Plusieurs chefs d’entreprise ont participé ce jeudi 18 juin, matin à un atelier organisé par la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Mayotte pour comprendre les changements à venir autour de la facturation électronique et anticiper une réforme qui concernera progressivement les entreprises soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, un dispositif dont Mayotte est provisoirement exclue.

Les chefs d’entreprise mahorais anticipent la généralisation de la facture électronique

Plusieurs chefs d’entreprise ont participé ce jeudi 18 juin, matin à un atelier organisé par la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Mayotte pour comprendre les changements à venir autour de la facturation électronique et anticiper une réforme qui concernera progressivement les entreprises soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, un dispositif dont Mayotte est provisoirement exclue.

Dans les locaux de la CCI Mayotte, les échanges ont porté ce matin sur un sujet qui va modifier les habitudes de nombreuses entreprises : la facture électronique. Pour l’instant, Mayotte n’est pas directement concernée par cette réforme, mais la chambre de commerce a choisi d’anticiper en organisant un atelier destiné aux entrepreneurs et dirigeants qui souhaitent mieux comprendre ce qui va changer et comment s’y préparer.

L’atelier a permis de revenir sur les nouvelles obligations légales, les impacts concrets pour les entreprises, mais aussi sur les bénéfices annoncés de la dématérialisation, comme la centralisation des factures, le gain de temps ou encore une meilleure sécurisation des échanges de données.

Une réforme pensée pour lutter contre la fraude

Pour Ray Rouchedine, chef de projet numérique à la CCI Mayotte, l’objectif est clair : préparer les entreprises avant que la réforme ne s’impose. La réforme prévoit une généralisation progressive de la facture électronique pour les entreprises concernées en France. «  L’État cherche avant tout à  lutter contre la fraude et le travail dissimulé, le fait d’engager des gens et de ne pas les déclarer ou  rémunérer comme il se doit », confie-t-il. 

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Les ateliers vont permettre aux entreprises de mieux travailler avec leurs homologues de La Réunion, l’hexagone et des Antilles.

À Mayotte, la situation est différente pour le moment puisque le territoire n’est pas encore soumis à cette obligation. Mais pour la structure, attendre la dernière minute pourrait compliquer les choses pour les chefs d’entreprise.

En effet, même si les structures mahoraises ne sont pas encore obligées d’utiliser ce système, certaines travaillent avec des fournisseurs ou des prestataires situés dans l’Hexagone, La Réunion voire même les Antilles, où la réforme concernera les grandes entreprises à partir du 1er septembre 2026 et les petites en septembre 2027.

Elles peuvent donc être amenées à utiliser des plateformes de réception ou d’émission de factures électroniques. « C’est nécessaire qu’ils soient sur la même longueur d’ondes que les autres sur la connaissance de la réforme. En quoi ça consiste, ou encore comment utiliser les plateformes », souligne le chargé de projet numérique.

Des entreprises encore inégalement préparées

Sur le terrain, la Chambre de commerce et d’industries constate beaucoup de décalage. Toutes les entreprises n’ont pas encore adopté les outils numériques, certaines utilisent encore des méthodes papier pour gérer leurs factures et leurs documents administratifs. « Malgré le fait que le numérique est de plus en plus présent sur l’île certains n’arrivent toujours pas à adhérer et ne sont pas familiarisés avec les différents outils. Ils sont parfois obligés de passer par d’autres personnes pour faire leurs démarches », explique-t-il.

D’après lui cette appréhension pourrait  notamment s’expliquer par la montée de la cybercriminalité. « Beaucoup disent avoir peur de se faire dérober leurs données, ou encore de se faire hacker sur internet par des personnes tiers ou des fausses entreprises ».

Dans ce contexte, le passage à la facture électronique pourrait représenter une étape supplémentaire difficile pour les entreprises qui ne sont pas encore à l’aise avec les outils numériques et nécessiter une phase d’adaptation en amont pour rattraper toutes les étapes.

Des chefs d’entreprise entre veille et adaptation

Du côté des participants, l’intérêt est aussi de rester à jour sur les évolutions réglementaires et techniques. C’est le cas de Mahamoudou Azihary, gérant de l’entreprise CLE’MAY, qui accompagne lui-même des entreprises dans leurs stratégies de développement. « Je conseille des gens justement pour se développer, donc il faut que moi-même je sois à jour de tout ce qui bouge du point de vue financier, législatif, réglementaire et technique ».

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Mahamoud Azihary, chef de l’entreprise CLE’MAY.

Selon lui, cette reforme peut être perçue comme un avantage, notamment pour mieux organiser le suivi des documents et limiter certains risques de fraude, mais aussi comme une contrainte supplémentaire pour les entreprises mahoraises, qui rencontrent déjà d’autres difficultés.

« Il y’a des gens qui ont des projets incroyables mais j’ai l’impression que tout le système financier ne nous comprend pas. Les banques, l’administration publique font parfois perdre du temps aux gens, ne répondent pas et les découragent », confie le dirigeant.

L’enjeu pour les entrepreneurs est surtout de rester informés et de comprendre les outils qui existent, même lorsqu’ils ne sont pas encore obligatoires. « Ça va concerner les territoires assujettis à TVA, or Mayotte ne l’est pas. Mais notre île évolue au sein de la France, donc la TVA pourrait être mise en place dans les années à venir », estime-t-il.

En attendant, la CCI Mayotte poursuit ses ateliers d’accompagnement auprès des entreprises. D’autres sessions sont déjà prévues, notamment autour de l’intelligence artificielle, un sujet qui commence à s’imposer dans le monde économique.

Shanyce MATHIAS ALI.

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