Chaque année, des centaines de jeunes Mahorais quittent l’île pour poursuivre leurs études supérieures. Une étape importante qui s’accompagne souvent de nombreuses interrogations : logement, démarches administratives, gestion du budget, intégration ou encore autonomie. Pour répondre à ces préoccupations, le Département, à travers sa Direction de l’enseignement supérieur (anciennement DPSU), réunit ses partenaires afin d’informer les futurs étudiants avant leur départ.

« L’objectif est de sensibiliser les jeunes bacheliers à mieux comprendre ce qui les attend après leur départ de Mayotte », explique Vitta Rossette, conseillère départementale du canton de Bouéni. « Ils vont devoir apprendre à vivre seuls, trouver un logement, gérer leur quotidien dans un environnement totalement différent. Nous voulons éviter qu’ils se retrouvent isolés une fois sur place », poursuit-elle.
Au-delà de ces journées d’information, le Département poursuit son accompagnement tout au long du parcours étudiant. L’année dernière, plus de 3.000 d’entre eux ont bénéficié d’une aide départementale représentant plus de 14 millions d’euros, un budget appelé à augmenter avec la hausse du nombre de bacheliers. Les aides concernent notamment les bourses, les titres de transport et, dans certaines situations, les déplacements liés aux stages.
Un relais indispensable à La Réunion
À La Réunion, où étudient près de 650 étudiants mahorais, Soilihi Mouhamadi assure le rôle de médiateur académique. Basé au sein de la Délégation de Mayotte à La Réunion (DMR), il accompagne les jeunes dans leurs démarches et fait le lien entre eux et les différentes structures locales. « Mon rôle est d’être une interface entre les étudiants et les différents services présents sur le territoire », résume-t-il.

Parmi les principales difficultés rencontrées figurent la recherche de logement, les exigences des agences immobilières concernant les garants, les retards de versement des bourses ou encore les situations d’isolement. « Beaucoup d’étudiants arrivent sans connaître les dispositifs existants. Notre mission est de les orienter, de les écouter et de trouver des solutions avec nos partenaires, notamment le CROUS et les services sociaux », explique-t-il. Le coordinateur insiste également sur l’importance de l’autonomie à l’université.
Certains découvrent que l’université demande beaucoup plus d’organisation qu’au lycée. « Il faut apprendre à gérer son temps, ses démarches administratives et son budget ». Au-delà des difficultés matérielles, certains étudiants doivent également faire face à des situations familiales complexes, en étant sollicités pour aider financièrement leurs proches restés à Mayotte.
Un accompagnement qui fait la différence
Le témoignage de Samira Ali illustre l’importance de cet accompagnement. Après deux premières années de médecine en France, elle poursuit finalement son cursus en Roumanie avant de revenir en France pour se spécialiser en médecine générale. Tout au long de son parcours, elle bénéficie de l’accompagnement de la Direction de l’enseignement supérieur. « J’ai été accompagnée pour les déplacements, mais aussi grâce au complément de bourse qui a été mis en place pour certaines filières prioritaires comme la santé », raconte-t-elle.
La future médecin souligne également l’importance du réseau créé entre étudiants. « Ils nous ont aidés à entrer en contact avec des étudiants qui étaient déjà sur place. Cela facilite énormément les premiers pas lorsqu’on arrive dans un nouveau pays ».

Le soutien du Département s’est révélé particulièrement précieux lors de son retour de Roumanie vers la France afin de poursuivre sa spécialisation. Avec le recul, elle estime que cette mobilité a été déterminante dans son parcours. « Partir demande des sacrifices, mais au final cela ne m’a apporté que des bénéfices. J’ai pu obtenir le diplôme que je souhaitais ». Si elle exerce actuellement en France, Samira Ali envisage déjà un retour à Mayotte pour mettre ses compétences au service du territoire.
À travers ces journées d’information, le Département entend ainsi donner aux futurs étudiants toutes les clés pour réussir leur départ et leur parcours universitaire, tout en leur rappelant qu’ils ne seront jamais seuls une fois arrivés sur leur lieu d’études.
Amelle Djaroudi


