À 30 ans, Lamya Bamana, porte depuis plusieurs années un projet de parc de loisirs familial à Mayotte. Pour financer cette future infrastructure, dont elle espère une ouverture en 2028, l'entrepreneure a lancé une campagne de financement participatif afin de réunir un premier apport et convaincre de futurs partenaires financiers.

Kids Teens Joy Parc : un projet d’espace de loisirs pensé pour les enfants mahorais

À 30 ans, Lamya Bamana, porte depuis plusieurs années un projet de parc de loisirs familial à Mayotte. Pour financer cette future infrastructure, dont elle espère une ouverture en 2028, l'entrepreneure a lancé une campagne de financement participatif afin de réunir un premier apport et convaincre de futurs partenaires financiers.

Quand Lamya Bamana est arrivée à Mayotte en 2020, elle dit avoir rapidement constaté un manque d’espaces de loisirs sécurisés pour les enfants. La mère de trois enfants explique que cette réflexion est née de son quotidien. « Quand je pars en vacances, c’est ce qu’on fait le plus avec les enfants. En revenant, je me suis dit : pourquoi ne pas tenter l’expérience ici si personne ne l’a encore fait ? », raconte-t-elle.

Son projet, baptisé KTJ Parc (Kids teens joy), prévoit la création d’un parc de loisirs couvert destiné aux enfants. Dans son idée, le site prendrait la forme d’un grand hangar équipé de structures tubulaires, de parcours d’aventure, de piscines à balles pour les petits, d’espaces adaptés selon les âges ainsi que d’un snack. À l’extérieur, des balançoires, des trampolines et d’autres jeux.

Un parc pensé comme un lieu de vie pour les familles

Pour le moment, aucun emplacement n’a été trouvé. La recherche du foncier fait partie des prochaines étapes du projet, en parallèle de la quête de financements. Selon la fondatrice, cette infrastructure répond à un besoin réel sur l’île. La jeune femme estime que les familles disposent aujourd’hui de peu d’espaces adaptés aux enfants et que les parcs municipaux sont rapidement saturés.

Lamya Bamana, 30 ans, a pour projet la création d’un parc de loisirs couvert destiné aux enfants.

« L’idée, c’est que les enfants puissent jouer dans un endroit sécurisé, quelle que soit la météo. Les parents pourront les laisser profiter sans avoir à s’inquiéter en permanence. Et aussi aller au parc ça évite aux enfants de rester devant les écrans toute la journée », explique-t-elle.

Au-delà du loisir, la mère de famille voit aussi dans ce chantier un potentiel économique pour Mayotte. Si le parc voit le jour, plusieurs emplois seront créés, notamment dans l’animation, la restauration, la petite enfance ou encore l’accueil. « Je m’inspire de ce qui est fait ailleurs, j’ai déjà rencontré le propriétaire de Capitaine Park à Toulouse. J’ai un fournisseur pour les accessoires de jeux en France, car il faut respecter les normes européennes ».

Une collecte qui avance lentement 

La jeune femme a mis trois ans avant d’oser se lancer dans ce projet.

Avant d’en arriver là, elle a choisi de lancer une campagne de financement participatif. Son objectif est de constituer un premier apport qui lui permettra ensuite de solliciter des banques et d’autres financeurs. « Le projet est plus fort et crédible si on dit qu’on a fait une campagne et que les gens ont investi. Car ça veut dire qu’ils sont prêts à consommer derrière », confie la mahoraise.

La cagnotte vise entre 30.000 à 50.000 euros dans un premier temps, soit environ 10 % du financement recherché, qui lui est estimé à 550.000 euros, pour permettre l’ouverture du parc entier. Cependant, la collecte avance lentement, plus d’un mois après son lancement, seulement 1.300 euros ont été réunis, très loin de l’objectif qu’elle s’est fixée.

« On voit beaucoup de partages sur les réseaux sociaux, mais ça ne se traduit pas encore dans les dons. Si parmi les 15.000 vues qu’ont fait, chacun mettait cinq à dix euros on aurait la somme. Si vous avez donné vous êtes sur la liste de nos donateurs, donc vous gagnez des entrées et en retour vous nous aidez ! », témoigne-t-elle.

Un premier jardin avant le grand projet

En attendant, KTJ Parc existe déjà en mini format depuis février, un jardin privé pour enfants qui lui sert à tester son concept. Les anniversaires représentent aujourd’hui l’essentiel de son activité, mais attirer du public les week-ends reste plus compliqué et même pendant les vacances. Une difficulté qui pourrait s’expliquer par les habitudes de consommations locales. « Beaucoup de parents n’ont pas encore le réflexe de payer une entrée pour venir dans un parc. Pourtant, ici, on propose un espace fermé, sécurisé, avec des jeux et des animations ».

Le mini-parc peut accueillir jusqu’à 30 enfants.

Pour conquérir le coeur des familles mahoraises, elle souhaite intégrer des éléments locaux, des jeux d’antan comme : « le domino » ou encore « le m’raha », ce qui permettra aux parents et enfants de s’amuser ensemble et créer du lien.

En attendant, le mini-parc fonctionne grâce aux fonds propres de la famille et à un prêt obtenu auprès de l’Adie pour financer une structure gonflable. Elle travaille aux côtés de sa mère et de sa sœur, qui gére notamment les réseaux sociaux du projet.

Pour la suite, la priorité reste inchangée : trouver un terrain, réunir les financements nécessaires et convaincre les partenaires de soutenir cette initiative. Si toutes les étapes aboutissent, la fondatrice espère pouvoir ouvrir l’établissement à l’horizon de l’été 2028. « J’imagine un parc coloré et rempli de vie ! ».

Malgré les obstacles rencontrés depuis le début, elle ne compte pas jeter l’éponge : « tant qu’il reste une possibilité d’avancer, je continue. J’aimerais montrer qu’à Mayotte, quand on constate un manque, on peut aussi essayer de construire la solution nous-mêmes. Plus tard ça sera une fierté de dire que ça a été porté par les Mahorais  ».

Lien pour soutenir le projet de Lamya Bamana : https://4fund.com/fr/hmgj62#links

Shanyce MATHIAS ALI.

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