À Mayotte, le développement de l'agriculture locale est au coeur des enjeux alimentaires. Lancée jeudi 15 octobre à Doujani, la deuxième édition mahoraise du Festival ALIMENTERRE entend sensibiliser le public à ces questions, en mettant notamment en lumière la place des femmes dans l'agriculture et les initiatives qui pourraient contribuer à renforcer la production du territoire.

« À Mayotte aussi, on est capable de développer l’agriculture locale »

À Mayotte, le développement de l'agriculture locale est au coeur des enjeux alimentaires. Lancée jeudi 15 octobre à Doujani, la deuxième édition mahoraise du Festival ALIMENTERRE entend sensibiliser le public à ces questions, en mettant notamment en lumière la place des femmes dans l'agriculture et les initiatives qui pourraient contribuer à renforcer la production du territoire.

Comment mieux se nourrir, développer les productions locales et réduire la dépendance aux importations ? Vaste question, c’est justement autour de ces thématiques que l’association SHAMA a lancé, jeudi 15 octobre, la deuxième édition du Festival ALIMENTERRE à Mayotte. Dans ses locaux de Doujani, une projection-débat autour du documentaire « Femmes des Terres » a réuni des participants venus échanger sur les enjeux agricoles et alimentaires du territoire.

Créé en 2007 et coordonné au niveau national par le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), le festival célèbre sa vingtième édition en 2026. Organisé du 15 octobre au 30 novembre 2026, il propose des projections de films suivies de débats afin de sensibiliser le public aux questions agricoles et alimentaires. À Mayotte, SHAMA souhaite profiter de cette nouvelle édition pour élargir la mobilisation et faire participer davantage de structures locales.

Sensibiliser aux enjeux alimentaires de Mayotte

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Le développement de l’agriculture locale constitue un enjeu majeur pour réduire la dépendance du territoire aux importations.

Après une première édition organisée l’année dernière, l’association entend donner une plus grande ampleur à l’événement. « L’année dernière, on a eu une première édition avec quatre participations », rappelle Salim Ali Halidi, chargé de mission en animation territoriale et en éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) au sein de SHAMA. L’objectif est désormais de toucher davantage d’associations, d’établissements scolaires et d’autres acteurs susceptibles d’organiser leurs propres projections-débats.

Pour le chargé de mission, l’alimentation ne se limite pas au contenu de l’assiette. Elle renvoie aussi aux conditions de production, au prix des denrées et à la capacité du territoire à répondre aux besoins de sa population. « C’est un festival ouvert à tout public qui parle de la citoyenneté alimentaire, comment mieux manger, mieux vivre avec l’agriculture dans notre temps et comment gérer les aliments jusqu’à l’importation, tout ce qui est important pour Mayotte », explique-t-il.

L’accès à une alimentation de qualité, le coût des produits, la préservation des ressources naturelles et le développement de la production locale sont autant de sujets qui concernent directement les habitants. À travers les films et les échanges avec le public, SHAMA souhaite mettre ces questions en discussion et faire connaître les initiatives déjà présentes sur le territoire.

Les femmes au coeur des échanges agricoles

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L’affiche du festival ALIMENTERRE de cette année 2026.

Pour ouvrir cette édition, les organisateurs ont choisi le documentaire Femmes des Terres. Le film donne la parole à des paysannes et à des agricultrices en France hexagonale, au Togo et en Bolivie. Il met en lumière leur travail, leur engagement et les difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Ce choix fait écho à la situation mahoraise, où les femmes occupent une place importante dans la société, mais aussi dans le commerce et les activités agricoles. « Il y a une grande place des femmes dans l’agriculture à Mayotte, des femmes qui osent aller dans l’agriculture », souligne Salim Ali Halidi.

La projection-débat doit permettre de rapprocher ces expériences de la réalité locale. Des représentants du lycée agricole de Coconi étaient présents lors de cette rencontre consacrée aux pratiques agricoles et aux perspectives de développement du secteur. L’enjeu est aussi de montrer ce qui se fait ailleurs, dans d’autres territoires ou États.  La présence d’une association togolaise a prolongé cette démarche. Après la projection, celle-ci a proposé un repas composé de spécialités togolaises, permettant aux participants de découvrir d’autres habitudes alimentaires et de poursuivre les échanges dans un cadre convivial.

Pour montrer ce qu’ils font, échanger sur les pratiques, comparer ce qu’on fait à Mayotte », précise le chargé de mission. C’est également ainsi que l’association SHAMA espère faciliter ces rencontres entre structures et encourager la circulation des expériences. « Nous, on peut faire le lien entre différents acteurs pour parler du dispositif », ajoute Salim Ali Halidi.

Développer l’agriculture locale pour préparer l’avenir

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Le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024, avait fait reculer de près de « quinze ans » l’agriculture de l’île, estimaient les experts.

Derrière ces échanges se trouve surtout un enjeu majeur pour Mayotte, celui de sa dépendance quasi totale aux importations alimentaires. Le renforcement de la production locale pourrait permettre de mieux répondre aux besoins de la population, d’avoir accès à une alimentation de qualité, et donner davantage de poids aux agriculteurs de l’île. Le développement du secteur passe notamment par la valorisation des savoir-faire, l’accompagnement des acteurs agricoles et la transmission aux nouvelles générations.

Pour Salim Ali Halidi, les expériences présentées dans les films peuvent servir de point de départ à de nouvelles initiatives. « L’idée, c’est que le public et que les gens viennent voir la projection, c’est pour voir que dans les autres territoires il y a des choses qui se font, à Mayotte aussi, on peut faire cela, s’inspirer, prendre des exemples, c’est un partage de pratiques », insiste-t-il.

Le développement agricole représente également une perspective pour les jeunes, à condition de favoriser leur participation et de leur permettre de s’engager dans des projets adaptés aux réalités locales. « À Mayotte, on est capable de développer des choses dans l’agriculture et l’alimentation pour les jeunes », affirme-t-il.

Le Festival ALIMENTERRE se poursuit jusqu’au 30 novembre 2026. Les associations, les établissements scolaires, les institutions et les autres structures intéressées peuvent contacter SHAMA pour organiser une projection-débat. L’association propose un accompagnement dans le choix du film, la préparation de la séance, la recherche d’intervenants et la communication. 

Mathilde Hangard

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