Un contrat de 100 millions d’euros signé entre l’État et le Département-Région de Mayotte

Au-delà de la signature officielle, ce troisième volet du contrat d’engagement illustre les défis structurels auxquels Mayotte reste confrontée : sécuriser ses services publics, assainir ses finances et obtenir des moyens à la hauteur de sa réalité démographique.

Ce lundi 13 avril 2026, une troisième version du contrat d’engagement a été signée entre le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, et Ben Issa Ousseni, le président de l’Assemblée de Mayotte.

100 millions d’euros sous conditions

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François-Xavier Bieuville, préfet de Mayotte, lors de la signature de ce contrat d’engagement. Léo Vignal / JDM

Cent millions d’euros, c’est le montant alloué par l’État pour aider au développement du 101ème département français. En échange de cette somme, Mayotte s’est engagée à financer la protection de l’enfance, la sécurisation des transports scolaires, la réduction des charges, l’amélioration de la gestion financière et la mise en œuvre des recommandations de la Chambre régionale des comptes. Autrement dit, cet argent n’est pas un don fait à la volée : Mayotte doit rendre des comptes sur son utilisation.

Concernant la sécurisation des transports scolaires, le préfet s’est félicité de la baisse des incidents, soulignant que « le nombre de caillassages entre 2024 et 2025 et en ce début d’année a baissé ». Le préfet du département a également évoqué la mise en place d’un dispositif de protection des bus scolaires avec des polycarbonates « permettant de réduire le nombre de blessés à l’intérieur du bus ». 

Un contrat renforcé depuis 2023

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Signature du contrat d’engagement. Léo Vigal / JDM

Pour rappel, c’est en 2023 qu’une première version de ce contrat d’engagement avait été signée entre le département et la Première ministre de l’époque, Élisabeth Borne, contrat renouvelable jusqu’en 2027. Déjà à l’époque, le président du conseil départemental pointait du doigt certaines conditions qui seraient difficiles à respecter, notamment la diminution des salaires des fonctionnaires et la réduction des aides aux institutions.

Afin d’aider Mayotte à respecter ses engagements, deux spécialistes budgétaires et un expert en transition énergétique ont été mobilisés par l’État. Désormais, un comité de suivi local et un comité national seront chargés d’évaluer si le département a respecté les termes du contrat.

Le recensement, enjeu clé pour les futures dotations

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Le recensement, désormais achevé, avait été marqué par de fortes difficultés, comme le révélait une note confidentielle de l’Insee signée par son directeur général Fabrice Lenglart, faisant état au 19 décembre 2025 de seulement 48 % des logements recensés à mi-parcours de l’opération.

« Nous attendons les chiffres du recensement pour que, là aussi, nos dotations puissent être recalculées au plus juste. Nous sommes convaincus qu’on dépassera les 350 000, voire 400 000 habitants sur le territoire », rappelle alors Ben Issa Ousseni. En effet, le problème du recensement à Mayotte est un vieux sujet qui ne date pas d’hier. Depuis de nombreuses années, les habitants et les élus mahorais demandent un nouveau recensement sur le territoire, estimant que le nombre de  329 000 habitants, recensés par l’Insee au 1er janvier 2025, serait largement sous-estimé.

Dans ce contexte, l’Insee, en lien avec les communes, a lancé le 27 novembre 2025 une collecte de recensement de la population mahoraise, achevée le 24 janvier 2026, au terme d’une opération qui n’a pas été sans difficultés. À ce sujet, le président de l’Assemblée de Mayotte n’a pas manqué de rappeler que les chiffres officiels de ce recensement, « devraient tomber durant ce mois d’avril ». Ces nouvelles estimations de la population mahoraise pourraient avoir un impact sur le montant alloué par l’État au département.

Un rattrapage budgétaire hérité de la départementalisation

Le préfet de Mayotte a, quant à lui, souligné l’origine de ce contrat d’engagement : « Au moment de la départementalisation, le montant des transferts vers le conseil départemental avait été insuffisamment calculé. Par conséquent, il fallait compléter ce transfert par une dotation budgétaire supplémentaire qui se rajoute à la dotation initiale ».

Après avoir signé ce troisième volet du contrat d’engagement, le président du conseil a annoncé, d’un air faussement blagueur : « Je commence déjà à regretter que le montant du contrat stagne depuis 2020, alors que nos politiques et nos dépenses sont croissantes. » 

Léo Vignal et Mathilde Hangard

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