Gestion des déchets: vers la disparition du SIDEVAM

Une nouvelle organisation territoriale de la République, la loi NOTRe, a été votée par le parlement en juillet. Impliquant beaucoup de changements pour les collectivités territoriales.

Saïd Omar Oili:
Saïd Omar Oili alerte sur les bouleversements apportés par la loi NOTRe

Les communes, les départements, les régions… à chacun son administration et les lourdeurs qui vont avec. Le gouvernement a donc décidé d’un toilettage du «millefeuille territorial». Il prend la forme d’une loi, NOTRe*, un possessif que les communes devront s’approprier, pourvu que leur union en intercommunalité dépasse les 15.000 habitants. Le texte a été voté par l’Assemblée nationale et le Sénat le 16 juillet, et a été publié au Journal officiel le 8 août 2015.

Si la loi donne de nouvelles compétences aux régions, ce qui ne concerne pas le département de Mayotte, une de ses mesures phares est d’encourager la création d’intercommunalités et de leur transférer des compétences. Certaines sont obligatoires, d’autres non. Une intercommunalité a été créée en Petite Terre, les autres sont en cours de finalisation.

Le premier des changements concerne la gestion des déchets, comme nous l’explique Saïd Omar Oili, président de l’association des maires de Mayotte: «les intercommunalités seront obligatoirement chargées de la collecte et du traitement des déchets d’ordures ménagères dès le 1er janvier 2017. Ce qui signifie la fin du SIDEVAM 976, notre syndicat qui en a la charge.»

Grogne sur la collecte des déchets

Ramassage des déchets à Koungou
Ramassage des déchets à Koungou

Les maires se faisaient dernièrement l’écho de leurs concitoyens en matière de collecte des déchets, «dont ils constatent chaque jour les insuffisances», rapportait l’association des maires de Mayotte dans un communiqué. Le SIDEVAM 976 était pointé du doigt, et le président s’en était expliqué devant les responsables des communes. Ces dernières devront donc reprendre à leur compte cette compétence.

«Ce sera plus difficile en matière de traitement, qui coûte plus cher aux communes », critique Saïd Omar Oili, qui appelle à une poursuite de mutualisation des moyens pour acheminer et traiter les déchets à l’ISDND de Dzoumogné. Surtout depuis Petite Terre où réside son intercommunalité. Il compte se pencher sur une demande de dérogation, «une discussion entre les maires et Paris».

Si l’intercommunalité de Petite Terre devra modifier ses statuts pour les mettre en conformité avec la loi NOTRe, le reste de l’île n’aura qu’à s’aligner : «Les autres interco ont défini leur périmètre, elles n’ont plus qu’à rédiger leur statut pour le 1er janvier 2016.»

Sursis pour le Sieam jusqu’en 2020

Carte des intercommunalités de Mayotte
Carte des intercommunalités de Mayotte

Outre les déchets, la loi va aussi chambouler la compétence en matière d’eau et d’assainissement. Leur report au sein de l’intercommunalité sera optionnel à compter du 1er janvier 2018, mais obligatoire au 1er janvier 2020. Là aussi, le Sieam, Syndicat des Eaux et d’Assainissement de Mayotte, est concerné.

Enfin, l’intercommunalité devra assurer la promotion touristique, «est-ce la fin du Comité Départemental du Tourisme de Mayotte?» s’interroge Saïd Omar Oili, mais aussi la gestion des milieux aquatiques, le Plan local d’urbanisme, l’action de développement économique, l’aménagement des zones d’activités… la liste est longue.

Pour le gouvernement, l’objectif pour les intercommunalités est «de mieux mutualiser leurs actions, d’assurer de nouvelles compétences de proximité et d’offrir aux citoyens les services publics de qualité qu’ils attendent». Dans ce nouveau contexte et jusqu’en 2020, «les conseils départementaux verront leur action recentrée sur leurs compétences essentielles (compétences sociales, soutien aux communes, notamment dans les zones rurales, financement des services d’incendie et de secours), précise le communiqué de Matignon.

Un partage des tâches que Saïd Omar Oili veut observer à la loupe, «avec l’aide de nos parlementaires qui sont aussi là pour débroussailler les textes.»

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.