Réunis à Dembéni, acteurs institutionnels et de la formation ont dressé un bilan du CPRDFOP et discuté des priorités dans un contexte économique et social marqué.

« Les problèmes ne sont abordés qu’en surface », des réserves exprimées lors d’un séminaire à Dembéni

Réunis à Dembéni, acteurs institutionnels et de la formation ont dressé un bilan du CPRDFOP et discuté des priorités dans un contexte économique et social marqué.

Le Département-Région de Mayotte et le CARIF-OREF ont organisé, les 22 et 23 avril 2026 à la Technopole de Dembéni, un séminaire consacré au Contrat de Plan Régional de Développement de la Formation et de l’Orientation Professionnelles (CPRDFOP). Cette rencontre visait à dresser un bilan des actions engagées entre 2023 et 2027 et à tracer des perspectives dans un territoire confronté à un chômage élevé et à des difficultés économiques persistantes.

Un temps de bilan et de coordination entre acteurs

Le séminaire était organisé par le Département-Région de Mayotte et le CARIF-OREF. Léo Vignal / JDM

La première journée a été consacrée à une séquence de conférences et de tables rondes autour du suivi du CPRDFOP. Après une ouverture institutionnelle assurée par le Département-Région et l’État, les échanges ont porté sur les avancées et les freins identifiés dans la mise en œuvre du plan.

Une large part de la matinée a été dédiée à la présentation d’un bilan illustré par des supports de type diaporamas, complétés par la diffusion de vidéos mettant en avant des actions jugées significatives ainsi que des témoignages d’acteurs du terrain. Un temps d’échanges a suivi cette séquence.

Dans l’après-midi, trois tables rondes ont abordé respectivement l’usage de la donnée dans les politiques publiques, les enjeux de l’orientation et de l’accompagnement des publics à Mayotte, et le rôle du développement des compétences dans la transformation économique du territoire. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre acteurs de l’emploi, de la formation et de l’orientation, dans un contexte où les besoins en compétences restent importants.

Des divergences d’appréciation lors des ateliers 

Youssouf Moussa, directeur du GIP CARIF-OREF et co organisateur du séminaire. Léo Vignal /JDM

La deuxième journée a pris la forme d’ateliers thématiques consacrés à la synergie des financements, à l’orientation des publics et à la coopération entre acteurs de l’EFOP. Ces ateliers ont donné lieu à des restitutions collectives visant à formuler des pistes d’actions et des recommandations opérationnelles.

Sur le terrain, plusieurs participants ont toutefois rappelé les contraintes structurelles auxquelles ils sont confrontés, dans un territoire où le chômage reste élevé (29% en 2025, d’après les données de l’INSEE) et où les effets du cyclone Chido continuent d’impacter l’économie locale.

Certaines prises de parole ont exprimé des réserves sur la portée concrète des échanges. Un chercheur en économie du développement, interrogé lors du séminaire, estime que « cet événement sert à valoriser le territoire, mais aucune proposition ne correspond aux réalités du terrain. Personne ne parle de changement structurel, les problèmes ne sont abordés qu’en surface ». Un responsable de formation dans le secteur médico-social a, pour sa part, déclaré : « De nombreux organismes forment uniquement pour former, un peu à l’aveugle, sans perspectives de débouchés ». 

Du côté des opérateurs institutionnels, le directeur du GIP CARIF-OREF, Youssouf Moussa, a qualifié ces deux journées de « réussite » car, d’après lui, « les acteurs ont trouvé de l’intérêt à consacrer du temps pour qu’on puisse travailler ensemble et avancer ensemble ». Le directeur général de Transitions Pro Mayotte a également estimé que ces échanges ont permis aux différents « opérateurs d’optimiser et de créer une synergie d’action pour faciliter la reconstruction de Mayotte post-shido via la formation, la motocompétence des salariés, passant également par une coordination d’action ». 

Entre volonté de structuration et interrogations sur l’adéquation des dispositifs aux réalités locales, les échanges ont mis en lumière des divergences autour de l’efficacité des politiques de formation à Mayotte.

Léo Vignal et Mathilde Hangard

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