Elle a l’air d’être ancrée depuis toujours dans le paysage mahorais, mais la société Total, devenue TotalÉnergies Marketing Mayotte, vient seulement de souffler ses 20 bougies. C’est très entourée, notamment par le représentant de la société en Afrique, que Karine Poisson, présidente de TotalÉnergies Marketing depuis septembre 2021, est revenue ce mercredi soir au restaurant le Faré, sur les challenges passés et à venir.

Pour ses 20 ans à Mayotte, un point sur les investissements locaux et régionaux de TotalÉnergies

Elle a l’air d’être ancrée depuis toujours dans le paysage mahorais, mais la société Total, devenue TotalÉnergies Marketing Mayotte, vient seulement de souffler ses 20 bougies. C’est très entourée, notamment par le représentant de la société en Afrique, que Karine Poisson, présidente de TotalÉnergies Marketing depuis septembre 2021, est revenue ce mercredi soir au restaurant le Faré, sur les challenges passés et à venir.

En 2003, la société s’appelle TotalFinaElf, comme l’explique Karine Poisson, un oeil dans le rétro : « Elle acquiert alors le dépôt des Badamiers auprès du service des armées et du conseil général, ainsi que la station-service de Grande Terre à Mamoudzou et de celle de Petite Terre ». Ancrant sur ce petit territoire une position inédite : en charge de toute la chaîne, de l’approvisionnement du carburant à sa distribution en passant par son stockage et son transport.

La station-service de Dzoumogné rénovée entièrement en 2018

Ce fut le lancement des investissements dans les capacités à la fois de stockage et de distribution, rappelait la chef d’entreprise : « Nous avons investi dans le volume de la SMSPP, La Société mahoraise de stockage des produits pétroliers, en 2006, et construit la station ‘aviation’. Il faut savoir qu’auparavant, les camions partaient du dépôt et allaient ravitailler les avions jusque sur la piste. En 2007, nous lançons la construction du dépôt de Longoni que nous connectons à un pipe, et dont la capacité de stockage a été accrue en 2019. » Parallèlement, le maillage des stations s’étend peu à peu avec Chirongui, Passamainty, Kawéni, Majikavo, Longoni, Dzoumogné, et la petite dernière, Combani. « De nouveaux services sont mis en place comme les boutiques, le lavage des voitures, les Distributeurs automatiques ou les cartes carburants, etc. »

Des investissements qui se montent à 120 millions d’euros en 20 ans, complétait Jean-Philippe Torres, président de la société TotalÉnergies Marketing Afrique, et c’est une première que la visite d’un représentant de cette branche à Mayotte, soulignait Karine Poisson. « Aprés 36h passées sur l’île, le sentiment qui domine c’est le dynamisme du territoire en projets significatifs et concrets qui y sont menés », rapportait-il.

« Il faut densifier le nombre de stations-service »

Jean-Philippe Torres: « Aprés 36h sur l’île, je suis marqué par le dynamisme du territoire en nombre de projets concrets qui sont menés »

Ils mettaient tous deux l’accent sur les investissements à venir, « au moins équivalent à ce qui a été dépensé en 20 ans ! », axés sur le virage énergétique et du développement durable : « Nous nous sommes engagé sur la neutralité carbone à échéance 2050. Nous avons solarisé l’ensemble des stations, et préparons avec Électricité de Mayotte les centrales alimentées au bioliquide ». Un pari pour les deux entreprises puisque à elle seule, EDM consomme la moitié du gasoil importé à Mayotte par TotalÉnergies. Les investissements vont également concerner les dépôts de Badamiers et de Longoni. « En attendant les conclusions de l’emplacement de la piste longue qui aura en fonction de la version retenue, un impact pour nous. »

Est également visé le réseau de distribution, « nous sommes convaincus qu’il faut densifier le nombre de stations-service, surtout que nous sommes sur un territoire où nous n’avons pas de concurrents ici, nous avons donc la mission de servir au mieux les consommateurs », concluait le monsieur Afrique de TotalÉnergies Marketing.

A ce propos, nous en avons profité pour interroger la présidente de TotalEnergies Mayotte sur le niveau des prix des carburants. Nous nous étions en effet étonné que le dernier bulletin mensuel de l’INSEE sur l’évolution des prix à la consommation, rapporte une hausse de 17,6% à Mayotte sur les 12 derniers mois, contre +10,7% en France hors Mayotte. L’encadrement des prix par la préfecture décidé pour les outre-mer doit justement empêcher ces envolées. Un taux qu’appelle à nuancer Karine Poisson: « Il faut d’une part vérifier que les remises carburant pendant l’inflation sur les hydrocarbures sont bien prises en compte dans cette hausse, et d’autre part, les taux de fret sur l’importation de pétrole ont explosé, et sont à répartir sur un volume plus restreint à Mayotte. »

Le projet du gaz du Mozambique relancé

Apprivoisement mensuel de Mayotte par les pétroliers. Ici, le High Freedom

La présence du président de la branche Afrique de la société rappelait que TotalÉnergies est en passe de relancer son projet d’exploitation de la réserve monumentale de gaz au large du Mozambique, estimée à 5.000 milliards de m3 et qui fera de ce pays le 4ème ou 5ème producteur mondial. Avec le projet Mozambique LNG, le gaz sera pompé au fond de l’océan Indien, acheminé par pipeline vers la côte où il sera transformé en gaz naturel liquéfié (GNL) et exporté.

Plusieurs autres sociétés sont sur l’affaire, dont la major américaine Exxon Mobil qui opère avec l’italienne ENI.

Suite à une attaque djihadiste dans la province de Cabo Delgado en 2021, le projet avait été suspendu. Depuis, la situation se serait améliorée, « grâce notamment à l’aide apportée par les pays africains qui se sont engagés pour ramener la paix et la sécurité », a déclaré Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, il y a quelques mois. Il avait alors confié au diplomate et écrivain Jean-Christophe Rufin, une mission indépendante d’évaluation de la situation humanitaire dans la province du Cabo Delgado.

Les invités étaient nombreux à avoir répondu présents à cet anniversaire

Son rapport favorable a incité le PDG à envisager la reprise des investissements, tout en créant une Fondation d’aide au développement local, notamment agricole, dotée d’un budget pluriannuel de 200 millions de dollars.

Mayotte n’aurait pas un grand rôle à jouer, si ce n’est celui de « base arrière », pour les rotations des équipes travaillant sur le chantier ou en cas d’évacuation pour des soins médicaux.

Anne Perzo-Lafond

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