Attendu depuis 2015 par l'ensemble de la communauté éducative, le nouvel internat d'excellence du lycée agricole public de Coconi a été officiellement inauguré ce 15 septembre 2026.

L’internat d’excellence du lycée agricole de Coconi enfin inauguré

Attendu depuis 2015 par l'ensemble de la communauté éducative, le nouvel internat d'excellence du lycée agricole public de Coconi a été officiellement inauguré ce 15 septembre 2026.

Dans les allées du lycée agricole de Coconi, la satisfaction se lisait sur tous les visages lors de la coupure symbolique du ruban tricolore. Seul établissement public de ce type sur le territoire, le site accueille des élèves venus des quatre coins de l’île. Jusqu’à cette rentrée, la majorité d’entre eux devait composer avec des temps de trajet éprouvants, oscillant entre deux et trois heures de bus par jour dès l’aube. Cette fatigue pesait lourdement sur la vigilance en classe, entraînant retards et absentéisme.

La directrice de l’établissement a rappelé la longue genèse de ce projet indispensable. « Ce projet d’internat a été demandé par toute la communauté éducative.

La directrice de l’établissement a rappelé les conditions d’entrée à l’internat. Léo Vignal / JDM

Cet équipement possède le label internat d’excellence, dont nous avons évidemment respecté le cahier des charges, notamment sur les critères de sélection des élèves. Nous disposons de cent places. Pour l’instant, nous comptons vingt-six internes, car l’ouverture a été décalée au moins quatre ou cinq fois. »

Ces premiers pensionnaires, issus de classes allant de la quatrième de collège jusqu’au brevet de technicien supérieur par apprentissage, ont été sélectionnés selon des critères géographiques rigoureux, mais également sociaux et familiaux. La direction a insisté sur la notion de mérite : il ne s’agit pas uniquement de primer les meilleurs bulletins scolaires, mais de donner une chance à des jeunes volontaires, déterminés à réussir mais privés à domicile d’un environnement matériel favorable au travail personnel.

Un rythme rigoureux 

Depuis l’installation des élèves au deuxième étage du bâtiment il y a trois semaines, le quotidien est minutieusement ordonnancé. Réveil programmé à 5 h 30, sortie des chambrées à 6 h 20 et petit-déjeuner partagé avec les demi-pensionnaires à l’arrivée des premiers cars. Après les cours qui s’achèvent à 16 heures, les internes retrouvent les assistants d’éducation et les professeurs pour le goûter, rituel cher à l’enseignement agricole, avant d’enchaîner jusqu’à 18 heures sur des ateliers diversifiés : couture, jeux de société, pratique sportive, danse, chant et création d’un club de musique.

Le préfet de Mayotte et le maire de Ouangani ont visité l’internat. Léo Vignal / JDM

Après le dîner, la soirée est dédiée à l’apprentissage des méthodes fondamentales : tenue méthodique d’un classeur, classement des cours, anticipation du travail du lendemain et prise de notes efficace. Des modules de soutien disciplinaire en français et en mathématiques viendront compléter cet encadrement méthodologique. Le vendredi après-midi, les jeunes regagnent leurs familles avant de réintégrer leur chambre le lundi matin.

Pour les élèves montés à la tribune, le changement de vie est radical. Amélie Bragma, scolarisée en première, témoigne de son soulagement. « J’ai choisi l’internat parce que je ne suis plus en retard. Avant, j’avais des absences. À l’internat, je me lève tôt, je suis à l’heure et j’ai des personnes pour m’aider. » Même son de cloche pour Ndéla El Faddaï, qui peinait à faire la navette : « J’ai choisi d’être ici car j’avais des problèmes de bus, j’habite loin. Je préfère rester à l’internat parce qu’on m’aide si j’ai des devoirs à faire. » 

Fierté architecturale 

Présent pour visiter les chambrées remarquablement entretenues par les élèves, le préfet Frédéric Poisot a souligné l’exemplarité de la construction, qui met notamment en valeur la brique de terre compressée issue de l’artisanat industriel mahorais : « On voit qu’il y a une qualité dans la construction qui est au rendez-vous, avec des espaces fonctionnels et beaux.

Le préfet de Mayotte a longuement échangé avec les lycéens. Léo Vignal / JDM

Les enfants sont bien installés et cela a un effet direct sur la discipline. L’internat d’excellence, c’est l’apprentissage du vivre-ensemble et de l’organisation. » Évoquant son propre parcours d’ancien interne, le représentant de l’État a invité les élèves à faire leur la maxime du maréchal Lyautey. « L’essentiel est de savoir ce que l’on veut et où l’on va. Croyez en vous, prenez soin de ces lieux faits pour vous. »

Le maire de la commune a lui aussi salué l’avènement de cet outil moderne, rappelant l’époque où les lycéens devaient rallier Coconi dans les fameuses camionnettes de transport brousse. Soulignant que la circulation sur l’île oblige encore des adolescents à se lever dès 3 heures du matin, l’édile a appelé de ses vœux la création de futurs internats pour accompagner le développement du pôle universitaire de Dembéni.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.

Quatre enseignants jugés après une pétition accusant une inspectrice de harcèlement

Entre le 16 janvier et le 2 février 2026, quatre enseignants sont accusés d’avoir participé à la diffusion de propos jugés diffamatoires envers une inspectrice de l’Éducation nationale. À l’audience, chaque partie a défendu sa version des faits.

« On pouvait difficilement avoir mieux », au CHM, des avancées pour les brancardiers après deux jours de grève

Après une matinée de négociations avec la direction du Centre hospitalier de Mayotte, les brancardiers et ambulanciers grévistes ont obtenu plusieurs avancées sur les heures supplémentaires et les interventions SMUR. Mais des points de désaccord demeurent, notamment sur les retours à domicile et certaines tâches effectuées à la morgue.

(NE PAS PDF) Avec Batimat, Mayotte veut faire valoir ses solutions pour construire durablement

Pour la première fois, les acteurs ultramarins de la construction durable disposeront d'un espace dédié au salon Batimat, du 28 septembre au 1er octobre, qui se tiendra à Paris. Parmi eux, Art.Terre Mayotte présentera son travail autour de la brique de terre comprimée et des matériaux biosourcés et géosourcés.