Dans les allées des assises des sages-femmes qui se tiennent cette année du mercredi 20 jusqu’au vendredi 22 mai, le stand de la PMI (Protection maternelle et infantile) de Mayotte ne passe pas inaperçu. Ce n’est pas une présence comme les autres, en effet, ici, l’objectif est de recruter, mais aussi d’expliquer concrètement ce que signifie travailler sur le territoire. Autour de la table, quelques éléments de décoration rappellent l’île, avec des pagnes aux motifs d’ylang-ylang, mais aussi des flyers dédiés au recrutement.
Un besoin de recrutement constant
Derrière les couleurs et les supports de communication, le message reste très concret. La Protection maternelle et infantile rappelle qu’en 2025, près de 9.000 naissances ont été enregistrées à Mayotte, la structure a assuré le suivi d’environ 61 % de ces grossesses.
Une charge importante, pour un effectif qui varie fortement selon les périodes. « On peut être quinze ou vingt, puis redescendre à une dizaine quand des contrats ne sont pas renouvelés », explique Morgane Choquet-Perzo, sage-femme coordinatrice à la PMI de Mayotte, en soulignant la difficulté de maintenir une équipe stable.

La PMI rappelle que la population suivie est en grande majorité composée de personnes en situation irrégulière, sans couverture sociale. Les équipes assurent de nombreuses consultations, très souvent dans l’urgence et aimeraient pouvoir développer davantage les actions de prévention, notamment autour de la santé sexuelle et reproductive chez les jeunes. « On se dit que si on pouvait faire plus de prévention, on pourrait avoir un impact et avoir moins de grossesses surtout très précoces ».
Ce manque de stabilité rend le recrutement essentiel, pour cela, la coordinatrice présente plusieurs dispositifs existant pour attirer des professionnels, notamment via le Département-Région de Mayotte qui propose la prise en charge du billet d’avion aller-retour pour les contrats d’au moins six mois et offre également une aide au logement pendant les trois premiers mois.
Attractivité du territoire et conditions de travail
Les discussions ne se limitent pas aux chiffres ou aux démarches administratives, il est aussi question de la vie quotidienne à Mayotte. Les conditions de vie sont abordées sans détour : le soleil, le lagon la vie insulaire sont mis en avant. Mais sans dissimuler les difficultés telles que les coupures d’eau, d’électricité, ou encore les tensions sociales parfois présentes.

« On leur dit qu’il y a des avantages et des inconvénients, comme partout ailleurs. L’idée n’est pas de leur vendre du rêve pour que quand elles arrivent, elles soient déçues », résume-t-elle. Elle ajoute : « il faut être honnête sur les conditions ! ».
D’après la professionnelle de santé, cette approche semble plutôt bien reçue par les visiteurs, qui posent beaucoup de questions concrètes et repartent avec une vision plus nuancée de Mayotte, différente de celle affichée dans les médias nationaux.
Des échanges encourageants
À mi-parcours de ces trois jours d’assises, le bilan reste prudent mais positif. Le stand attire, suscite des échanges et surtout laisse des contacts. Parmi les profils recensés par l’équipe de la PMI de Mayotte, on compte des jeunes diplômés intéressés par une première expérience en Outre-mer, mais aussi quelques professionnels plus expérimentés qui envisagent une fin de carrière différente. « On aurait aimé en voir encore plus », reconnaît Morgane, « mais on repart déjà avec des coordonnées et des pistes intéressantes et puis il reste encore une journée ».
Pour la Protection maternelle et infantile de Mayotte, l’enjeu est maintenant de transformer ces rencontres en candidatures réelles.
Shanyce MATHIAS ALI.


