Depuis le 13 juin 2025, le parquet de Mayotte applique un dispositif renforcé à l’encontre des jeunes inconnus de la justice mais impliqués dans des faits violents en bande.

Mineurs armés à Mayotte : le parquet durcit le ton

Depuis le 13 juin 2025, le parquet de Mayotte applique un dispositif renforcé à l’encontre des jeunes inconnus de la justice mais impliqués dans des faits violents en bande.

Le parquet de Mayotte a annoncé la mise en place, depuis le 13 juin 2025, d’une nouvelle politique pénale visant les mineurs impliqués dans des attroupements armés. Selon le procureur de la République, Guillaume Dupont, cette mesure répond à des phénomènes récurrents sur le territoire, caractérisés par la présence « de mineurs en possession d’armes, inconnus de la police, de la gendarmerie et de la justice, souvent scolarisés ».

Un cadre juridique renforcé pour les infractions mineures

Mayotte, jeunes, tensions, Cavani stade,
Les mineurs impliqués dans des attroupements armés sont souvent inconnus des services de justice, d’après le procureur de la République.

Depuis le 1er janvier 2023, l’avertissement pénal probatoire a remplacé le rappel à la loi, selon la loi du 22 décembre 2021. Ce dispositif permet au procureur d’adresser un avertissement aux auteurs d’infractions, mineurs ou majeurs, qui ont reconnu les faits. Cet avertissement rappelle « les obligations résultant de la loi ou du règlement, ainsi que les peines encourues ».

Un délai probatoire de deux ans est instauré, durant lequel toute nouvelle infraction entraînera des poursuites, incluant les faits pour lesquels l’avertissement a été délivré. Le texte exclut toutefois ce dispositif pour les infractions graves, notamment les violences contre les personnes, ou en cas de récidive.

Mayotte applique une politique pénale plus stricte envers les mineurs armés

Gendarmes, Mayotte, Lecornu
Aussi souvent que nécessaire, les gendarmes procèdent à des fouilles des sacs à l’entrée de certains établissements scolaires de l’île

Depuis le 13 juin 2025, le parquet de Mamoudzou a mis en place une procédure systématique à l’encontre des mineurs de 13 à 17 ans impliqués dans des attroupements armés. Selon le procureur Guillaume Dupont, ces jeunes sont souvent « inconnus de la justice » mais se présentent armés, avec des objets tels que des couteaux, des tournevis, des morceaux de fer ou encore des clous.

Désormais, ces mineurs seront « systématiquement placés en garde à vue et déférés devant le procureur de la République (et non plus le délégué du procureur) en présence de leurs parents » afin de se voir notifier un avertissement pénal probatoire. Depuis l’application de cette mesure, seize mineurs ont été concernés.

Le procureur souligne que cette démarche vise à « rappeler fermement la loi et à remettre ces mineurs dans une voie de scolarisation », tout en avertissant que tout nouveau manquement entraînera des poursuites plus sévères. Même s’il reconnaît qu’il est « trop tôt pour prendre du recul », il note qu’aucun des seize jeunes concernés « n’a fait parler de lui depuis son passage devant le procureur », dans un contexte marqué par les vacances scolaires.

Mathilde Hangard

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.