Alors qu’une atmosphère de liesse régnait dimanche soir au sein des leaders des Forces Vives suite aux annonces de Gérald Darmanin, c’est l’inquiétude qui règne ce mardi soir. En effet, si le courrier ministériel tant attendu ne leur est pas encore parvenu, les Forces Vives craignent toutefois que l’abrogation du titre de séjour territorialisé ne soit conditionnée à un changement de constitution long et laborieux…

Les Forces Vives conditionnent la levée des barrages à l’abrogation immédiate du titre de séjour territorialisé

Alors qu’une atmosphère de liesse régnait dimanche soir au sein des leaders des Forces Vives suite aux annonces de Gérald Darmanin, c’est l’inquiétude qui règne ce mardi soir. En effet, si le courrier ministériel tant attendu ne leur est pas encore parvenu, les Forces Vives craignent toutefois que l’abrogation du titre de séjour territorialisé ne soit conditionnée à un changement de constitution long et laborieux…

Saïd Kambi a révélé que la levée des barrages sera soumis à un vote à bulletins secrets qui se déroulera sur les barrages

Suite à quelques premiers échos officieux concernant la concrétisation de leurs revendications, les Forces Vives sont inquiètes. Elles partagent leur préoccupation au sein d’un communiqué envoyé à la presse : « Les Forces Vives peinent à masquer leur profonde préoccupation face à un détournement de la portée de leur principale revendication (NDLR : l’abrogation du titre de séjour territorialisé) et souhaitent des actions fortes (concrètes) du gouvernement ». Les premiers échos obtenus des Forces Vives font en effet état d’un possible conditionnement de l’abrogation du titre de séjour territorialisé à la modification constitutionnelle relative au droit du sol, opération qui, si elle voit le jour, sera de toute façon longue et complexe. « Comme convenu lors des négociations, la suppression du titre de séjour territorialisé ne doit en aucun cas être lié à un quelconque souhait de réviser la Constitution pour y insérer la suppression du droit du sol », peut-on lire dans le communiqué des Forces Vives.

Une abrogation par décret présidentiel ?

Pour elles, la suppression du titre de séjour territorialisé doit être rapide voire immédiate et, pour cela, elle doit passer par un décret présidentiel et non via un long et laborieux processus législatif. C’est la condition sine qua non à la levée des barrages. Les Forces Vives précisent également que « Pour rappel, la suppression du droit du sol, pour louable qu’elle soit, n’a jamais constitué une revendication exprimée par les Forces Vives » et ajoutent par ailleurs « qu’il est souhaitable que la fin du titre de séjour territorialisé soit totalement décorrélé du projet de loi Mayotte ».

Pour les Forces Vives, le titre de séjour territorialisé est « un levier qui maintien l’insécurité à Mayotte »

Le courrier du gouvernement devrait parvenir aux élus dans la soirée. Les Forces Vives ont déclaré vouloir le décortiquer avec soin avec l’aide de leurs propres juristes pour être sûres de ne pas « se faire berner par le gouvernement » avant d’envisager une levée des barrages.

Combien de temps ce « décorticage » prendra-t-il ? Aucun membre des Forces Vives n’a été en mesure de le dire. En tout cas, le mouvement se poursuit demain à Pamandzi par un nouveau congrès des Forces Vives (3 congrès ont été prévus en tout). A cette occasion, les barrages seront à nouveau allégés comme à chaque manifestation du mouvement. Cela permettra peut-être aux habitants de Mayotte de pouvoir souffler un peu en attendant la suite des évènements !

Nora Godeau

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Le Parlement européen valide une exemption au MACF pour les Outre-mer

Le Parlement européen a largement approuvé, ce 15 septembre...

« Il n’y a pas de blocage de conteneurs »: au port de Longoni, les dockers dénoncent l’emploi d’intérimaires

Des rumeurs faisant état de conteneurs bloqués et de navires immobilisés au mouillage circulaient ce mardi 15 septembre, matin à Mayotte. Le syndicat SGTPM-CGT dément tout blocage, mais dénonce un incident impliquant des intérimaires lors du déchargement de 600 véhicules.

Quatre enseignants jugés après une pétition accusant une inspectrice de harcèlement

Entre le 16 janvier et le 2 février 2026, quatre enseignants sont accusés d’avoir participé à la diffusion de propos jugés diffamatoires envers une inspectrice de l’Éducation nationale. À l’audience, chaque partie a défendu sa version des faits.

« On pouvait difficilement avoir mieux », au CHM, des avancées pour les brancardiers après deux jours de grève

Après une matinée de négociations avec la direction du Centre hospitalier de Mayotte, les brancardiers et ambulanciers grévistes ont obtenu plusieurs avancées sur les heures supplémentaires et les interventions SMUR. Mais des points de désaccord demeurent, notamment sur les retours à domicile et certaines tâches effectuées à la morgue.