L’État a inauguré à Mayotte un nouvel intercepteur destiné à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine en mer.

Njörd : un nouvel intercepteur pour renforcer la police aux frontières mahoraise

L’État a inauguré à Mayotte un nouvel intercepteur destiné à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine en mer.

Sur le quai Ballou, en Petite-Terre, le préfet du département, François-Xavier Bieuville, et des représentants de la police maritime, ont présenté ce jeudi 16 avril un nouvel intercepteur intégré aux moyens de la Police aux frontières (PAF). Cet événement s’inscrit dans la stratégie de renforcement des capacités de surveillance et d’interception en mer, dans un territoire où la lutte contre l’immigration clandestine constitue l’un des principaux axes d’action de la préfecture.

L’État met en avant un investissement présenté comme structurant pour les années à venir, avec la livraison progressive de plusieurs unités identiques et une modernisation des moyens navals et technologiques.

Un renforcement des moyens en mer

Mayotte, PAF, intercepteur,
La cérémonie d’inauguration avait lieu sur le quai Ballou en Petite-Terre. Léo Vignal / JDM.

Cet après-midi, l’inauguration du nouvel intercepteur Njörd a été l’occasion pour les autorités de présenter les caractéristiques de ce navire destiné aux opérations d’interception en mer. Le coût unitaire est annoncé à 800 000 euros. Selon les éléments communiqués, 13 modèles identiques devraient être opérationnels d’ici 2027 dans le cadre du plan de renforcement des moyens maritimes.

La principale évolution technique de ce nouveau modèle réside dans sa motorisation. Alors que les anciens intercepteurs disposaient de deux moteurs de 300 chevaux, celui-ci en compte désormais trois. Cette configuration doit permettre une meilleure réactivité en mer, notamment pour intercepter plus rapidement les embarcations (kwassa) utilisées pour des traversées clandestines.

Un dispositif de moyens et de résultats en forte progression

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Le Njörd, nouveau navire intercepteur mis en service. Léo Vignal / JDM.

Au-delà de la modernisation des équipements, les autorités mettent en avant une montée en puissance globale des moyens et des résultats opérationnels sur le territoire.

En matière de lutte contre l’immigration clandestine, les services de l’État ont recensé 23 421 éloignements du territoire en 2025, soit une hausse de 21,6 % par rapport à 2024. La dynamique se poursuit en 2026, avec 6 694 éloignements enregistrés au 12 avril, en augmentation de 19,9 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Cette politique s’accompagne d’investissements financiers importants. 8 millions d’euros sont consacrés à la création d’un atelier mécanique nautique dans le cadre du plan « Uhura Wa Shaba » (« Mur de fer »), tandis que 62 millions d’euros sont prévus pour la construction de nouveaux bâtiments de rétention administrative. À cela s’ajoutent 2,8 millions d’euros destinés à des expérimentations d’une solution de radar côtier renforcée par l’intelligence artificielle.

Les moyens humains et opérationnels sont également renforcés. Pour l’année 2026, 1 710 heures de surveillance aérienne sont financées, complétées par 1,3 million d’euros pour la création d’un réseau de stations autonomes de drones. Enfin, 4,9 millions d’euros sont engagés pour la construction de nouveaux bâtiments de la Police nationale à Mayotte.

Un dispositif politique assumé par l’État

Dans cette logique, l’État insiste sur une montée en puissance progressive de ses capacités opérationnelles, intégrant à la fois des moyens navals modernisés et, à terme, des dispositifs complémentaires comme les drones.

Lors de son discours, le préfet de Mayotte a défendu la cohérence de cette politique de renforcement. « Pour tous les esprits grincheux que j’entends ici ou là, qui se permettent de dire de façon hasardeuse que Wuambushu n’a pas de concrétisation, eh bien si, nous avons une concrétisation, en espèces sonnantes et trébuchantes, avec des navires de cette nature ; les prochains arriveront prochainement », s’est-il exclamé.

Quelques mois plus tôt, la députée du Rassemblement national, Anchya Bamana, avait critiqué les dispositifs de surveillance maritime, estimant que les moyens annoncés pour la sécurisation des frontières maritimes de Mayotte n’étaient pas encore pleinement déployés, notamment les radars, drones et intercepteurs.

La préfecture mise aussi sur les drones

Au-delà des intercepteurs, l’État prévoit également le déploiement de nouveaux drones dans son arsenal de surveillance. Ces équipements doivent, à terme, compléter voire remplacer certains moyens aériens jugés plus coûteux, notamment les avions de surveillance actuellement utilisés.

Cette évolution technologique s’inscrit dans une volonté affichée d’optimisation des coûts et d’efficacité opérationnelle. L’objectif annoncé par le préfet est ambitieux : atteindre 35 000 voire 40 000 reconduites à la frontière à l’horizon 2027.

Mathilde Hangard et Léo Vignal

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