Forum Les jeunes en errance de Mayotte, « on ressort avec beaucoup plus d’espérance que de pessimisme »

Le séminaire « Les jeunes en errance de Mayotte : du constat aux pistes d'inclusions innovantes » organisé ce lundi au lycée des Lumières par l’association Mlezi Maore semble être une preuve supplémentaire de l’engagement de cette structure au service du territoire. Mené avec les acteurs du département ayant vocation à œuvrer dans l’accompagnement des jeunes en errance, l’événement de ce lundi entend proposer un espace de réflexion, d’écoute, de partage ainsi que de projection vers l’avenir.

Un projet ambitieux pour cette journée qui s’inscrit dans le cadre de la présidence française au Conseil de l’Union européenne et labellisée par cette dernière. « On a souhaité organiser cette journée à la fois pour mettre en lumière les réalités de l’île, concernant la jeunesse, que ce soit auprès de l’Europe que de Mayotte », réagit Dahalani M’Houmadi, directeur général de Mlezi Maore. Il poursuit, « il s’agissait de faire connaître ces réalités au-delà des frontières nationales, au niveau européen et nous avons souhaité faire savoir à l’Europe ce qui existait déjà en termes d’initiatives, en termes d’actions innovantes sur le territoire ».

Un regard constructif allant du général au particulier

Les discours des officiels se sont succédés

Une aubaine pour les partenaires belges et les représentants de la fédération européenne des sans-abris, des jeunes en errance qui ont pu partager leur regard sur ces sujets et apporter un éclairage sur la manière dont cette problématique fait écho dans les autres pays de l’Union européenne ; même si précise Dahalani M’Houmadi « on vit ça à Mayotte avec des proportions très fortes et qui n’ont aucune comparaison avec les autres territoires de France et même d’Europe ».

A ce titre, le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, n’a pas manqué de souligner « que le travail accompli par Mlezi Maoré est une pépite pour l’île et une pépinière pour les talents ». Si face à la importance de l’errance d’une partie de la jeunesse de Mayotte toutes actions menées semblent une goutte d’eau perdue dans un océan de précarité sociale et affective, sans les dispositifs mis en œuvre actuellement, le constat pourrait être bien plus alarmant. L’objectif de cette journée en témoigne puisqu’il s’agissait « de se mettre autour de la table et de croiser les regards, d’échanger sur la perception que chacun a de la jeunesse, que chacun a de l’errance et des solutions qui nous paraissent les plus pertinentes possibles », précise le directeur général de l’association.

Donner la parole aux principaux intéressés, les parents et les jeunes

Une journée rythmée par les projections de films documentaires réalisés par le sociologue réalisateur Bertrand Hagenmüller. Avant chaque nouvelle séquence de tables rondes, ces intermèdes ont été pensés comme une invitation à découvrir la réalité mais aussi les pensées des principaux intéressés, qu’ils s’agissent des jeunes et des parents. A ce titre, Dahalani M’Houmadi n’a pas manqué de souligner que « la force de cette journée a été la présence de parents et de jeunes, en nombre, et une grande partie de la matinée et de l’après-midi leur a été consacrée », précisant que « rares sont les colloques où l’on donne la parole de manière libre aux personnes qui sont directement concernées. Et là je crois qu’on peut être fiers d’avoir permis à la jeunesse de s’exprimer ».

Des tables rondes organisées pour nourrir le débat

Une richesse des dialogues, viviers de réflexions pour construire les solutions de demain

Cet événement semble marquer un nouveau départ d’actions partenariales, d’actions innovantes au service de la jeunesse de Mayotte alors même que plus de 230 personnes étaient présentes dans l’amphithéâtre du lycée des Lumières. Une richesse de dialogue qui n’est pas passée inaperçue aux yeux de Dahalani M’Houmadi, « cette journée nous a montré que la confrontation, le croisement, l’échange, sont essentiels pour mieux comprendre ce qu’il se passe. Elle a permis aussi aux professionnels de sortir la tête de l’eau et prendre du recul, faire le pas de côté nécessaire pour regarder l’île différemment ». Une journée, selon le directeur général de Mlezi Maore, dont « on ressort avec beaucoup plus d’espérance que de pessimisme ».

Pierre Mouysset

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