Même si l'offre de logements est montée en puissance depuis quelques temps maintenant, le rapport sur la stratégie quinquennale pour la refondation de Mayotte constate toutefois que « ces résultats semblent aujourd'hui marquer le pas ». En effet Chido est passé par là, mais pas seulement, puisque "53 logements ont été livrés en 2024, contre 242 en 2023", relève le rapport.

Que prévoit la stratégie quinquennale pour la refondation de Mayotte en termes de logement ?

Même si l'offre de logements est montée en puissance depuis quelques temps maintenant, le rapport sur la stratégie quinquennale pour la refondation de Mayotte constate toutefois que « ces résultats semblent aujourd'hui marquer le pas ». En effet Chido est passé par là, mais pas seulement, puisque "53 logements ont été livrés en 2024, contre 242 en 2023", relève le rapport.

Selon les derniers chiffres, le parc de logements, évalué à 70.300 résidences principales en 2022, comprenait 22.369 habitations de fortune (32 %), majoritairement composées de tôles, et 20.000 logements en dur présentant des défauts graves. Ces constructions en tôle, précaires, souvent érigées sans fondation, après un terrassement sommaire et avec des matériaux légers de mauvaise qualité, sont particulièrement vulnérables, notamment sur des terrains en forte pente.

Mayotte, chido, immeuble, logement, maison, dégâts,
Chido a détruit de nombreux logements, même en dur, lors de son passage.

Aussi, les défis en termes de logement concernent en premier lieu la reconstruction (le premier poste de dégâts causés par le cyclone Chido concerne l’habitat selon la mission inter-inspections) ; mais aussi la démographie galopante, qui engendre un besoin de constructions neuves d’environ 2.000 logements/ an d’ici 2030, « pour une production annuelle (dans les meilleures années) de +/- 1.000 logements neufs décents /an », indique le rapport sur la stratégie quinquennale. La résorption de l’habitat insalubre (en tôles principalement) est également un défi à relever puisqu’une première évaluation liée à cette résorption porte le besoin de logements neufs à 3.000/ an au total d’ici 2030.

Quels sont les objectifs de la stratégie en matière de logement ?

Le plan quinquennal mis en place entend « Augmenter sensiblement la production de logements et répondre à ces besoins, par un véritable choc de productivité ». Il s’agit aussi de « Reconstruire les habitations détruites et loger la population dans un habitat salubre et sûr, doté d’un titre de propriété, au plus tard en 2050 et ainsi faire disparaitre l’habitat insalubre (les bangas) ». En dernier lieu, la stratégie voulue entend « Améliorer le fonctionnement de l’ensemble du marché immobilier et de l’écosystème du BTP » en ajoutant de nouveaux acteurs du BTP et mettre fin aux bidonvilles. L’objectif en 2031 étant de 1.500 logements/ an.

Quels sont les effets attendus ?

Ces différentes mesures devraient permettre, entre autres, d’améliorer les conditions de vie des Mahorais et mettre progressivement aux normes des logements avec en plus une adaptation aux risques naturels. Mais aussi renforcer l’attractivité de Mayotte en capacité de logements permettant ainsi une meilleure maitrise des prix de l’immobilier et des loyers. Autres effets attendus : une amélioration des conditions d’hygiène et de santé publique ainsi qu’un meilleur niveau scolaire des élèves, sans oublier une baisse de l’insécurité et un développement économique pérenne.

Le plan quinquennal va lancer le comité régional construction océan Indien

Pour arriver à cela, il est prévu de « Renforcer la DEALM dans la gestion des crédits et l’instruction des dossiers relatifs aux aides à la pierre (LBU) et poursuivre/renforcer l’accompagnement du ministère chargé du logement dans le développement et l’amélioration de l’offre de logement social ». Le plan quinquennal va lancer le comité régional construction océan Indien prévu par la loi dite « Bélim » du 5 juin 2025, qui a pour objet l’encadrement des loyers en améliorant l’habitat dans les Outre-mer, et qui facilitera l’importation de matériaux et le développement de filières locales. Il est question aussi de lancer une grande campagne de régularisation foncière, « en particulier sur les emprises du Conseil départemental (CD976) pour faciliter les constructions, permettre le recours à l’emprunt pour les particuliers (travaux liés au cyclone Chido avec le PTZ ; achat de la résidence principale) et le développement de l’assurance ».

Par ailleurs, le plan compte établir une planification réaliste et opérationnelle au niveau des deux opérateurs de logements sociaux – la SIM et l’AL’MA – « en lien avec l’accélération des disponibilités foncières ». Il s’agit également d’améliorer la qualité et développer l’adaptation aux normes paracyclonique des habitats privés en auto-construction (par des formations…), ainsi que recourir aux logements dits « hors site » pour accélérer les livraisons, « notamment pour les publics de fonctionnaires, les salariés du privé, l’habitat individuel traditionnel ou encore les hébergements transitoires ».

Quel calendrier ?

Il est ainsi prévu, à compter du mois de septembre et jusqu’en décembre 2025, de « Redéfinir la stratégie de construction en lien avec les différents opérateurs (AL’MA – SIM – EPRD – DGOM – DEALM) ; et, le cas échéant, une mise en œuvre précipitée de la loi Bélim s’agissant de l’encadrement des loyers ».

Des solutions permettant de faire baisser le coût des matériaux de construction devraient être mises en oeuvre

Puis dès l’année prochaine, et durant 2 ans (2026-2027), de définir et mettre en œuvre des solutions permettant de faire baisser le coût des matériaux de construction. Mais aussi de soutenir l’habitat privé, ou encore de financer un Programme d’Intérêt Général (PIG) « Post-Chido », porté par l’Etat. Des études pré-opérationnelles pour des opérations de résorption de l’habitat spontané seront également faites, tout en mettant en place les premières opérations de relogement transitoire.

Enfin, la dernière phase (2027-2031) devrait voir une montée en puissance des constructions et une résorption de l’habitat insalubre. « Les acquisitions foncières vont se poursuivre avec le démarrage des relogements provisoires. A partir de 2028, les travaux opérationnels pourront commencer. Une identification de nouveaux terrains devant permettre d’augmenter la production de logements », indique le rapport sur la stratégie quinquennale.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.