Les résultats du volet de l’étude consacré à la première vague de l’épidémie de chikungunya de 2025 mettent en évidence des profils nettement plus touchés que d’autres :
– les personnes âgées présentent les taux d’infection les plus élevés ;
– les personnes non scolarisées sont également plus concernées, ce qui souligne un enjeu majeur de compréhension et d’appropriation des messages de prévention.
Souvent perçu comme bénin, le chikungunya n’en reste pas moins éprouvant : huit personnes infectées sur dix déclarent avoir ressenti des symptômes. Beaucoup se tournent alors vers la médecine traditionnelle plutôt que vers une prise en charge médicale. L’ARS encourage le recours aux soins, en particulier pour les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes âgées, même lorsque les symptômes paraissent anodins.
Une immunité encore insuffisante
Les résultats de l’étude montrent qu’à la veille de la seconde vague de 2026, un habitant sur trois était immunisé contre la maladie. Chez les adultes de 18 ans et plus, ce niveau atteignait un sur deux, signe d’une circulation particulièrement intense du virus lors de l’épidémie de 2025.
Ce niveau reste toutefois en deçà du seuil d’immunité collective, estimé entre 60 % et 75 %, nécessaire pour freiner durablement la circulation du virus au sein de la population. La baisse de l’épidémie observée en 2025 est ainsi principalement liée à la fin de la saison des pluies, et non à l’atteinte d’une immunité collective.
Les épidémies de 2025 et de 2026 démontrent que le chikungunya circule activement à Mayotte. Or près de 80 % des gîtes larvaires sont créés autour des habitations : les gestes du quotidien constituent alors le premier rempart contre les moustiques vecteurs.
La protection, individuelle comme collective, demeure essentielle et repose sur des gestes simples comme l’élimination des eaux stagnantes ; une gestion rigoureuse des déchets ; ou encore la protection contre les piqûres de moustiques.


