La Maoré Summer League, la ligue d’été de basketball, est de retour pour sa quatrième édition à partir de ce mercredi 15 juillet, au stade de Cavani. Pendant sept soirées, les meilleures basketteuses et les meilleurs basketteurs de Mayotte s’affronteront sur le bitume dans l’espoir de décrocher le titre, sous les encouragements d’un public toujours fidèle au rendez-vous. Une ambiance électrique qui témoigne de l’engouement grandissant autour d’un tournoi devenu, au fil des éditions, un rendez-vous incontournable du territoire.
Un tournoi féminin repensé pour plus de suspense

La compétition réunit dix équipes, réparties entre un tournoi féminin à quatre équipes et un tournoi masculin à six équipes. Chez les femmes, Madafoka, Celtic’Stars, Diversity Girls et Les Paniquées du Panier seront opposées dans une poule unique où chaque formation rencontrera les trois autres avant la finale, prévue le samedi 25 juillet, entre les deux premières du classement.
Chez les hommes, les six équipes sont réparties en deux poules de trois : la poule A regroupe Wana Wa Dago, Bonheur Simple et Nova Squad, tandis que la poule B est composée de Camp Nou, La Dynastie et Wakanda. À l’issue de la phase de groupes, les deux meilleures équipes de chaque poule accéderont aux demi-finales croisées, avant une finale programmée le samedi 25 juillet également pour désigner le vainqueur de cette quatrième édition.
Cette année, le tournoi féminin adopte un nouveau format afin de renforcer la compétitivité, avec l’instauration d’une « draft ».

« Chaque année, les meilleures joueuses se rassemblaient dans une équipe et remportaient la compétition. On a décidé cette fois-ci de faire en sorte que les meilleures joueuses soient capitaines de leur propre équipe », explique Kamil Abdallah, 24 ans, l’un des membres fondateurs de la Maoré Summer League aux côtés de Gamil Hanouary, Zayeb Maliki, Nahim Abdillah, Yakesh Ulein et Sahel Abdallah Bounou.
Ainsi, Melodye, Dhoihirati, Fanja et Elise ont constitué leur effectif en sélectionnant chacune leurs coéquipières. Ce nouveau format vise à rééquilibrer le niveau des équipes et à rendre les rencontres plus indécises. La « draft » a d’ailleurs été retransmise en direct sur les réseaux sociaux, où les supporters ont pu suivre les choix des quatre capitaines.
Une communication devenue l’une des marques de fabrique de la Maoré Summer League. Pour cette quatrième édition, les organisateurs ont encore renforcé leur présence en ligne, notamment avec des teasers vidéo et le dévoilement progressif des nouveaux maillots. Une stratégie assumée pour faire monter l’attente autour du tournoi, entretenir l’engouement du public et attirer toujours plus de spectateurs, aussi bien au bord du terrain que sur les réseaux sociaux.
Un niveau de jeu toujours plus relevé

Mais au-delà de la mise en scène de l’événement, c’est avant tout la qualité du spectacle et du basketball pratiqué qui fait la renommé du tournoi. Chaque été, la Maoré Summer League profite du retour à Mayotte de nombreux basketteurs et basketteuses évoluant dans l’Hexagone ou à La Réunion.
« Il y a des joueurs et des joueuses qui viennent d’un peu partout, de Mayotte, mais aussi de l’Hexagone ou de La Réunion. En été, pendant les vacances, les joueuses et joueurs mahorais qui vivent hors du territoire rentrent à Mayotte et en profitent pour participer au tournoi. C’est devenu un moment incontournable pour eux parce qu’avec la fin des saisons, il n’y a plus d’évènements baskets pendant les vacances », souligne Kamil Abdallah.
« Cette année il y a du haut niveau, encore plus que l’année dernière, chez les hommes on a notamment des joueurs connus comme Kadri, Karim, ou encore Jeremy, qui participent au tournoi. Le niveau s’améliore chaque année », promet l’organisateur.
Afin de valoriser les performances, l’association récompense également les meilleurs participants. « L’année dernière, le MVP (le meilleur joueur) du tournoi a remporté 150 euros, l’équipe gagnante 300 euros. On offre aussi des sorties dans le lagon ».
Une aventure née entre amis

Si la Ville de Mamoudzou et la CADEMA soutiennent l’événement, son organisation repose encore en grande partie sur l’engagement de ses bénévoles.
« Nous avons encore très peu de sponsors », reconnaît Kamil Abdallah. « Les membres de l’association apportent beaucoup en nature et on essaie de s’en sortir. »
L’aventure est née il y a quelques années sur les bancs du lycée. Avec deux de ses amis, Kamil organise un premier match réunissant les meilleurs joueurs de moins de 25 ans de Petite-Terre et de Grande-Terre. « Cela a beaucoup plu. On a répété le concept, puis progressivement est venue l’idée de créer une ligue d’été à Mayotte derrière une association ».
Quatre éditions plus tard, la Maoré Summer League est devenue bien plus qu’un simple tournoi estival. Pour ses fondateurs, elle contribue à faire vivre le basket mahorais et à rassembler les habitants autour d’une passion commune.

« Quand on a créé cette compétition, l’objectif était avant tout de redonner une scène au basket mahorais et de créer un événement qui rassemble. On voulait que les habitants ressentent une vraie fierté locale, qu’ils puissent soutenir des joueurs qui viennent de chez eux, de leur quartier. La MSL, c’est notre façon de montrer que le sport peut être un vecteur de cohésion et de fierté pour tout le territoire. »
« Je suis fier de ce qu’on a réussi à construire avec la MSL. Voir l’engouement du public, les jeunes qui s’investissent, les familles qui viennent en nombre, c’est une grande satisfaction pour toute l’association », poursuit Kamil Abdallah. « C’est aussi une manière de montrer qu’à Mayotte on a du talent, de l’énergie, et qu’on est capable d’organiser des événements de qualité, structurés, qui donnent envie de revenir chaque année ».
Victor Diwisch


