L’embarcation de fortune a chaviré près des côtes d’un village de l’île de Mwali. Les villageois et une association locale organisent les premiers secours de ces migrants logés provisoirement dans une école en attendant les consignes des autorités.

Comores : une quarantaine de migrants interceptés, un mort

L’embarcation de fortune a chaviré près des côtes d’un village de l’île de Mwali. Les villageois et une association locale organisent les premiers secours de ces migrants logés provisoirement dans une école en attendant les consignes des autorités.

Les drames de migrants se multiplient aux Comores. Samedi 18 avril, un contingent a été intercepté à Mwali, la petite île de l’archipel. Les migrants, au nombre de 45, ont été secourus par des volontaires après « trois jours en mer », selon le journal comorien Al-watwan qui évoque « deux enfants de moins de trois ans ainsi qu’une femme enceinte » parmi les personnes identifiées dans une embarcation de fortune près des cotes d’un village nommé Hamavouna.

La faim et l’épuisement

Il s’agit, selon les premières informations de migrants d’origine tanzanienne, burundaise et kenyane. « Ces migrants auraient été déposés la veille, samedi 18 avril, sur la plage de Daani, une petite crique sablonneuse située à quelques mètres de Hamavuna », souligne le journal qui ajoute que les migrants « auraient quitté leur point de débarquement, poussés par la faim et l’épuisement, dans l’espoir de trouver de l’aide ». 

Seulement, au cours de l’opération de sauvetage, l’un des migrants aurait pris peur et s’est jeté dans l’eau, selon un témoin qui explique que les infortunés ont été « coincés entre la marée haute et une falaise rocheuse, ils ont tenté de traverser une zone dangereuse » et que la personne décédée « aurait glissé et chuté dans la mer. Il ne savait pas nager ». 

18 migrants morts en mars dernier aux Comores

Le corps a été inhumé par les habitants du village dans la soirée. Les autres migrants ont été pris en charge par le village. Des salles de classes ont été réquisitionnées pour les accueillir. L’association Ulanga a lancé un appel à la solidarité pour venir en aide à ces migrants. « Nous avons mobilisé les femmes du village pour qu’elles partagent ce qu’elles avaient », a indiqué Nabouhane Madi, l’un des responsables de cette association locale.

Cette interception intervient, un mois jour pour jour, après un drame de migrants ayant fait 18 victimes dans l’archipel. Les complices, qui opèrent principalement depuis la Tanzanie et l’Ouganda, travaillent en bande criminelle pour arnaquer des centaines de personnes, originaires de la région des Grands Lacs qui embrassent le rêve de toucher l’Europe via Mayotte.

Abandonnés près des côtes comoriennes, les migrants croient arriver sur les rives de l’île au lagon avant de découvrir la malheureuse réalité. Si les Comores disposent déjà d’un cadre législatif régissant la gestion des migrants, l’archipel ne dispose pas assez de moyens pour prendre en charge ces migrants. Ces derniers disparaissent souvent dans la nature.

A.S. Kemba

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