L’épidémie de gastro-entérite pourrait être le marqueur d'un début de dégradation sanitaire en raison de la crise de l'eau. Le dernier bulletin de Santé publique France fait pour la 1ère fois le lien.

Persistance de gastroentérite dans un contexte sanitaire dégradé

L’épidémie de gastro-entérite pourrait être le marqueur d'un début de dégradation sanitaire en raison de la crise de l'eau. Le dernier bulletin de Santé publique France fait pour la 1ère fois le lien.

Après 2 semaines de baisse, le nombre de cas de gastro-entérite aiguë (GEA) repart à la hausse sur la dernière semaine de septembre avec un taux de positivité se situant à 74 %, indique le bulletin de Santé Publique France (SPF). Rappelons que les forme grave tou

Les pharmacies vendent plus d’anti-diarrhéiques et de solutés de réhydratation orale que l’année dernière à la même époque, beaucoup de cas arrivent encore aux Urgences, malgré une légère baisse de fréquentation. Sur la dernière semaine de septembre, « les communes de M’tsangamouji, Tsingoni, Koungou, Mamoudzou, Dembeni, Bandrele et Bouéni présentaient une proportion de vente d’anti-diarrhéiques et de solutés de réhydratation orale (SRO) supérieure à 4 % »

Santé Publique France, gastroentérite, Mayotte
Indicateurs témoins d’une hausse de gastro

Une situation qui incite Santé Publique France à faire désormais le lien avec la situation actuelle de pénurie d’eau rencontrée sur le département, « couplée à une baisse de l’adoption des mesures d’hygiène de base liée au manque d’eau », ce qui a « probablement pour conséquence, une intensité et une durée de l’épidémie supérieure à ce que l’on a observé les années précédentes ».

En revenant sur les risques sanitaire en raison : « du recours à une eau impropre à la consommation lors de la remise en eau ou à des eaux de surface contaminées durant les coupures pour l’alimentation et l’hygiène, de l’hydratation insuffisante, de la baisse du niveau d’hygiène de base (lavage de mains), du défaut d’assainissement et de l’impossibilité d’évacuer les excrétas, des réservoirs de stockage d’eau impropres à l’alimentation ou susceptibles de constituer des gites larvaires pour les moustiques, vecteurs d’arboviroses ».

SPF pointe « une menace sanitaire importante pour la population mahoraise qui, pour une majorité d’entre elle, est en situation de grande précarité ».

Les consultations pour gastro semblent repartir à la hausse sur la semaine dernière (semaine 40) (SPF)

La fréquentation des Urgences avait décru mais semble repartir à la hausse sur la semaine du 2 octobre, comme l’indique le graphique ci-contre.  « Depuis le début de l’épidémie de GEA, il y a eu 13 cas graves admis en réanimation au CH de Mayotte », mentionne le bulletin. Avec de possibles complications ces derniers jours deux mouvements sociaux en perturbant la prise en charge, le premier lié au droit de retrait du personnel soignant, et l’autre au blocage du dispensaire Jacaranda par un des Collectifs de citoyens.

Le virus Rotavirus est particulièrement actif et touche essentiellement les enfants de moins de 5 ans, avec une fragilité supplémentaire chez les nourrissons. « Le plus souvent, la contamination par ce type de bactéries se fait lors de la consommation d’aliments contaminés ».

Quant aux maladies hydriques, comme la fièvre typhoïde ou l’Hépatite A, on compte peu de malades, 9 cas depuis le début de l’année pour la première contre 123 en 2022, et 19 cas pour la seconde, contre 30 en 2022. Pour autant, SPF se veut prudente: « en raison de leur mode de transmission et la détection régulière de foyers de contamination sur le territoire, ces maladies hydriques pourraient faire l’objet de flambées épidémiques, à cause de la pénurie d’eau à Mayotte. En effet, le manque d’eau pourrait engendrer une baisse de la vigilance quant à l’application de mesures d’hygiène de base et donc favoriser la transmission de ces maladies endémiques sur le territoire. »

A.P-L.

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