Sortir de sa zone de confort : voilà le mot d’ordre de la création « Élévation plurielle ». Elena Bertuzzi a choisi pour son dernier spectacle des danseurs de breakdance qui devront performer sur des registres contemporains. « Le breakdance est une discipline rapide qui s’appuie sur le rythme de la musique. Or, la danse contemporaine est plutôt lente et peut être accompagnée de sons et de bruitages », indique la chorégraphe.
Depuis son arrivée à Mayotte en 2013, elle est habituée aux collaborations avec les « breakdanseurs » mahorais. Ayant suivi une formation en sciences politiques, elle a rapidement compris que la danse était un puissant moyen d’expression et de revendication politique. L’une de ses passions consiste à analyser les mouvements du quotidien en opérant un parallèle avec les chorégraphies. Formée au Conservatoire national supérieur de Paris, elle a également appris à écrire la danse, à la manière d’une partition de musique.
Un amour pour la culture mahoraise

Son arrivée sur l’île aux Parfums s’est faite sur les conseils d’un ami l’invitant à s’intéresser au Debaa. Cet art soufi pratiqué par les femmes à Mayotte mêle danse, chant et musique traditionnelle. Ce fut un coup de cœur immédiat pour l’anthropologue, qui décida alors de s’immerger dans ce patrimoine culturel pour en comprendre les rituels. Aujourd’hui, elle enseigne à l’Université de Mayotte et fait partie de l’association Les Piémontés, qui produit et diffuse divers spectacles. Elena Bertuzzi a remporté de nombreux prix, comme « l’Arte Laguna Prize » pour une installation visuelle de voilages transparents intitulée : « Au coeur du Debaa », présentée sur la place de la République à Mamoudzou en 2015.
Sa dernière œuvre scénographique mêle une projection vidéo retraçant le parcours de la chorégraphe et des danseurs, suivie d’une performance où les « breakdanseurs » s’approprient une chorégraphie contemporaine. Le spectacle se produira le 20 mai à 20h au lycée de Coconi et le 25 mai à 20h au pôle culturel de Chirongui.
Léo Vignal


