À l’Hôtel des finances publiques situé à Boboka, la direction régionale des finances publiques (DRFIP) de Mayotte a déroulé les grandes lignes de la campagne 2026 de l’impôt sur le revenu. Un rendez-vous annuel qui concerne environ 90.000 foyers fiscaux sur l’île, avec en toile de fond une même ambition, celle de rendre la démarche plus accessible, alors même qu’elle reste souvent perçue comme complexe.
La période de démarche en ligne est ouverte depuis le 9 avril et se poursuivra jusqu’au 4 juin à 23h59, heure de Paris, tandis que la version papier devra être déposée avant le 19 mai. Un calendrier que les services fiscaux invitent à respecter à la lettre pour éviter les pénalités. « On sait que ce n’est jamais agréable, que c’est de la paperasse administrative, mais notre rôle, c’est de faire en sorte que ça se passe le mieux possible », résume Jean-Bernard Nilam, directeur du pôle gestion fiscale à Mayotte.
Un accueil renforcé
Pour accompagner les usagers, la DRFIP mise d’abord sur l’accueil physique à Mamoudzou, avec des horaires élargis du lundi au jeudi de 8h à midi et le vendredi jusqu’à 11h. La structure s’appuie également sur une présence renforcée dans plusieurs communes via les espaces France services, notamment à Bouéni, Dembeni, Combani, Hamjago et en Petite-Terre, où des agents se déplacent chaque semaine afin d’apporter une aide de proximité. Cependant, pour les questions les plus techniques, les contribuables sont souvent orientés vers les spécialistes des finances publiques.

« Nous connaissons l’île, sa géographie et ses difficultés en termes de circulation », explique le directeur. D’où l’importance de ces relais locaux, mais aussi du développement des outils numériques, désormais largement utilisés par les Mahorais. En effet, 88 % des déclarations se font en ligne ou via smartphone, un chiffre supérieur à la moyenne nationale. Une tendance qu’il espère voir se confirmer cette année, surtout que l’administration fiscale a renforcé ses outils numériques, en intégrant de nouvelles fonctionnalités basées sur l’intelligence artificielle (IA). Cela va permettre aux usagers de poser des questions dans leur espace personnel et d’obtenir des réponses plus claires.
Des déclarations sous surveillance
Mais derrière cette volonté d’accompagnement, l’administration reste vigilante notamment, sur les questions de fraude, qu’il s’agisse de déclarations inexactes ou de documents falsifiés, un enjeu particulièrement sensible à Mayotte.

Cette situation s’explique notamment par le nombre important de primo-déclarants. Le dépôt se fait obligatoirement via le format papier, avec plusieurs justificatifs à fournir, à condition d’avoir été présents sur le territoire mahorais dès le premier semestre de l’année. « Sur les 10.000 déclarations de primo-déclarants qu’on a chaque année, on est entre 2.000 et 2.500 qu’on accepte », précise Laurent Bailly, responsable des services des impôts des particuliers, les autres étant rejetées faute de justificatifs jugés suffisants ou conformes.
Les contrôles portent également sur certains dispositifs comme les crédits d’impôt, les dons aux associations ou encore les frais de garde d’enfants. Des justificatifs sont demandés en cas d’anomalie, les contribuables disposent alors de 30 jours pour répondre, sinon les avantages fiscaux sont rejetés.
Sécurisation des démarches
Pour les moyens de paiement, l’administration fiscale confirme aussi une évolution progressive, avec une volonté claire de réduire l’usage du chèque, dont le traitement est coûteux et plus exposé aux risques de perte ou de fraude. Alors, que des dispositifs comme la mensualisation ou le prélèvement à la source permettent d’étaler le règlement et d’éviter des sommes trop importantes à payer en une seule fois. « Le traitement d’un chèque coûte environ deux euros, et il peut être falsifié, perdu ou volé », explique, Catherine Cozema Samama, adjointe du directeur du pôle gestion fiscale.

Dans le même temps, la direction régionale des finances publiques (DRFIP) rappelle l’existence de fraudes externes, notamment via des SMS ou des courriels frauduleux. Elle appelle à la vigilance, en insistant sur le fait que démarche doit passer exclusivement par l’espace personnel sécurisé, désormais renforcé par un système de double authentification.
Autre point d’attention, l’usage des « cybers », ces lieux où certains usagers confient leurs identifiants à des tiers pour effectuer leur déclaration, une pratique jugée risquée par l’administration, qui met en garde contre les erreurs et les détournements possibles.
Enfin, la DRFIP souligne quelques règles de base souvent oubliées, comme l’obligation de déclarer les loyers perçus, surtout dans un contexte local marqué par les enjeux de régularisation foncière et insiste sur l’importance de ne pas attendre la dernière minute. Un numéro d’appel national est également mis à disposition pour toute information liée à la déclaration.
Shanyce MATHIAS ALI.


