Sur une plage de M’Tsangabeach, le festival Kariboom s’apprête à souffler ses dix bougies en version XXL. Derrière cette édition anniversaire, s’impose un collectif bien connu du paysage culturel local : Atomix Sound System.
Au programme : trois jours de musique, de spectacles, d’activités pour les jeunes, et d’ateliers de transmission, du samedi 23 au lundi 25 mai 2026. Des dispositifs de sécurité, des navettes depuis Mamoudzou et des espaces de camping gratuits, seront déployés. Tout cela, dans une ambition assumée de faire de la culture un bien commun de l’île, sans oublier les brochettes, les jus maison, et les churros, évidemment.
Un festival né d’un collectif bénévole

Créée en 2007, l’association Atomix Sound System s’est construite sur une idée simple mais tenace : rendre les arts du spectacle et les musiques actuelles accessibles à tous à Mayotte. Le festival Kariboom en est devenu son symbole annuel, mêlant scènes musicales et ouverture au grand public.
Au fil des années, l’événement s’est structuré, passant d’un format concentré à une programmation plus large, installée à M’Tsangabeach. Un lieu en bord de mer devenu presque un personnage du festival à part entière, entre sable, jeux, scène et coucher de soleil.
Pour ses dix ans, le festival revendique un thème fort : celui du phénix. L’idée n’est pas seulement poétique. Elle accompagne la volonté des organisateurs de marquer une nouvelle étape après plus d’une décennie d’existence.
L’événement se veut beaucoup plus ambitieux, plus dense, mais sans renier son ADN familial et axé autour de la gratuité. En ce sens, le samedi après-midi restera gratuit et dédié aux familles, avec activités pour enfants, spectacles et animations. Le soir, place aux concerts, payants. Le dimanche, la musique continuera avec notamment la présence annoncée de l’artiste Zily, considérée comme « tête d’affiche », aux côtés d’artistes émergents.
Les mots de la trésorière de l’association, Leïla Le Boterff, sont sans équivoque : « On va faire un Karibom grandiose et plus grand que d’habitude, avec une partie de la programmation pour mettre en valeur la musique mahoraise, et celle de l’océan Indien ». Une ambition assumée, qui reste fidèle à l’esprit d’origine : ouvrir la scène aux artistes de Mayotte et de l’océan Indien, sans hiérarchie excessive entre générations ou styles.
Un festival qui se veut aussi école du spectacle vivant

Au-delà des concerts, l’association insiste sur un aspect souvent moins visible : la transmission. En amont du festival, dix jours de montage mobilisent des professionnels, et jeunes du territoire, autour de la scénographie et de la construction du site.
Des ateliers sont organisés avec des partenaires culturels, notamment autour de la fabrication de structures en bambou et des techniques de montage de scène. L’objectif consiste ainsi, également, à compenser le manque de formations sur l’île dédiée aux métiers des arts du spectacle.
Le festival veut devenir ainsi un espace hybride, entre chantier collectif et événement culturel. Une manière de faire du festival non seulement un moment de fête, mais aussi un lieu d’apprentissage. On pourrait donc résumer cette ambition d’une formule simple : faire grandir Kariboom, sans lui faire perdre son accent… celui d’une fête collective qui, depuis Mayotte, continue de se renforcer, autant qu’elle se célèbre.
Mathilde Hangard


