Malezi na Maecha, c'est une trentaine d'adultes qui ont investi la route sur les points chauds de caillassage, en responsabilisant les parents que la justice met financièrement à contribution. 

Le travail efficace d’une association de Longoni contre les caillassages

Malezi na Maecha, c'est une trentaine d'adultes qui ont investi la route sur les points chauds de caillassage, en responsabilisant les parents que la justice met financièrement à contribution. 

Impliquer les parents dans les actions de leurs enfants, c’est prévu par la justice. Mais quand des habitants s’en mêlent, le système devient porteur.

Plusieurs chasubles orange fluo veillaient aux côtés d’une société de gardiennage, au bon déroulement de l’évènement festif au Lycée des Métiers du bâtiment ce vendredi. Ce sont les membres de l’association Malezi na maecha de Longoni, qui nous expliquent agir depuis plusieurs mois auprès des jeunes du village.

La cible vivante des jets de cailloux, ce sont les bus de ramassage scolaire. La société Transdev nous avait livré le chiffre de 19 bus caillassés en deux jours au mois de mars, et en avril, des élèves avaient été blessés. Lassés d’observer une situation qui s’enlisait, des membres de l’association Malezi na maecha de Longoni, ont décidé d’agir. Créée en 2022, elle a comme objectif la promotion et la défense de la communauté éducative de Longoni, qu’il s’agisse des élèves, des étudiants ou des parents d’élèves.

Comme un jeu sous les yeux des adultes

La raison des caillassages, son président Assitadhina Saindou l’explique : « Ce sont des jeunes dont certains sont aussi des élèves, qui lancent des cailloux, comme un jeu. Le plus grave, c’est que les adultes voyaient ces gamins mais ne les dénonçaient pas. » Et quand des parents ou de la famille proche étaient informés, ils n’avaient aucune réaction, en espérant même que ceux qui les encourageaient soient une infime minorité. « Nous avons décidé d’attraper les gamins qui détruisaient les bus, et de les dénoncer à la gendarmerie. Les parents ont été convoqués, et, à la demande de Matis, les gendarmes et les juges les ont menacés de devoir payer les dégâts si leurs enfants recommençaient ».

Vus comme un jeu par les jeunes, ces actes d’une grande violence doivent amener à une prise de conscience des parents

On espère évidemment que cette menace s’est concrétisée non pas en cas de récidive, mais dès les premières constatations de dégradations de la part de leurs enfants.

« Cela a eu un effet positif, parce qu’à Longoni, on ne parle plus de caillassages, Transdev reconnaît d’ailleurs que c’est beaucoup plus calme ». Ce que nous confirme Frédéric Delouye, directeur de Transdev Mayotte qui assure le transport scolaire, « cette association fait un excellent travail sur ce secteur ».

Les membres de Malezi na maecha de Longoni sont pro-actifs : « Dès 4h30 du matin, nous sommes sur les points sensibles où avaient l’habitude de se cacher ces gamins pour caillasser, et nous sommes une trentaine à nous répartir ainsi. »

Cette nouvelle tentative gagnante confirme qu’à chaque fois, c’est la proximité des parents qui marche, comme ce fut le cas des gilets jaunes/parents relais, et en coordination avec les forces de police et de gendarmerie.

Anne Perzo-Lafond

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