À l’occasion de ses 20 ans, l’association Hip Hop Évolution organise la onzième édition de son festival itinérant à travers différentes communes de Mayotte.

« Un jeune qui danse est un jeune qui n’est pas délinquant », défend la directrice de Hip Hop Évolution

À l’occasion de ses 20 ans, l’association Hip Hop Évolution organise la onzième édition de son festival itinérant à travers différentes communes de Mayotte.

Il est difficile de résumer l’action de Hip Hop Évolution en une seule phrase. Son président, Abdallah Haribou, et sa directrice, Sophie Huvet, définissent d’ailleurs la structure comme un véritable « mouvement ». L’organisation promeut les arts vivants, la jeunesse et la mixité. Née en 2005 en Bretagne sous l’impulsion d’un collectif de jeunes Mahorais, elle célèbre aujourd’hui ses deux décennies d’existence, une occasion de revenir sur son parcours.

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Le paradis des Makis est un lieu de création culturel au milieu de la nature. Léo Vignal / JDM

En vingt ans, elle a généré plus de 58 emplois et accueilli plus de 5 000 personnes en résidence, en stage ou en formation. Implantée à Mayotte depuis 2010, elle s’est installée au Paradis des Makis, à Iloni, il y a cinq ans.

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Abdallah Haribou, cofondateur et président de l’association Hip Hop Évolution. Léo Vignal / JDM

En 2013, Hip Hop Évolution a fait rayonner le territoire en remportant le Battle of the Year à Montpellier, l’une des plus prestigieuses compétitions de danse urbaine en France. C’était la première fois qu’un territoire ultramarin s’imposait dans un événement d’une telle ampleur. Malgré ces succès, la situation financière de la structure est aujourd’hui critique.

Si elle peine à pérenniser les aides du Département-Région au fil des années, cela ne l’empêche pas de maintenir, chaque mois de mai, ce grand rendez-vous annuel dans l’ensemble des communes mahoraises.

Un développement culturel de proximité

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Les danseurs s’entraînent parfois plusieurs années pour réussir une figure de danse. Léo Vignal / JDM

L’objectif est d’insuffler la culture dans chaque recoin de l’île. Différents « crews » (groupes) se produisent dans les villes, tandis que les municipalités apportent en contrepartie un soutien logistique ou financier. Chaque troupe est composée de jeunes venus de divers horizons de l’océan Indien.

« Un jeune qui danse est un jeune qui n’est pas délinquant », souligne Sophie Huvet. « Le but est d’impulser une dynamique sociétale et d’offrir aux jeunes sortis du cadre scolaire une alternative de vie ». Tout au long de l’année, des cours et des stages sont organisés afin de préparer les élèves à la scène. L’association collecte des fonds pour les danseurs participant au festival, puis leur reverse ces sommes pour financer leurs futurs projets artistiques.

Si tous les spectacles sont gratuits pour le public grâce à des partenariats publics et privés, l’événement ne se limite pas à la danse. Le hip-hop englobe également la musique et les arts graphiques : les jeunes bénéficient de formations pour composer l’univers sonore de leurs shows ou créer les décors. L’objectif est de laisser libre cours à leur imagination. Des équipes féminines et masculines se relaieront sur scène pour une édition inclusive qui s’annonce haute en couleurs.

Léo Vignal

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