L’épidémie de grippe continue de mobiliser les autorités sanitaires dans l’océan Indien. La semaine dernière, l’Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion signalait une circulation toujours active du virus, avec 199 passages aux urgences pour syndrome grippal durant la semaine du 5 au 11 octobre. À Mayotte, le bulletin de Santé publique France-Mayotte, publié le 19 octobre, fait état d’une progression des virus grippaux, sans confirmer pour autant une entrée dans la phase épidémique.
À La Réunion, une épidémie installée et des formes graves

Pour la cinquième semaine consécutive, l’épidémie de grippe se poursuit à La Réunion. Début octobre, les urgences ont enregistré 199 passages pour syndrome grippal, contre 191, la semaine précédente, soit le niveau le plus élevé depuis le début de l’épidémie. Les moins de 15 ans représentaient 75 % de ces passages, selon l’ARS. La pression hospitalière reste importante, avec des pics dépassant 120 passages quotidiens aux urgences dans le Nord et 200 au CHU Sud. En médecine de ville, les infections respiratoires aiguës représentaient 12,7 % de l’activité, contre 9,3 % la semaine précédente.
Les hospitalisations après passage aux urgences pour syndrome grippal ont toutefois diminué, passant de 30 fin septembre, à 13 début octobre. Le pic épidémique n’était pas encore atteint. Le bilan des formes graves s’est également alourdi. Au 14 octobre, sept cas graves avaient été recensés depuis le début de l’épidémie, dont six en une semaine. Six patients avaient moins de 65 ans et présentaient au moins un facteur de risque. Six n’étaient pas vaccinés malgré la présence d’au moins un facteur de risque.
À Mayotte, les virus grippaux grimpent

À Mayotte, la circulation des virus grippaux a débuté précocement. Alors que les épidémies surviennent habituellement entre les mois de décembre et de mars, les premiers signes de circulation pour la saison 2026-2027 ont été détectés dès la fin du mois de juillet dernier.
Du 5 au 11 octobre, 17 prélèvements positifs à la grippe ont été enregistrés, pour un taux de positivité élevé à 26,9 %. Les virus grippaux sont devenus majoritaires parmi les virus respiratoires détectés par le laboratoire du Centre hospitalier de Mayotte (CHM), devant les rhinovirus. Le sous-type A (H1N1) domine parmi les virus grippaux identifiés.
Pour autant, Santé publique France maintient Mayotte en phase « pré-épidémique ». Une rupture de réactifs au laboratoire du CHM a empêché les analyses virologiques du 21 septembre au 4 octobre, sans rattrapage au moment de la publication du bulletin. Début octobre, seuls 63 prélèvements respiratoires ont été analysés du 5 au 11 octobre, contre 107, du 7 au 13 septembre, et 123, du 14 au 20 septembre. Ce volume a alors réduit la représentativité des résultats, et malgré la hausse des détections, les données ne permettent ainsi pas de confirmer une intensification durable de la circulation virale.
Une activité respiratoire toujours soutenue

Au-delà de la grippe, les indicateurs sanitaires témoignent d’une circulation persistante des maladies respiratoires à Mayotte. Du 5 au 11 octobre, les infections respiratoires aiguës basses ont représenté entre 2,5 % et 4 % des passages aux urgences. Dans les centres médicaux de référence (CMR) et les dispensaires, les consultations pour pathologies respiratoires dépassaient 10 % de l’activité depuis la semaine du 31 août au 6 septembre, avec un pic supérieur à 15 % du 7 au 13 septembre.

Ces chiffres ne sont pas spécifiques à la grippe car ils incluent également d’autres affections, comme les pneumopathies et les bronchites aiguës.
Cependant, dans ce contexte, les autorités sanitaires rappellent l’importance des gestes de prévention, notamment le port du masque en cas de symptômes respiratoires et l’aération des espaces clos. La vaccination antigrippale reste recommandée aux personnes les plus à risque. Les prochaines semaines de surveillance permettront de préciser l’évolution de la situation.
Mathilde Hangard


