La semaine de l’emploi maritime organisée par Pôle Emploi se prolonge, se matérialisant ce mercredi par un job dating au centre culturel de Chirongui. Réunissant pêcheurs diplômés et armateurs, le rendez-vous s’impose comme la concrétisation des efforts de formation menés par Pôle Emploi depuis 2018.

Job dating pêcheurs/armateurs : Pôle Emploi mobilise les forces en présence pour accompagner le développement de la filière pêche

La semaine de l’emploi maritime organisée par Pôle Emploi se prolonge, se matérialisant ce mercredi par un job dating au centre culturel de Chirongui. Réunissant pêcheurs diplômés et armateurs, le rendez-vous s’impose comme la concrétisation des efforts de formation menés par Pôle Emploi depuis 2018.

La pêche, secteur aussi injustement considéré que peu développé à Mayotte, se voit tout de même soumise à l’évolution des règlementations européennes. Certaines se mettent de plus en plus en place, d’autres le seront très prochainement. Et ces nouvelles règlementations vont impliquer beaucoup de choses, comme l’explique Stéphane Gouy, référent maritime à Pôle emploi.
Parmi celles-ci, l’obligation de disposer d’un certain type de diplôme pour s’adonner à la pêche professionnelle : le certificat d’aptitude au commandement et à la petite pêche, un diplôme impératif pour toute embarcation opérant de la pêche professionnelle.
Evoquant les personnes disposant de ce diplôme, M Gouy explique qu’ « à Mayotte, on n’en avait pas beaucoup. C’est pour cela que Pôle Emploi forme des gens à ce diplôme depuis 2018 ». Et un constat a pu être mis en évidence : « il y a un certain nombre de gens formés, avec le diplôme, mais qui ne travaillent pas. Et en parallèle, il y a beaucoup d’entreprises dans la pêche qui n’ont pas de personnes disposant du diplôme ». Un criant manque de mise en relation, que Pôle emploi s’est évertué à pallier, décidant de mobiliser les forces en présence. Et ce en organisant des réunions de travail avec les affaires maritimes et la CAPAM.

le job dating en action

«  Le but étant de dire que nous Pôle Emploi, on est  en capacité d’identifier les personnes avec le diplôme demandé. Charge à vous maintenant, affaires maritimes, de pouvoir sortir un listing, des noms d’entreprises ayant besoin de ces personnes » développe Stéphane Gouy.
C’est ainsi qu’hier après-midi, la finalité de ces longues années de travail s’incarnait au cœur d’un job dating dédié à permettre aux employeurs et aux demandeurs d’emplois formés de se rencontrer. Un succès, puisque pas moins de sept armateurs ont pu faire la rencontre d’une douzaine de pêcheurs.
Un premier pas très encourageant, qui laisse augurer des perspectives pour le développement de la filière qui perd peu à peu son empreinte socio-culturelle négative : la pêche, autrefois assimilée à une tâche ingrate réservée aux immigrés, prend peu à peu ses titres de noblesse à Mayotte.
Mais comment motiver toujours plus les prétendants potentiels ? Et surtout, comment encourager les pêcheurs à devenir eux-mêmes armateurs et posséder leur(s) propre(s) navire(s) ?

Pêcheurs et armateurs ont répondu présent

A ceci, M Gouy répond que « cette question est avant tout financière. On ne va pas inciter un pêcheur à devenir armateur, c’est d’ailleurs le plus souvent ce qu’ils veulent faire au départ. Mais après s’être confronté à la réalité économique, on réalise qu’un bateau coûte cher, qu’il faut des fonds pour acheter son premier bateau ». Le référent maritime explique que des aides peuvent exister, notamment un texte sorti récemment et qu’il y a des dotations à Mayotte pour le renouvellement de la flotte, mais sans concerner pour autant l’achat de bateau. Il évoque « des fonds versés pour des personnes déjà en activité avec un bateau en règle, ou qui s’en approche un peu, et l’objectif est d’aider ces personnes dans un premier temps car ils ont montré leur attachement à l’activité, montré qu’ils savaient y faire. Et en passant sur un autre navire, un outil plus intéressant, plus grand, plus spacieux, plus organisé, cela permet aussi de vendre leur ancien bateau. Et ainsi alimenter le marché local en bateaux professionnels, ce qui permettra d’élargir la flotte de Mayotte ».
Quoiqu’il en soit, la présence de candidats lors de ce speed dating atteste d’un engouement naissant pour les métiers de la mer. Et sur une île, quoi de plus nécessaire ?

Mathieu Janvier

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Le SNUEP-FSU communique sur la violente agression au lycée de Sada

Une agression à l’arme blanche est survenue vendredi 11...

À Kawéni, la circulation alternée mise en place dès le 16 septembre prochain

La circulation alternée reprendra à Mamoudzou à partir de ce mercredi 16 septembre 2026 sur le secteur de Kawéni, afin de "fluidifier le trafic" dans le périmètre des travaux du CARIBUS, a annoncé ce vendredi 11 septembre, la Ville de Mamoudzou dans un communiqué de presse.

Au lycée des lumières de Kawéni, le proviseur suspendu

À Kawéni, le proviseur du lycée des Lumières a été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, a confirmé vendredi au JDM le rectorat de Mayotte.

Crise de l’eau : réutiliser les eaux du quotidien pour faire pousser des tomates

Après plus de deux ans de mobilisation autour de l’accès à l’eau, l’association Mayotte à Soif lance une nouvelle étape avec « 10 000 Gouttes d’Eau », un projet qui doit permettre aux familles de cultiver leurs propres tomates en réutilisant une partie de l’eau habituellement jetée.