Naftal-Dylan Soibri, réalisateur, explique que le film Maesha constituera « une opportunité de mettre en lumière la culture mahoraise et la richesse du territoire ».

Maesha, le film prometteur qui veut donner une voix aux femmes

Naftal-Dylan Soibri, réalisateur, explique que le film Maesha constituera « une opportunité de mettre en lumière la culture mahoraise et la richesse du territoire ».

Mardi 26 août 2025, la Ville de Mamoudzou a signé une convention avec la société ND Production SARL pour soutenir le projet Maesha, un film annoncé comme résolument féministe, porté par le réalisateur Naftal-Dylan Soibri. La cérémonie, organisée sur l’esplanade derrière l’office de tourisme, devant les grandes lettres urbaines « Mamoudzou », a réuni élus, agents municipaux, professionnels de la culture et médias.

Une convention comme signal politique et culturel

À Mayotte, les quartiers prioritaires évoquent souvent l’image de jeunes garçons plongés dans la violence. Les filles, elles, restent silencieuses : non pas par absence, mais parce qu’elles ne sont jamais celles qui déclenchent les conflits, trop rarement visibles dans les récits de violence qui agitent la société. Ce film leur redonne enfin leur place et leur lumière.

La cérémonie s’est ouverte sous la houlette de Ndéye Fatou Sène Chauveau, Directrice générale adjointe en charge de l’Action territoriale et internationale à la Ville de Mamoudzou. Elle a qualifié l’événement de « symbolique » et rappelé que la signature de cette convention ne constituait pas « seulement un acte administratif », mais incarnait « une politique culturelle ambitieuse ». La Ville s’engage à financer le projet à hauteur de 160 000 euros sur deux ans.

Pour la directrice, « Mamoudzou a fait le choix de l’excellence : éducative, sportive, culturelle ». À travers ce projet, elle souligne l’importance de « former la jeunesse » et de « nourrir un sentiment de fierté d’appartenance ». Elle rappelle que « le cinéma fabrique des mémoires » et présente la convention comme un « signal clair » destiné à susciter des vocations cinématographiques et à favoriser l’insertion sociale, en particulier des jeunes issus des quartiers prioritaires de la commune.

Le réalisateur promet « un film très féminin »

Mayotte, cinéma, Ville de Mamoudzou, Naftal-Dylan Soibri, ND Production SARL,
Naftal-Dylan Soibri veut rendre hommage aux femmes dans son prochain film.

Naftal-Dylan Soibri, déjà auteur du film Koungou sorti en 2024, a pris la parole pour affirmer : « Ce film constitue une opportunité de mettre en lumière la culture Mahoraise et la richesse de notre territoire. Je m’engage à réaliser le plus grand film de ma carrière. »

Il annonce un casting prévu pour 2026, ouvert à tous, et précise avoir besoin de plus de trente acteurs et de nombreux figurants. Surtout, le projet se distinguera par son orientation : « Ce sera un film essentiellement féminin, très différent de Koungou qui avait un casting essentiellement d’hommes. »

Le synopsis évoque une jeune Mahoraise partagée entre traditions, modernité et choix personnels. « J’ai envie de mettre en lumière beaucoup de choses, notamment la place de la femme à Mayotte » raconte le réalisateur. « Il s’agira d’une histoire universelle, d’une histoire d’amour qui pourra résonner bien au-delà de l’île. » 

Une ambition pour la jeunesse et le territoire

Le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, a souligné l’importance du lieu choisi : « Derrière ces lettres urbaines, vous avez le lagon, cet horizon commun, symbole de la jeunesse qui doit être accompagnée. »

Comme pour le film Koungou, sorti en 2024, avec le film Maesha, la Ville de Mamoudzou ambitionne de donner aux jeunes l’envie de se lancer dans le cinéma et de faire naître de nouvelles vocations artistiques.

L’édile espère que le film constituera une véritable opportunité pour les jeunes des quartiers de Tsoundzou, Kawéni, Passamaïnty, Cavani, Vahibé ou encore Mtsapéré. Pour lui, « le rôle de la Ville est d’accompagner ». L’objectif est aussi d’attirer diffuseurs et partenaires afin de faire de Mamoudzou un lieu reconnu pour l’accueil de projets culturels d’envergure.

Enfin, Naftal-Dylan Soibri rappelle qu’il n’existe aucune école de cinéma à Mayotte : « À travers ce film, nous espérons susciter des vocations et former un grand nombre de personnes aux métiers du cinéma. » Au-delà du tournage, Maesha se veut ainsi un levier d’apprentissage, d’émancipation et de rayonnement culturel. Rendez-vous en 2026…

Mathilde Hangard

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

« Des difficultés de gestion » : la Chambre régionale des comptes pointe les fragilités du GIPEAM

Créé en 2021 pour répondre à la crise des fonds européens à Mayotte, le GIPEAM a repris une large part de leur gestion. Dans son rapport d'observations définitives, la Chambre régionale des comptes relève des difficultés dans son organisation, ses ressources humaines et son installation à Tsingoni.

Le Tour de Mayotte en pirogue s’est achèvé à M’tsangamouji après 140 km de pagaie

Pendant quatre jours, quatre moniteurs ont parcouru 140 kilomètres autour de Mayotte à la seule force des bras. De Bandraboua à M'tsangamouji, en passant par Bandrélé et Bouéni, cette première édition du Tour de Mayotte en pirogue a mêlé défi sportif, transmission culturelle et sensibilisation des jeunes au monde maritime.

Le Parlement européen valide une exemption au MACF pour les Outre-mer

Le Parlement européen a largement approuvé, ce 15 septembre...

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.