Écoliers, collégiens et lycéens ont été mis à l’honneur ce mercredi 3 juin lors d’une cérémonie organisée par l’Académie de Mayotte au Centre de Formation Académique d’Iloni pour récompenser les lauréats académiques du concours Médiatiks 2026.
Journaux, podcasts, WebTV, photoreportages

Organisé par le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI), ce concours met en lumière les réalisations médiatiques des élèves dans les établissements scolaires. À travers la création de journaux, de podcasts, de WebTV ou encore de photoreportages, les participants découvrent les métiers et les méthodes du journalisme. Cette démarche vise à renforcer leur éducation aux médias et à l’information en les sensibilisant à l’analyse de l’actualité, à la vérification des informations et à la production de contenus rigoureux et responsables.
Dans la catégorie journal imprimé ou en ligne, les jurys ont récompensé « L’Écho de Barakani » de l’école Barakani 2, « Le Cri du baobab » du collège de Bouéni et « Le Petit Terrien » du lycée polyvalent de Petite-Terre.
Pour la catégorie podcast, les distinctions sont revenues à « Jilawanatsa » du collège Marcel-Henry de Tsimkoura et à « Radio 101, la radio des lycéens de Dembéni » du lycée de Dembéni.
Côté WebTV, « Nidem TV » de l’école de Dembéni, « Techno Média Koungou » du collège Frédéric-d’Achery et « Les Vidéos Makers » du lycée polyvalent de Petite-Terre ont été récompensés.
Enfin, dans la catégorie photoreportage, les prix ont été attribués à « La mangrove post-Chido », réalisée par la classe média du collège Frédéric-d’Achery à Koungou, ainsi qu’à « Découverte de la richesse naturelle et culturelle de Mayotte » du lycée polyvalent de Petite-Terre.
La WebTV de l’école élémentaire Dembéni 2 lauréat du concours national

Tour à tour, les lauréats présents ont présenté leurs réalisations aux autres participants, revenant sur les thèmes abordés et les différentes étapes de leur travail. Dans le public, quelques élèves, téléphone à la main, ont capturé les temps forts de la cérémonie. Parmi eux, un écolier de l’école élementaire de Dembéni 2, dont la WebTV « Nidem TV » a remporté le prix académique de Mayotte mais aussi le prix national du concours. Le projet avait déjà remporté l’édition précédente.
« Nidem TV c’est un vrai journal télévisé avec les élèves qui jouent tous les rôles de journalistes du début à la fin », explique Hanaffi Manoissafa, enseignant à l’origine du projet il y a six ans, fier de sa classe de 28 élèves. « Ils écrivent les textes, ils enregistrent la voix off du journal, celle de la présentation », précise-t-il.
« Les journaux portent sur tout ce qui peut impacter et ce qui valorise l’établissement, les choses qui se passent dans l’école, mais aussi les sorties scolaires. Par exemple, hier, on s’est rendu avec une classe dans la mangrove pour un projet pédagogique et les élèves ont filmé la sortie », ajoute le professeur. « Le but est de permettre aux enfants de s’exprimer, de parler à l’oral mais aussi de faire de la déscription d’images, d’utiliser une caméra ».
Un manque de moyens pour se rendre à la cérémonie

Malheureusement pour les élèves, impossible de se rendre à la cérémonie nationale à Paris le 10 juin prochain, faute de moyens alloués. Malgré les démarches réalisées auprès des différents partenaires, entreprises, mais aussi le rectorat, le trajet en avion n’a pu être financé. Une décéption « surtout pour les élèves », mais pas de quoi casser le moral du groupe, qui reçevra le trophée et les récompenses par voie postale.
Autre bémol, le matériel utilisé jusqu’à présent par les élèves est celui de leur professeur. « J’espère que j’ai encore de la place pour faire des vidéos », répond d’ailleurs l’enseignant à un élève qui lui demande de l’aide pour filmer. Une liste de matériel va bientôt être envoyée aux inspecteurs, souligne l’enseignant, afin de mettre à disposition de la circonscription des outils en commun.
Un kit radio ou TV avait toutefois été envoyé aux établissements et aux professeurs participant aux concours, selon un autre enseignant.
« Le Cri du Baobab », un journal imprimé, digne de professionnels

Un peu plus loin, Jennifer Reusa, professeure documentaliste au collège de Bouéni, tient dans ses mains les différents exemplaires du journal « Le Cri du Baobab », en réfèrence au grand baobab qui trône dans la cour de l’établissement. Un journal papier de plusieurs pages, contenants différentes rubriques, chroniques et reportages réalisés par les élèves.
« Ce sont des élèves volontaires de tous les niveaux qui, sur leur temps libre, ont réalisé les différentes éditions », explique-t-elle. « Tous les mois on organise une conférence de rédaction pour définir le thême du journal. Il y a des « news », des chroniques littéraires, jeux vidéos, cinéma, des recettes de cuisine « healthy et locales », des interviews de professeurs, de surveillants, une rubrique sur la séxualité et des dossiers plus approfondis ».

Un travail important qui leur a permis de se hisser en finale du concours national. Les élèves ont remporté un abonnement d’un an pour un journal en ligne, ainsi que deux albums de Reporter Sans Frontières. Oum-Rania, élève en classe de quatrième, et ses camarades espèrent maintenant remporter la première place du prix national l’année prochaine. « Il faut faire plus d’articles, plus de chroniques de la vie de tous les jours, des interviews aussi et montrer ce qu’il se passe en dehors du collège ! », insiste la collégienne. Leur 5ème numéro sortira prochainement et sera consultable sur le site du collège de Bouéni, sur le thême de l’égalite fille-garçon.
Autant de projets qui font naître de futures vocations parmi les candidats. « J’ai beaucoup aimé réaliser ces journaux et ce métier de journaliste m’intéresse car on est en contact avec les gens, c’est un métier social », assure Oum-Rania, « je pense qu’à Mayotte il manque un média pour les jeunes », remarque-t-elle, pleine d’ambitions.
« Depuis toute petite, j’ai toujours aimé le métier de journaliste. Ça me permet de partager avec les autres, de s’enrichir soi-même. Ce que je préfère, c’est l’écrit », confie Youmna, 18 ans, lycéenne au lycée de Petite-Terre, « j’aime les gens, j’aime communiquer ».
Donner un maximum d’outils aux élèves

Les collégiens du collège Frédéric d’Achery de Koungou, ont également brillé lors des concours, dans les catégories WebTV et Photoreportage. Des prix qui récompensent un réel dynamisme dans l’établissement sur les médias et les nouvelles technologies. Le collège propose une classe « médias » et une classe « des motivés », avec des activités variées allant de la technologie aux drones. Seize élèves participent à des ateliers de formation aux médias et au numérique afin de leur apporter des compétences techniques et scientifiques en complément de leur parcours scolaire. Réalisation d’interviews, radio scolaire, web TV, podcasts ou encore la réalisation de vidéos autour de thèmes citoyens, les élèves touchent à tout.
L’objectif affiché par les enseignants est de donner aux élèves un maximum d’outils pour la suite de leur scolarité et de valoriser leurs productions, notamment via la chaîne YouTube de l’établissement.
Tous ces projets illustrent l’esprit du concours et son objectif de valoriser l’éducation aux médias et à l’information. « 70% des élèves expliquent qu’ils s’intéressent plus à l’actualité après avoir été sensibilisés à l’information et avoir fait de l’éducation aux médias », explique la journaliste Abby Said Adinani présidente de l’association « l’Effet Pelapelaka ». « C’est important de permettre aux jeunes de savoir qu’est ce qu’une information, comment se protéger, comment ne pas diffuser de fausses informations ».
Victor Diwisch


