« On veut des réponses claires ! », scande un salarié des Apprentis d’Auteuil Mayotte (AAM). Aux alentours de 8h30, ce jeudi 18 juin, une vingtaine de manifestants s’étaient réunis devant le siège du Département-Région de Mayotte.
Parmi eux, des représentants syndicaux de Force ouvrière et des employés des AAM. Ils réclament tous la même chose : « Rencontrer des membres du département, pour s’expliquer sur l’absence de réponse à l’appel à projets des maisons départementales de l’enfance (MDE) », expliquent-ils.

Depuis plusieurs semaines, les salariés des Apprentis d’Auteuil Mayotte sont engagés dans un mouvement de tension sociale autour de la situation de l’emploi au sein de la structure, dans un contexte de projet de réorganisation et de menaces de licenciements économiques.
Pourtant, d’après la direction des Apprentis d’Auteuil Mayotte, une trentaine de postes aurait pu être sauvés grâce à un appel à projet du Département auquel elle a répondu il y a sept mois. « Nos patrons nous avaient dit que le projet allait aboutir et que certains employés pourraient être reconduits. Mais nous avons appris hier que le projet est finalement caduc », fustige un manifestant. En effet, d’après les manifestants, la direction des AAM aurait informé son personnel que le Département aurait dépassé les six mois réglementaires pour répondre favorablement ou non au projet. « C’est pour cela que nous manifestons aujourd’hui, on veut faire entendre notre voix et que le conseil départemental nous explique pourquoi il n’a pas donné signe de vie depuis des mois ».
D’après Arkaddine Abdoul-Wassion, secrétaire général du syndicat FO à Mayotte et coorganisateur de la manifestation, l’explication serait « une mauvaise gestion de l’argent de la part du Département qui lance des appels à projets à la pelle sans avoir les moyens de les financer ou en utilisant l’argent destiné à d’autres choses. Le Département doit maintenant nous expliquer où est passé l’argent ».
Le syndicaliste n’exclut pas d’autres manifestations dans les prochains jours si la situation ne change pas, dont peut-être une devant la préfecture. « Hier on était aux Apprentis d’Auteuil, aujourd’hui on est au département. Demain ou après-demain… ».
Léo Vignal


