Elles étaient trois femmes à représenter l’île aux parfums à Rodrigues pour cette troisième édition. Toutes travaillent dans la fonction publique locale et sont également engagées dans des associations oeuvrant pour Mayotte. Parmi les participantes, Soiffia Ongaretto, chargée d’orientation à la Délégation de Mayotte à La Réunion, découvrait pour la première fois « Femmes Visionnaires de l’océan Indien ».
« J’ai rencontré des femmes qui ont chacune leur ambition, entre celles qui créent et celles qui ont envie de créer », raconte-t-elle.
Des femmes qui veulent prendre leur place

Au cours des échanges, la question des freins rencontrés par les femmes a occupé une place importante. Pour elle, l’un des principaux défis est d’apprendre à anticiper et à voir au-delà des obstacles présents, mais aussi avoir assez de courage pour essayer d’autres approches. Des capacités qui, selon la Mahoraise, les femmes de l’île commencent à assimiler dans certains domaines.
« On brise les conventions, on sort des sentiers battus », explique-t-elle, en faisant le parallèle avec Rodrigues, où les femmes cherchent elles aussi à avancer et à porter leurs propres projets.
À ses yeux, cette problématique dépasse le cercle de la fonction publique. Les femmes et donc les Mahoraises, doivent également avoir la possibilité de s’affirmer dans les sphères politiques et institutionnelles, où elles sont déjà de plus en plus présentes. Mais prendre sa place demande parfois de dépasser ses propres blocages. « Je suis la première à être très timide dans la prise de parole, mais j’ai pu le faire là-bas. Je me suis même découverte ».
Des réseaux qui dépassent les frontières
Les participantes ont pu prendre part à différents événements, tels que : le « Speed Business Rencontres », organisé le 5 septembre dernier. Cette rencontre leur a permis de présenter leurs activités, mais aussi d’élargir leur carnet d’adresses professionnel et ainsi ouvrir la voie à de possibles collaborations.
Rodrigues, un exemple pour Mayotte

Mayotte se prépare pour 2027

Après Maurice, La Réunion et Rodrigues, la quatrième édition de « Femmes Visionnaires de l’océan Indien » doit maintenant se tenir à Mayotte en 2027. Pour la jeune femme, les difficultés du territoire telles que le manque d’eau et d’infrastructure ou encore l’insécurité ne doivent pas empêcher cette organisation, mais au contraire pousser à mieux la préparer.
« Ce n’est pas un frein, il suffit de s’organiser, d’anticiper », estime la Mahoraise. Elle compte notamment sur les institutions, les associations et les personnes qui souhaitent contribuer à faire connaître Mayotte au-delà de ses frontières pour accompagner cette prochaine grande étape.
L’objectif sera de permettre aux participantes venues des autres îles de repartir avec une expérience positive, comme la délégation mahoraise a pu repartir de Rodrigues avec des idées novatrices et de nouvelles rencontres. Faire rayonner Mayotte ne doit d’ailleurs pas reposer sur quelques personnes seulement, toute personne qui porte un projet peut y contribuer, estime Soiffia Ongaretto.
Shanyce MATHIAS ALI.



