Le colloque international des sciences de l’éducation et de la formation a ouvert ses portes ce lundi 20 novembre au CUFR de Dembeni. Organisé par le maître de conférences Philippe Charpentier, il a pour objectif de présenter les différentes recherches effectuées en sciences de l’éducation dans l’océan Indien. De quoi inspirer les étudiants en master Sciences de l’Education et de la Formation dans leurs futures pratiques d’enseignement !

Un colloque pour repenser les sciences de l’éducation dans une perspective régionale

Le colloque international des sciences de l’éducation et de la formation a ouvert ses portes ce lundi 20 novembre au CUFR de Dembeni. Organisé par le maître de conférences Philippe Charpentier, il a pour objectif de présenter les différentes recherches effectuées en sciences de l’éducation dans l’océan Indien. De quoi inspirer les étudiants en master Sciences de l’Education et de la Formation dans leurs futures pratiques d’enseignement !

Comment penser l’éducation/l’instruction des jeunes générations des pays de l’océan Indien pour faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain ? Telle est la problématique principale du colloque international organisé au CUFR ces lundi 20 et mardi 21 novembre. A l’heure où l’enseignement à Mayotte fait face à des difficultés de plus en plus nombreuses, notamment liées à la question de l’immigration en provenance des Comores, Philippe Charpentier a estimé qu’il était utile d’ouvrir la réflexion des étudiants en leur proposant les résultats de recherches en Sciences de l’Education et de la Formation issus des chercheurs des pays voisins. « Il y a beaucoup de tensions dans l’enseignement actuellement entre ce qui est demandé par l’institution et la réalité du terrain. Mayotte fait administrativement partie de l’Europe, mais géographiquement et culturellement elle fait partie de l’océan Indien, il est donc intéressant de voir ce qui se passe dans les pays voisins en termes d’éducation », a-t-il affirmé.

Pour Philippe Charpentier, il est essentiel d’amorcer un échange entre chercheurs en sciences de l’éducation et de la formation dans l’océan Indien.

Plusieurs maîtres de conférences d’universités malgaches, réunionnaises, comoriennes, mais aussi métropolitaines ont répondu présents à ce colloque. Sollicité, Le Mozambique n’a malheureusement pas répondu. « L’un des problèmes communs est que les enseignements se font en français alors que ce n’est que rarement la langue première des élèves », constate Philippe Charpentier. Cette question constitue évidemment le nœud principal des difficultés d’enseignement à Mayotte, alimenté par le niveau souvent un peu trop léger de beaucoup d’enseignants. « On cherche à faire du quantitatif au détriment du qualitatif. Titulariser des personnes qui n’ont pas le niveau est un fait qui m’interroge. Je n’ai pas la solution, mais force est de constater que le quantitatif ne suffit pas », analyse-t-il. Outre l’ouverture de la réflexion à la région, le maître de conférences espère également que ce colloque permettra de développer un esprit de recherche chez les étudiants qui en manquent malheureusement souvent.

L’anthropologie au secours des sciences de l’éducation ?

Les intervenants, en présentiel ou distanciel, se sont succédé tout au long de la matinée pour partager les fruits de leurs recherches. Xavier Riondet, de l’université de Rennes 2, a fait un point sur le fonctionnement de l’enseignement dans l’hexagone en se demandant comment l’adapter aux régions périphériques. « Il est parfaitement possible d’appliquer des modèles anciens en les réactualisant », a-t-il observé en citant comme exemple la pédagogie Freinet qui, bien qu’âgée d’un siècle, fonctionne toujours très bien sur les élèves actuels si tant est qu’elle soit réadaptée.

Hery-Frédéric Rakatomalala, chercheur malgache, a évoqué les interdépendances entre les postures des enseignants et celles des élèves.

Les chercheurs malgaches ont, pour leur part, abordé des problématiques aussi diverses que l’approche curriculaire et pragmatique pour le changement de comportement des élèves dans une perspective de protection de l’environnement et les relations d’interdépendance entre les postures des enseignants et celles des élèves. Maître de conférences en anthropologie au CUFR, Georgeta Stoïca a quant à elle présenté les travaux d’une enseignante mahoraise, Haïra Saïd Allaoui, partie explorer comment se passait l’école à Anjouan. « Il est essentiel de mieux connaître l’histoire de vie de ses élèves pour les aider à mieux apprendre », a conclu l’anthropologue. Comment apprend-on à Anjouan et qu’est-ce qui pousse à venir à Mayotte ? Autant d’interrogations essentielles à une meilleure prise en charge des élèves.

Ce colloque a pour objet de semer des graines dans l’esprit des futurs enseignants mahorais afin d’améliorer leurs pratiques.

De nobles ambitions, mais comment faire concrètement quand on est quotidiennement face à une trentaine d’élèves aux besoins différents ? C’est le bémol que nous a exprimé Soihabati, l’une des étudiantes participant au colloque. « C’était très intéressant, mais ça manquait d’éléments concrets à appliquer dans notre quotidien », a-t-elle déploré en regrettant que trop peu d’outils n’aient été livrés. Toutefois, comme l’a affirmé Philippe Charpentier, la recherche n’a pas pour vocation de trouver des solutions toutes faites, mais plutôt de lancer des pistes de réflexion. « Ce colloque a pour objet d’initier une recherche commune et de mieux se connaître entre pays voisins », a-t-il rappelé. On peut toutefois espérer que ces réflexions sèment des graines dans l’esprit des étudiants afin de leur permettre d’améliorer leur pratique en trouvant des solutions innovantes adaptées aux besoins de leurs élèves.

Nora Godeau

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