À Mayotte, marchés et magasins voient une forte activité à l’approche du Ramadan. Certains habitants anticipent leurs courses, tandis que d’autres achètent au fil des jours pour préparer le mois sacré.

Effervescence dans les magasins et marchés de Mayotte avant le Ramadan

À Mayotte, marchés et magasins voient une forte activité à l’approche du Ramadan. Certains habitants anticipent leurs courses, tandis que d’autres achètent au fil des jours pour préparer le mois sacré.

À l’approche du Ramadan, les magasins et marchés de Mayotte sont pris d’assaut. Pour beaucoup, c’est le moment de remplir les placards avant le mois sacré. Pendant ce mois, il est fréquent que certains produits tels que les œufs, la farine, le sucre ou encore les oignons disparaissent rapidement des rayons. Certains habitants font des stocks pour éviter la surprise, d’autres achètent au fil des besoins.

L’an dernier, le passage du cyclone Chido avait chamboulé le Ramadan. Privée de produits phares comme la banane verte et le manioc, l’île a pu compter sur un arrêté facilitant l’importation de végétaux, ce qui a permis à de nombreux Mahorais de se rendre à La Réunion pour s’approvisionner. La situation paraît plus stable cette année, mais elle reste contrastée selon les lieux et les commerçants.

Des étals qui ne se ressemblent pas

Sur place, seulement un étal possédait des bananes vertes.

Au marché couvert de Dzaoudzi-Labattoir en Petite-Terre, en fonction des stands l’approvisionnement varie fortement, certains commerçants signalent des difficultés persistantes. Ma Nourou, vendeuse depuis plus de dix ans, constate que les bananes et le manioc se font rares et chères. Elle se retrouve contrainte de vendre des brèdes mafane et des tomates. « Les séquelles de Chido se font encore sentir, il n’y a pas beaucoup de bananes et un régime de bananes peut coûter jusqu’à 60 euros », explique-t-elle.

La pomme de terre reste plus présente  que les bananes et le manioc.

À l’inverse, d’autres, sont plus optimistes et préfèrent voir les choses plus positivement. « Ça ne sera pas aussi compliqué que l’année dernière, nous avons des produits cultivés localement et d’autres qui viennent d’ailleurs donc faudra juste y mettre le prix ». Certains attendent la veille pour mettre en vente les produits très demandés, comme les bananes vertes ou le manioc. Dans ce contexte, la pomme de terre reste l’un des produits les plus facilement accessibles, aussi bien sur les étals des marchés que dans les rayons des supermarchés.

Des choix différents face aux rayons

Au niveau des grandes surfaces, l’affluence est aussi forte, les clients remplissent leurs cadis d’huile, de viande, de poulet, de farine, d’œufs, de sucre, de lait ou encore de cheveux d’ange (vermicelle). Certains achètent progressivement, d’autres organisent leurs courses pour plusieurs jours afin d’éviter les ruptures.

« J’ai déjà fait quelques courses, mais pas pour tout le Ramadan, juste pour les premières semaines », confie une mère de famille. Elle observe que si certaines familles nombreuses achètent en quantité par nécessité, d’autres font surtout des stocks par crainte des ruptures. La Mahoraise estime que ces achats par précaution sont à l’origine des rumeurs qui conduisent à des pénuries.

Parmi les produits récurrents sur les listes des courses : la farine, les vermicelles ou encore l’huile.

Maria, habitante de Pamandzi, fait partie de ceux qui ont décidé de profiter de ce dernier week-end pour faire les courses, la semaine étant trop contraignante avec le travail. « Je ne voulais pas attendre la veille. Au moins comme ça si il y’a des choses qui manquent j’aurais le temps dans la journée de me rendre à Mamoudzou pour compléter », nous a-t-elle confié. Ahmed Abdou, quant à lui, a joué la carte de la sureté en réservant des bananes et du manioc en Grande-Terre. Pour les oignons, déjà pas très présents dans les magasins, sa femme a constitué un stock en les congelant. S’il constate la disparition rapide de certains produits, il ne craint pas de rupture, estimant que l’approvisionnement reste présent de l’autre côté de l’île.

Importateurs et logistique : une situation plus rassurante

Du côté des importateurs, la situation apparaît plus stable. Mohamed, vendeur et importateur, explique avoir reçu l’ensemble de ses cargaisons au bon moment. « Il faut encore que je décharge et que j’achemine les produits dans ma boutique qui se trouve à Labattoir. On est un peu dans la précipitation mais ça va le faire », indique le jeune homme. Le commerçant est confiant quant au fait de pouvoir accueillir sa clientèle dans une boutique bien équipée. Même si certaines bananes ont commencé à mûrir, cela ne l’inquiète pas car d’après lui, elles sont très consommées en tant que dessert pendant le Ramadan.

Shanyce MATHIAS ALI.

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