Cahiers neufs, stylos de couleur, règles graduées et tenues de rentrée : à quelques jours du retour en classe prévu le lundi 24 août, la chasse aux fournitures bat son plein sur l’île.

Pour donner de l’air au budget des ménages, les familles bénéficiaires ont reçu aux alentours du 4 août l’Allocation de rentrée scolaire, une aide versée par la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) pour absorber une partie des frais de scolarisation.
Versée sous conditions de ressources, elle concerne les familles ayant à leur charge un ou plusieurs enfants âgés de 6 à 18 ans, scolarisés ou apprentis, avec des ressources calculées sur l’année 2024 qui ne doivent pas dépasser certains plafonds.
À Mayotte, les montants ont légèrement augmenté par rapport à l’année dernière. L’allocation atteint désormais 429,01 euros pour un enfant scolarisé en primaire, contre 425,60 euros l’année dernière ; 452,67 euros pour un collégien, contre 449,09 euros en 2025 ; et 468,36 euros pour un lycéen, contre 464,65 euros.
L’attente des listes et le coût de l’importation
Pour Djana, mère de famille, l’aide reçue début août n’a pas encore été entièrement dépensée. La raison est simple : elle attend encore la liste officielle des fournitures scolaires avant de commencer réellement ses achats. Elle a toutefois déjà commencé à faire du repérage dans différents magasins et estime devoir dépenser plus de 100 euros pour les fournitures. À cela s’ajoutent les vêtements et les achats qui peuvent venir en cours d’année.

« Je n’ai pas encore la liste officielle des fournitures, il faudra attendre à la rentrée, mais j’estime toujours pour essayer d’en sortir un budget, en plus y’a des enseignants qui demandent des articles en double », explique-t-elle.
La mère de famille dit aussi constater une hausse des prix dans les rayons. Elle cite notamment les cahiers, qu’elle trouvait auparavant autour de deux euros et qui peuvent désormais dépasser les trois euros.
Malgré ces dépenses, elle considère cette aide comme « un coup de pouce », et rappelle que la situation peut être très différente selon le nombre d’enfants, l’école ou encore les demandes des enseignants.
Au lycée, les achats deviennent plus coûteux
Du côté d’Halima Abdou, mère d’une élève en première, le constat est différent. Au lycée, les dépenses deviennent plus importantes et l’allocation de rentrée scolaire ne permet pas de tout couvrir. « Je dois toujours rajouter plus parce qu’au lycée il faut des calculatrices scientifiques et d’autres choses comme ça et ça coûte cher », explique-t-elle.

À ces dépenses de rentrée s’ajoute désormais le matériel numérique. Pour les devoirs et les recherches, la Mahoraise estime qu’un ordinateur ou au moins une tablette devient indispensable au lycée.
Sans s’attendre à ce que l’allocation prenne en charge un tel équipement, elle constate simplement que cette dépense importante vient alourdir la facture globale à la charge des familles. Un coût supplémentaire qu’elle parvient à assumer grâce à son travail, tout en mesurant la difficulté pour les foyers plus modestes. « Moi je m’en sors car sur le côté je travaille en tant que caissière. Mais je sais que pour certaines familles c’est plus de la survie », souligne-t-elle.
Si l’option de rester étudier au centre de documentation et d’information (CDI) existe sur le papier, la réalité du terrain l’annule rapidement, notamment les contraintes de transport et l’insécurité récurrente aux abords de certains établissements de l’île. Avoir de l’équipement informatique à la maison peut beaucoup peser sur la balance. « Maintenant tout est informatisé, les devoirs sont mis sur le logiciel « pronote » ou envoyés par mail, il faut avoir un téléphone au moins, et une bonne connexion ».
Une revalorisation grignotée par l’inflation locale
Avec une revalorisation de quelques euros, l’aide apporte donc un petit supplément au budget des familles, sans bouleverser la réalité des dépenses de rentrée. Pour un lycéen, les 3,71 euros supplémentaires par rapport à l’année dernière représentent, selon Halima Abdou, « un cahier ». Pour elle, cette hausse « aide », mais elle ne suffit pas à effacer l’augmentation ressentie dans les magasins.
À Mayotte, la rentrée se prépare donc avec cette allocation, mais aussi avec des dépenses qui continuent de s’accumuler selon l’âge des enfants, les demandes des établissements et les équipements nécessaires.
Shanyce MATHIAS ALI.


