Plusieurs établissements autorisent désormais les étudiantes à s’absenter en cas de règles douloureuses, et à Mayotte, cette initiative suscite déjà un réel intérêt.

Un congé pour les règles : les universités françaises prennent le pas 

Plusieurs établissements autorisent désormais les étudiantes à s’absenter en cas de règles douloureuses, et à Mayotte, cette initiative suscite déjà un réel intérêt.

Depuis quelques mois, plusieurs universités françaises expérimentent ou envisagent la mise en place d’un congé menstruel pour les étudiantes. À Toulon, Metz ou La Rochelle, certaines permettent déjà jusqu’à 15 jours d’absence par an pour celles souffrant de règles particulièrement douloureuses.

Les universités françaises avant-gardistes 

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Beaucoup de jeunes femmes en études supérieures souffrent de règles douloureuses (photographie d’illustration)

Ces initiatives répondent à un problème largement répandu. En France, selon une étude de l’Inserm sur plus de 21 000 femmes âgées de 18 à 49 ans, 9 femmes sur 10 ressentent des douleurs pendant leurs règles, et 4 sur 10 les jugent modérées à sévères, au point de perturber le quotidien, les études ou le travail. Une enquête Ifop confirme que plus de la moitié des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans souffrent également de dysménorrhée, entraînant absences et difficultés scolaires. Une étude menée chez des adolescentes françaises montre d’ailleurs que plus de la moitié ont déjà manqué des cours à cause de crampes, et que beaucoup ont du mal à suivre ou à se concentrer.

C’est précisément pour répondre à ces situations que certaines universités ont choisi de formaliser un congé menstruel. Les modalités varient selon les établissements : certaines exigent un certificat médical, d’autres sont plus flexibles. Pour des situations spécifiques, comme l’endométriose, des aménagements particuliers peuvent être proposés. Ces congés couvrent cours magistraux, travaux dirigés, travaux pratiques et examens, afin que la douleur ne compromette ni la santé ni la réussite des étudiantes.

Un sujet encore tabou mais attendu à Mayotte

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La Croix-Rouge, présentait le système des culottes menstruelles aux jeunes filles du collège de Doujani en mai 2024.

À Mayotte, le sujet des règles reste largement tabou, et la précarité menstruelle touche de nombreuses adolescentes. En mai 2024, la Croix-Rouge est intervenue au collège de Doujani pour présenter le système des culottes menstruelles aux jeunes filles, sensibilisant ainsi à cette question encore trop souvent passée sous silence.

Pour l’instant, l’Université de Dembéni, fermée pour les vacances scolaires, n’a communiqué aucune information sur un éventuel congé menstruel. Mais l’initiative suscite déjà de l’intérêt.  Anaïs Saïd, mère de famille, se montre enthousiaste à l’idée : « Moi j’ai une jeune fille au lycée, et ça lui arrive de manquer les cours à cause de ses règles douloureuses. Ici souvent les gens n’y croient pas donc si ce dispositif arrive à l’université de Mayotte, ça serait top, ça pourrait aider à normaliser le sujet ».

Du côté des étudiantes, le constat est le même. Faïna Madi confie : « Franchement, moi je trouve ça trop bien. Parfois je me plie en quatre mais je dois quand même aller au, sinon je risque de perdre ma bourse. On souffre en silence, même si c’est qu’une dizaine de jours par an, c’est déjà un début  ». Elle a quand même souligné le fait que ce dispositif devrait être bien encadré et organisé. Même avis chez les hommes sensibilisés au sujet : « C’est bien pour nos enfants, nos mères, nos sœurs. Avant, on n’en parlait pas, mais il faut évoluer et venir en aide aux femmes qui souffrent. Ça devrait même être mis en place dans le monde du travail », a expliqué un père de famille.

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Des lycéens invités à essayer un simulateur de douleur menstruelle.

Pour rappel, le congé menstruel a déjà été débattu au niveau national. En février 2024, une proposition de loi visant à l’instaurer dans le cadre professionnel a été examinée au Sénat, mais n’a pas été adoptée. Si le texte n’a pas abouti, il a néanmoins relancé les discussions sur la reconnaissance des douleurs menstruelles et leurs impacts sur la vie professionnelle et scolaire.

Shanyce MATHIAS ALI

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