La cour d’assises près le Tribunal de première instance de Moroni a condamné ce jeudi 15 octobre vers 1h du matin Fahami M., âgé de 22 ans, à la peine de mort pour l’assassinat d’une jeune femme de 24 ans, dénommée Naicha M’madi Abdou. « La Cour, après avoir exposé les faits, entendu l’accusé et reçu les plaidoiries des avocats de la défense et de la partie civile, condamne Fahami M. à la peine de mort », a déclaré la présidente de la Cour, la juge Maoulida Djoubeir, au terme d’une audience qui a duré 15h.
La Cour a condamné le principal complice, nommé Athoumane A., à une peine de 25 ans de réclusion criminelle « après avoir bénéficié de circonstances atténuantes ». La présidente de la Cour a, par contre, prononcé l’acquittement en faveur d’Elamine M., l’oncle du principal accusé « de complicité passive » en raison de l’absence d’une implication active dans la commission des faits.
L’indignation collective aux Comores

Le procès, retransmis à haut-parleur depuis le palais de justice a été retransmis via des plateformes sur les réseaux sociaux. L’accusé a présenté ses excuses à la famille et à la population. « Je me dois de présenter mes excuses quelle que soit l’issue de la sentence. Je reconnais avoir commis un forfait. Je suis aujourd’hui conscient de la gravité de mon acte. Je demande pardon à la famille, à tous les Comoriens », a déclaré Fahami M. après avoir livré des aveux glaçants sur l’acte ayant conduit à la mort de Naicha M’madi Abdou.
L’assassinat de la jeune femme de 24 ans avait suscité l’indignation collective aux Comores à cause de la cruauté du crime et du profil de la victime. Les faits remontent au 19 mai dernier. Naicha M’madi Abdou avait remis la somme de 200 euros à Fahami M. dans le cadre d’une opération de vente d’un ordinateur portable. Sauf qu’après plusieurs jours d’attente, Fahami M. n’avait toujours pas remis l’objet en question. La jeune femme a donc décidé d’aller, « soit obtenir la machine, soit récupérer son argent », selon son avocat, Me Idriss Mzé Mogne.
De lourdes peines pour un crime atroce
Fahami M. attire la jeune femme dans la cabane de son complice Athoumane A. Après un moment de vifs échanges, il assène un coup de couteau dans l’une des côtes. Naicha M’madi Abdou meurt sur le coup. Le jeune criminel cache sa victime avant de dissimuler le corps sans vie pendant des heures. Il va ensuite brûler la partie inférieure du corps à quelques mètres du lieu du crime. La famille de la victime se lancera à sa recherche avant d’alerter la gendarmerie qui, après investigations, procèdera à l’arrestation, 48h après, des deux jeunes, puis de l’oncle de l’auteur principal, accusés ensemble des faits « d’assassinat, de torture, de recel de cadavre, de profanation de cadavre et d’association de malfaiteurs ».
Si la condamnation a été accueillie avec soulagement, une bonne partie de l’opinion comorienne se montre favorable à « l’exécution des personnes condamnées à mort ». Une position que ne partage pas la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés (CNDHL), s’attirant les foudres de nombreuses associations locales. Les Comores ont exécuté « trois personnes » depuis 1975. La dernière exécution publique remonte à la fin des années 1990. En tout aux Comores, une vingtaine de personnes sont aujourd’hui dans « le couloir de la mort ». A noter que la cour d’assises a également condamné à de lourdes peines des personnes accusées de viols et d’agression sexuelle sur mineur au terme de sa deuxième session de l’année 2026.
A.S.Kemba


