Réunies sur la place de la République ce mercredi matin, des dizaines de femmes sont venues présenter leurs activités, partager leurs parcours et découvrir les dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise.

Les Audacieuses de l’Adie, vitrine de l’entrepreneuriat féminin

Réunies sur la place de la République ce mercredi matin, des dizaines de femmes sont venues présenter leurs activités, partager leurs parcours et découvrir les dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise.

Sur l’île, l’entrepreneuriat féminin est déjà bien ancré dans le quotidien. Dans les marchés comme dans les petits commerces, les femmes sont nombreuses à faire tourner des activités. Mais malgré cette présence forte, beaucoup restent encore éloignées des dispositifs d’accompagnement ou des financements, faute d’information ou de repères clairs.

Ce mercredi matin, cette réalité s’est retrouvée au centre de Mamoudzou. Tout au long de la matinée, plusieurs entrepreneuses ont exposé leurs produits et raconter leurs parcours. À leurs côtés, des structures d’accompagnement comme la BGE étaient présentes pour répondre aux questions des visiteurs souhaitant se lancer dans l’aventure.

« Nous organisons chaque année cette semaine pour promouvoir l’entrepreneuriat partout en France et dans les Outre-mer. Cette année, le thème est l’entrepreneuriat au féminin », explique Tamara Guistinati, directrice territoriale de l’Adie à Mayotte. L’objectif de cette journée était de mettre en lumière des femmes accompagnées par la structure, mais aussi de créer un espace d’échanges.

Les freins du quotidien et les réponses de l’Adie 

Toutes les femmes présentes ont été accompagnées par l’association. Léo Vignal / JDM.

Lors de la table ronde, plusieurs freins ont été évoqués. Le premier reste l’accès au financement, mais d’autres obstacles persistent.

« Il y a souvent un sentiment d’imposture, le fait de penser qu’on n’est pas capable de se lancer. Il y a aussi la difficulté de concilier la vie familiale et la vie professionnelle, ainsi que le manque de soutien », souligne la responsable. Pour répondre à ces difficultés, l’association mise sur l’accompagnement et le financement. En 2025, elle a ainsi financé plus de 1.050 personnes à Mayotte, dont près de 650 femmes.

L’Adie pourrait également renforcer son accompagnement auprès de publics plus fragiles. Sollicitée par l’Association pour la condition féminine et l’aide aux victimes (ACFAV), la structure s’est dite prête à développer des actions directement auprès des femmes accompagnées.

« Nous sommes convaincus que l’entrepreneuriat est un levier d’insertion économique et sociale. Bien évidemment, nous allons répondre positivement à leur demande et intervenir directement dans leurs locaux », indique Tamara Guistinati.

Des parcours qui influencent 

Kalathoumi Hamada Madi, sollicite régulièrement les financements de l’Adie. Léo Vignal / JDM.

Parmi les exposantes présentes figurait Razia Simba-Ali, fondatrice de Simba Agriculture. Sur son étale, les visiteurs pouvaient découvrir des épices transformées localement, des huiles à base d’ylang-ylang et de coco, ou encore des confitures réalisées à partir de fruits de saison.

« L’Adie m’a aidée plusieurs fois. Avant le Covid, quand j’étais en difficulté, puis après la crise sanitaire et encore après le cyclone Chido pour relancer mon activité », raconte-t-elle.

Même constat du côté de Kalathoumi Hamada Madi, à la tête de l’entreprise Hippocampe Nature, spécialisée dans la fabrication de savons artisanaux à base de plantes locales comme le moringa et le curcuma. Son laboratoire ayant été endommagé par Chido, elle a également bénéficié du soutien de l’Adie pour relancer son activité.

« Ça montre aux femmes qu’il ne faut pas avoir peur d’oser. C’est notre île, à nous de l’enrichir et de la faire avancer. Beaucoup ont déjà un petit commerce mais ne savent pas forcément vers qui se tourner pour être accompagnées ».

Des démarches perçues comme un obstacle

L’événement s’est tenu sur la place de la République à Mamoudzou. Léo Vignal / JDM.

Razia Simba-Ali, estime que certaines femmes hésitent à entreprendre à cause des démarches administratives ou des justificatifs demandés pour accéder à certaines aides. Selon elle, ces formalités ne doivent pas être vues comme un obstacle insurmontable.

« Les aides nécessitent des documents administratifs. Quand on est à jour dans ses cotisations et qu’on fournit ce qui est demandé, il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir bénéficier d’un accompagnement », explique-t-elle.

Dans les allées, plusieurs visiteuses étaient venues par curiosité mais aussi pour trouver des réponses à leurs propres projets. Halima, rencontrée sur place, repart avec de nouvelles idées pour son business de tenues traditionelles. « Nos mamans ont toujours eu le sens du commerce. Il faut continuer sur cette voie et arrêter de se mettre des barrières. On ne peut pas savoir si une idée fonctionne tant qu’on ne l’a pas essayée ! ».

Shanyce MATHIAS ALI.

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