Louna Synave, la boxeuse mahoraise qui bouscule le K1 français

Vice-championne de France K1 Style Light 2026 à Marseille, la combattante du Maoré Boxing Club enchaîne les podiums depuis 2022 et s’est imposée sur la scène nationale et internationale grâce à un entraînement intensif et un parcours marqué par des victoires, des blessures et surtout une forte détermination.

À seulement 17 ans, Louna Synave enchaîne les podiums et les finales nationales. La jeune boxeuse du Maoré Boxing Club s’est une nouvelle fois illustrée cette année en décrochant le titre de vice-championne de France K1 Style Light à Marseille, un an après l’avoir obtenu à Istres.

La boxe est entrée dans sa vie presque par hasard, elle raconte avoir découvert ce sport grâce à un ami qui l’avait invitée à venir essayer lors d’un entraînement. « J’avais un peu peur parce que la boxe c’est lié aux coups », explique-t-elle. Finalement, elle accroche rapidement grâce à l’ambiance du club et au lien qu’elle crée avec son entraîneur Didier Bernadet. Cependant, comme beaucoup de jeunes sportifs, ses débuts n’ont pas été simples. « C’était un peu compliqué car je n’y connaissais rien ».

Un entraînement intense

Le déclic s’est fait  lors de son premier championnat de France, éliminée en quart de finale, la boxeuse vit très mal cette défaite. « Je peux pas m’arrêter là, je suis obligée de continuer, de faire mieux », se souvient-elle.

Elle pratique le K1 en plus du Kick Boxing. Au K1 les coudes sont autorisées à l’inverse du kick boxing. (Léo Vignal / JDM)

Depuis, les résultats s’enchaînent, championne de Mayotte en Kick Light depuis 2022 puis en K1 Style Light depuis 2025, elle remporte aussi deux médailles de bronze aux championnats de France en 2023 et 2024. La même année, la boxeuse décroche également une récompense de bronze au championnat du monde ICO Kick Light en Allemagne. Puis viennent les deux titres de vice-championne de France K1 Style Light, à Istres en 2025 puis à Marseille cette année.

Cependant, derrière les podiums, l’adolescente parle aussi des difficultés physiques liées à son sport. En effet, avant son dernier championnat, Louna Synave s’est blessée à l’orteil mais a tout de même continué la compétition. « Il y a des blessures, des bleus, des pleurs parce que des fois ça fait mal les coups mais c’est le sport. La boxe c’est pas tout beau tout rose », raconte l’adolescente.

Le mental occupe également une place importante dans sa préparation. La sportive écoute de la musique, parle beaucoup pour évacuer la pression puis cherche à s’isoler quelques minutes avant le début du combat. Elle reconnaît aussi que les défaites restent difficiles à accepter. « J’ai toujours envie de gagner et quand je perds j’ai envie de pleurer parce que je sais que je peux faire mieux », confie-t-elle.

« Je suis de Mayotte avant tout »

Au-delà des résultats sportifs, Louna parle surtout de son attachement à Mayotte. Elle insiste plusieurs fois sur ce lien avec son île et sur l’importance de la représenter dans les compétitions nationales. « Je suis née ici, c’est chez moi, c’est mon île et j’ai toujours vécu ici ». Même si elle prévoit de partir poursuivre ses études supérieures hors du territoire, probablement à La Réunion, elle affirme que l’attachement restera le même. « Au fond de moi il y aura toujours une partie qui va représenter Mayotte, parce que je suis d’ici avant tout ».

Elle aimerait être sélectionnée pour les prochains championnats du monde. (Léo Vignal / JDM)

La jeune combattante évoque aussi le manque de visibilité du kickboxing sur l’île et les difficultés liées au financement des déplacements hors territoire. L’année dernière, malgré son statut de vice-championne de France, elle n’avait pas pu participer aux championnats du monde, une déception encore présente aujourd’hui.

Sa famille avait pourtant commencé à préparer le voyage et à chercher des solutions de financements. « Ce qui m’avait fait mal, c’est que ça ne dérangeait pas les organisateurs parce que je faisais partie du podium, mais qu’au niveau du recrutement dans l’océan Indien, les règles étaient différentes », confie-t-elle.

Cette année, la sportive de 17 ans espère que les vice-champions pourront être sélectionnés. « Je croise les doigts ! », dit-elle simplement, en affirmant déjà se préparer mentalement et physiquement à cette possibilité. « Je sais que c’est un championnat que je peux réussir ».

Poursuivre la progression

Dans son club, Louna fait aussi partie des rares filles, une situation qu’elle a appris à accepter avec le temps. « Pour moi c’est une bonne chose car j’apprends plus et ça me permet de boxer avec des poids à 80kg ». D’ailleurs, la championne de Mayotte encourage aussi les jeunes filles qui hésitent à pratiquer les sports de combat, et à se lancer malgré les préjugés. « C’est pas parce que c’est un sport réputé pour les garçons qu’il faut avoir peur », affirme-t-elle.

Dans les prochaines années, la vice-championne de France compte poursuivre ses études tout en continuant la boxe. En attendant, elle enchaine les entraînements avec la même visée : progresser. Quand on lui demande comment elle se décrit, la combattante répond sans hésiter : « Sportive, sociable et ambitieuse ».

Shanyce MATHIAS ALI.

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