Des travaux d’urgence sont en cours au pied de la falaise de Petit Moya, à Pamandzi, pour ralentir une érosion qui menace directement l’usine de dessalement située juste au-dessus du site.

À Petit Moya, la falaise s’effrite et l’usine de dessalement reste sous surveillance

Des travaux d’urgence sont en cours au pied de la falaise de Petit Moya, à Pamandzi, pour ralentir une érosion qui menace directement l’usine de dessalement située juste au-dessus du site.

À Pamandzi, sur le site de la plage de Petit Moya, la falaise continue de reculer sous l’effet des vagues et des grandes marées, un phénomène qui inquiète de plus en plus les autorités locales, ce qui a conduit en début de mois à une réunion de coordination réunissant la mairie de Pamandzi, la Communauté des Communes de Petite-Terre, les services de la DEAL, le bureau d’études Tetrama ainsi que le Cerema. 

Camille Bildestein, chargée de communication de la CCPT, insiste sur le caractère collectif du dispositif, « Là, on a vraiment une cohésion entre les différents partenaires, la ville de Pamandzi, la préfecture de Mayotte, La Deal, les communes », explique-t-elle.

Des travaux d’urgence pour freiner l’érosion

L’installation de « big bags » (sac) remplis de sable tout le long du pied de la falaise. Une solution provisoire qui agit comme un amortisseur face à la houle et aux hautes marées.(CR : CCPT)

Sur place, les premiers travaux d’urgence ont déjà démarré avec l’installation de « big bags » (sac) remplis de sable tout le long du pied de la falaise. Une solution provisoire qui agit comme un amortisseur face à la houle et aux hautes marées. Ces sacs vont permettre de gagner du temps pendant que les études se poursuivent pour définir des solutions plus durables.

« L’idée c’est vraiment de couper l’impact des vagues pour protéger la falaise et surtout l’usine de dessalement qui est juste au-dessus, le temps de finaliser les études et de lancer des travaux définitifs qui seront plus solides », affirme Camille Bildstein, qui décrit une intervention pensée dans l’urgence mais assumée comme transitoire.

« Ça va permettre aussi de protéger notre patrimoine, qui est également au niveau de l’environnement, notamment  avec les pailles en queue ».

Une falaise fragilisée et un enjeu d’eau vital

Mayotte, crise de l'eau,
Fin août 2025, l’usine du dessalement de Petite-Terre a connu une panne majeure, réduisant la production à son minimum et entraînant une chute critique des niveaux de réservoirs.

Les diagnostics déjà réalisés pointent plusieurs facteurs qui fragilisent le site, la houle et les grandes marées bien sûr, mais aussi la saturation des sols, les infiltrations d’eau, la surcharge au dessus de falaise et même la végétation dont les racines participeraient à la fracturation de la roche. Un ensemble qui accélère un phénomène d’érosion déjà très présent et qui rend la zone particulièrement fragile.

Dans ce contexte, la question de la sécurité de l’usine de dessalement est très présente, car son endommagement aurait des conséquences directes sur l’approvisionnement en eau de Petite-Terre et sur l’ensemble de l’île. Pour rappel, en Petite-terre, les tours d’eau  peuvent passer à un rythme d’un jour sur trois en cas de panne ou de maintenance, ce qui montre la forte dépendance de l’île à cette installation. « On a vraiment besoin qu’elle reste en état pour la population », confie Camille Bildstein.

Un site sous surveillance et strictement interdit au public

Mayotte, tortues, Oulanga Na Nyamba,
Le cyclone Chido accentué la vulnérabilité de la zone et de l’ensemble du littoral mahorais.

En attendant, le site reste sous surveillance stricte, avec des barrières et une signalisation rappelant l’interdiction d’accès à la plage pendant les opérations, une mesure de sécurité jugée indispensable par les autorités locales. En effet, la falaise reste exposée aux aléas climatiques, notamment le passage du cyclone Chido, qui fait partie des éléments ayant accentué la vulnérabilité de la zone et de l’ensemble du littoral mahorais.

Les études en cours, sont estimées à environ 450.000 euros avec un partage entre l’État via le fonds Barnier à hauteur de 50%, la CCPT financera 30%, et 30% pour la SMAE et le LEMA. Le coût des futurs travaux de sécurisation est quant à lui estimé entre 20 et 25 millions d’euros, un montant qui donne la mesure de l’ampleur du chantier à venir.

Si les travaux provisoires doivent être finalisés dans environ un mois, la suite dépendra des conclusions des études en cours. Avec une question en arrière-plan, celle de savoir si l’emplacement actuel de l’usine pourra être maintenu ou s’il faudra envisager une délocalisation pour sécuriser l’approvisionnement en eau de la Petite-Terre.

Shanyce MATHIAS ALI.

 

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