Alors que le début de l’opération « Mayotte place nette » n’avait même pas encore été annoncé officiellement, son premier épisode consistant à détruire 220 habitations illégales dans le quartier informel de Doujani 2 a commencé ce mardi matin.

Premier épisode de l’opération « Mayotte place nette » à Doujani 2

Alors que le début de l’opération « Mayotte place nette » n’avait même pas encore été annoncé officiellement, son premier épisode consistant à détruire 220 habitations illégales dans le quartier informel de Doujani 2 a commencé ce mardi matin.

Malgré les caillassages qui n’ont pas manqué de ponctuer l’opération, la destruction des cases illégales des hauteurs de Doujani 2 a commencé ce mardi 16 avril au matin à Doujani 2. Et ce, avant même l’annonce officielle de Marie Guévenoux, qui n’a eu lieu qu’à 11h en direct de Paris sur le réseau social X. La ministre déléguée aux outre-mer y a confirmé ce dont tout le monde se doutait, à savoir que cette destruction d’habitats illégaux à Doujani 2 marquait le début de l’opération « Mayotte place nette », nouveau nom attribué au deuxième épisode de l’opération Wuambushu. Ce changement de nom a sans doute pour objectif de se détacher d’une étiquette associée à un échec dans l’esprit de la population mahoraise. Il faut bien admettre en effet que cette première grande opération de « lutte contre l’immigration clandestine, l’habitat insalubre et la délinquance » n’a strictement rien changé au quotidien anxiogène et violent des Mahorais.

L’opération a eu lieu sur les hauteurs de Doujani 2, mais en raison de caillassages réguliers, la presse n’a pas été autorisée à monter

Si « Mayotte place nette » a les mêmes objectifs que Wuambushu, le gouvernement a affirmé que les méthodes des forces de l’ordre avaient été révisées pour davantage d’efficacité. Nous ne pourrons juger du résultat qu’à la fin de l’opération, prévue à la fin du mois de juin. En attendant, ce premier épisode de « destruction d’habitats illégaux » à Doujani 2 a été un succès puisque les forces de l’ordre ont réussi à protéger l’opération contre les caillasseurs, qui ont tenté de la stopper, expliquant les échauffourées de la veille et de la matinée même de l’opération.

Une destruction préparée depuis 6 mois

La population « décasée » a été reçue sous une tente spécialement installée pour les professionnels du relogement

Les « grandes opérations gouvernementales » ne sortent pas du chapeau, elles permettent malgré tout un renfort en force de l’ordre afin de sécuriser des opérations déjà prévues de longue date en concertation avec les communes concernées. Ainsi, cette destruction d’habitats illégaux à Doujani 2 était en réalité dans les cartons depuis de nombreuses années. « Cette destruction s’inscrit dans le cadre de la construction de la ZAC de Doujani dont les premières études de faisabilité ont débuté il y a environ 15 ans », explique Magoma Hamidani, le 2ème adjoint au maire de Mamoudzou en charge des projets structurants. « Les habitants de ce quartier ont été prévenus depuis 6 mois, des enquêtes sociales ont eu lieu et tous les Français, les étrangers en situation régulière ou les étrangers en situation irrégulières mais dont les enfants sont scolarisés à Mayotte se sont vu proposer un relogement », poursuit-il. Quid de ceux dont les enfants ne sont pas scolarisés, sont-ils amenés directement au Centre de Rétention Administrative ? Sans doute, mais la préfecture reste discrète sur le sujet pour le moment.

Magoma Hamidani, le 2ème adjoint au maire de Mamoudzou en charge des projets structurant, était sur place tout comme le préfet François-Xavier Bieuville

Toutefois, pour être relogé, encore faut-il accepter l’enquête sociale préalable, ce qui est loin d’être le cas de toutes les personnes concernées par cette destruction. Par ailleurs, mêmes celles qui ont répondu à l’enquête, n’ont pas forcément accepté le relogement qui leur était proposé. C’est souvent parce que ces solutions sont provisoires et que les personnes craignent de se retrouver à la rue une fois le délai expiré. Même si, entretemps, ils sont suivis par des travailleurs sociaux qui font tout pour que cela ne se produise pas, la peur demeure. Quoiqu’il en soit, la Ville de Mamoudzou, épaulée par l’Etat, a bien l’intention de récupérer les terrains qui lui appartiennent afin de pouvoir se développer. En l’occurrence, le terrain récupéré ce mardi matin servira à construire un cimetière, élément « qui manque dans la commune » selon le 2ème adjoint au maire.

N.G

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.