de pouvoir au préfet, notamment diplomatique, « il est trop seul et démuni…il doit être un chef d’orchestre », mais aussi mettre en place une politique attractive pour les territoires ultramarins. « Nous devons trouver les moyens pour attirer les talents afin qu’ils viennent travailler dans les Outre-mer ».

Enfin dernier point et des pas des moindres, il n’y a pas dans ce rapport une évaluation et un chiffrage du coût des mesures préconisées… En période de disette budgétaire il y aura sans aucun doute des arbitrages à faire, le tout sera de savoir lesquels et au détriment de quel(s) territoire(s)…

B.J.

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