Tableaux dégradés, sculptures fragilisées ou encore vestiges industriels menacés par le temps, et tout encore d’autres oeuvres, constituent des trésors. C’est la raison pour laquelle le patrimoine local est au coeur de la sixième édition du « Plus Grand Musée de France », lancée le 17 septembre 2026. L’objectif est d’inciter les habitants à repérer des oeuvres en péril dans leur commune et à proposer leur candidature pour financer leur restauration.
Une campagne pour mobiliser les habitants

Lancée en 2013 par La Sauvegarde de l’Art Français, avec le soutien d’Allianz France depuis 2021, l’opération repose sur la participation citoyenne pour préserver le patrimoine mobilier public. « Chaque territoire cache des trésors fragiles », indique le communiqué de présentation, qui invite le public à signaler des tableaux, sculptures, objets industriels ou de mémoire accessibles gratuitement.
Les candidatures doivent être proposées avant le 31 janvier 2027, en prenant contact avec un agent général ou un conseiller Allianz, puis transmises à La Sauvegarde de l’Art Français. Un jury composé de représentants des deux partenaires, de conservateurs et d’experts en restauration sélectionnera les finalistes en février. Le public sera ensuite appelé à voter en mars pour désigner 16 oeuvres lauréates, dont trois dans les territoires ultramarins regroupés en trois régions. Chacune recevra un mécénat de 8.000 euros pour sa restauration.
Depuis le lancement de la campagne, 3,3 millions d’euros ont été récoltés, permettant la restauration de 450 oeuvres en France, selon les organisateurs. La précédente édition a notamment enregistré près de 4.000 votes dans les territoires ultramarins de l’océan Indien.
À Mayotte, la machinerie sucrière de Longoni récompensée

Il y a quelques mois, Mayotte avait remporté le concours 2025-2026 avec la machinerie de l’ancienne usine sucrière de Longoni, datant du XIXème siècle. Le projet avait recueilli 55 % des votes, soit 2.930 votes à l’échelle nationale, avant d’être récompensé le 7 juillet 2026 au Pôle d’excellence rurale de Coconi.
L’ensemble de ce patrimoine comprend un moulin à cylindres, une centrifugeuse, des engrenages et des outils en fonte issus de fouilles archéologiques. Ces vestiges témoignent du développement de la production de sucre et de rhum sur l’île, avant le démantèlement et l’abandon du site au début du XXème siècle. Leur conservation est aujourd’hui fragilisée par des risques importants de corrosion.
Le mécénat de 8.000 euros doit contribuer à leur restauration et à leur mise en valeur dans un espace consacré au patrimoine agricole de Mayotte. Un parcours explicatif ainsi que des actions pédagogiques et touristiques sont prévus pour présenter au public les différentes étapes de la production sucrière. La nouvelle édition invite désormais les habitants à signaler d’autres oeuvres menacées, avant la clôture des candidatures le 31 janvier 2027.
Mathilde Hangard


