En France, « 14 % des jeunes participant à la JDC (ndlr, Journée Défense et Citoyenneté) présentent des difficultés en lecture », selon les résultats publiés par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), il y’a quelques jours. En 2025, 785.600 jeunes Français ont participé à cette évaluation obligatoire, parmi lesquels 92 % étaient âgés de 17 à 18 ans.
Basé sur plusieurs examens évaluant l’automaticité de la lecture, les connaissances lexicales et la compréhension de textes complexes, le bilan de la DEPP indique que, « 6 % peuvent être considérés en situation d’illettrisme ». Si 76 % sont qualifiés de bons lecteurs, environ 10 % conservent un niveau d’apprentissage fragile.
Des difficultés plus marquées dans les Outre-mer
Les taux sont toutefois nettement plus élevés dans les Outre-mer. Les tests de la Journée Défense et Citoyenneté révèlent que 32 % des jeunes à La Réunion, 33 % en Guadeloupe, 36 % en Martinique et 53 % en Guyane éprouvent des difficultés face à un texte écrit. Contre 19% dans certaines zones comme la Seine-Saint-Denis en France héxagonale.
Un phénomène qui serait accentué par le décrochage scolaire. Car parmi ces jeunes ultramarins, ceux ayant quitté le système éducatif sans diplôme ou avec seulement le brevet, les difficultés de lecture sont très présentes avec jusqu’à 61 % à La Réunion.

À Mayotte, les résultats publiés par le service statistiques du ministère de l’Education montrent une situation particulièrement préoccupante : 52 % des jeunes évalués lors de la JDC 2025 présentent des difficultés en lecture. Le territoire se situe en queue de peloton juste derrière la Guyane.
Un jeune sur deux dans l’île éprouve des difficultés à déchiffrer ou à comprendre correctement des énoncés du quotidien. Un constat notamment associé aux ruptures de scolarisation et aux obstacles d’accès à la langue française. La proportion de jeunes en difficulté de lecture atteint 78 % à Mayotte, pour les jeunes déscolarisés sans diplôme ou ayant juste le brevet.
Le niveau d’études et le genre font la différence
À l’échelle nationale, le diplôme reste un facteur important dans les résultats en lecture. Un jeune sur deux ayant arrêté son parcours au collège rencontre des difficultés, contre un tiers parmi ceux en CAP, BEP et seulement 5 % chez les lycéens des filières générales ou technologiques.
L’étude relève également un écart entre les garçons et les filles : 16 % des garçons présentent des difficultés en lecture, contre 12 % des filles. Selon la DEPP, cette différence s’explique principalement par les orientations scolaires. Au niveau national, 72 % des filles préparent un baccalauréat général ou technologique, ou poursuivent leurs études dans le supérieur, contre 61 % des garçons.


