Un Loto vert ? On pourrait bien croire à une blague mais ceci est vrai : le groupe La Française des Jeux a commercialisé depuis le 23 octobre dernier un nouveau jeu de grattage appelé « Mission Nature », dont les fonds récoltés par la vente des tickets sont reversés à l’Office français de la biodiversité (OFB) pour financer des projets de sauvegarde de milieux naturels.

A vos paris, la Française des Jeux gratte pour la Nature ! 

Un Loto vert ? On pourrait bien croire à une blague mais ceci est vrai : le groupe La Française des Jeux a commercialisé depuis le 23 octobre dernier un nouveau jeu de grattage appelé « Mission Nature », dont les fonds récoltés par la vente des tickets sont reversés à l’Office français de la biodiversité (OFB) pour financer des projets de sauvegarde de milieux naturels.

Pour comprendre ce dispositif, il faut remonter aux origines. Tout commence lors d’un appel à projets lancé le 2 mars dernier à l’échelle nationale, au cours duquel 20 d’entre eux sont sélectionnés pour bénéficier d’un soutien financier pour la restauration et la préservation d’écosystèmes dans le territoire national, dont l’association Les Naturalistes de Mayotte et le Groupe d’Études et de Protection des Oiseaux de Mayotte (GEPOMAY). 

Mais à quoi serviront ces fonds ? 

D’un côté, le GEPOMAY va travailler pour la sauvegarde de l’arrière mangrove de la baie de Bouéni. Ce projet a pour objectif la protection de ces espaces, d’autant plus vitaux en contexte de pénurie d’eau, où les zones humides sont plus que précieuses. De l’autre, Les Naturalistes de Mayotte, s’engagent à sauvegarder des habitats rares et dégradés de forêt sèche sur la presqu’île de Saziley. Le choix de ce site n’est pas le fruit d’un hasard. En effet, ce site a une forte valeur patrimoniale du fait qu’il abrite des derniers habitats de forêt sèche de l’île et qu’il constitue un des principaux sites de ponte des tortues vertes du sud-ouest de l’Océan Indien ! 

Pourtant, bien que le site Saziley-Charifou bénéficie d’une protection foncière par le biais du Conservatoire du littoral, il reste très fortement impacté par des activités agricoles tous azimuts ayant  un impact majeur notamment sur l’appauvrissement des sols, la disponibilité des ressources en eau et l’envasement du lagon. 

Les Naturalistes de Mayotte entendent bien intégrer ce projet aux parcours des promeneurs qu’ils encadrent lors de balades et bivouacs organisés pour le grand public, mais aussi en partenariat avec le RSMA et l’association des Cadets Citoyens de la Gendarmerie de Mayotte, pour mener à bien des chantiers participatifs de restauration écologique.

S’appuyer sur un grand groupe pour financer des actions en faveur de la préservation de la biodiversité peut paraître si séduisant que nous serions tentés de décupler ce dispositif en faveur d’autres enjeux environnementaux, sociaux, sanitaires ou encore éducatifs… Néanmoins, à propos de ce ticket « Mission Nature » se pose la question du coût de la restauration de ces milieux naturels, à Bouéni et à Saziley, et de la part financière reversée pour chaque ticket vendu à l’OFB ? On ne peut qu’espérer que le taux sera suffisamment haut pour répondre à ces enjeux.

Si la Nature a une valeur inestimable, l’argent reste le nerf de la guerre… Alors à vos tickets !

Mathilde Hangard 

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