«Ambition forte, objectifs modestes», pour le nouveau patron de l’ARS

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La politique de santé de l’Etat sera menée par une nouvelle tête dans l’océan Indien : François Maury a expliqué sa méthode de fonctionnement aux médias locaux. Le rattrapage qu’il envisage vers les standards nationaux de santé se heurte toujours aux problématiques locales.

ARS François MauryCe n’est pas un bleu qui arrive à la tête de l’Agence régionale de santé Océan Indien (ARS OI), succédant ainsi à Chantal de Singly qui l’avait inaugurée il y a 5 ans. Ancien élève de l’Ecole nationale de santé publique, François Maury a derrière lui 30 ans de présence au sein des hôpitaux, dont plus de dix ans à la direction du Centre hospitalier de Roubaix. Il a notamment exercé à l’IGAS, l’Inspection générale des Affaires sociales.

Il se présentait devant la presse mahoraise ce mercredi en affichant sa démarche, « orientée vers l’écoute et la compréhension dans un premier temps », des équipes de l’antenne mahoraise de l’ARS, et du directeur du Centre hospitalier de Mayotte (CHM) et de ses équipes, « j’ai déjà rencontré les urgences, la périnatalité et la pédiatrie ». Il faut dire que Mayotte détient toujours le record de la plus grande maternité de France.

Autre spécificité, les 66% de non assurés sociaux sur l’ensemble des patients de l’hôpital, dont la prise en charge est assurée par l’ARS, « et que nous continuerons à assumer », confirme le directeur général.

Et un de ses chevaux de bataille s’appellera la CMU-C (prise en charge gratuite de la part complémentaire des dépenses de santé), inexistante à Mayotte, ce qui prive beaucoup de patients de l’accès à la médecine libérale. « Mais attention, ambition forte mais objectifs modestes », clame François Maury réaliste, qui sait la difficulté à attirer des personnels médicaux à Mayotte, « et même plus généralement dans les endroits retirés comme les campagnes françaises ! »

Financer les études des jeunes médecins

Un pick-up de l'ARS équipé d'un pulvérisateur d'insecticide pour lutter contre la propagation de la dengue, en mars 2014 sur les hauteurs de Kawéni
Lutte contre la propagation de la dengue, en mars 2014 sur les hauteurs de Kawéni

Plus que le recours aux médecins étrangers dont l’évocation avait provoqué un début de grogne du monde médical local, il penche pour le Contrat d’Engagement de Service public, « les jeunes médecins se voient financer leurs études mais s’engagent à venir sur le territoire en contrepartie ». Une solution de moyen terme et qui s’adapterait parfaitement selon lui aux jeunes mahorais.

Mais une des mission première d’une agence de santé est la prévention des épidémies, qu’il juge maîtrisées de manière satisfaisante à Mayotte, « où nous avons contenu les 500 cas de dengue l’année dernière ». Dans ce secteur les moyens sont accrus, « avec la présence de statisticiens, d’épidémiologistes et l’arrivée prochaine de représentants de l’Observatoire régional de la santé ».

Un double objectif donc pour le nouveau directeur général à cheval sur deux départements aux priorités si différentes : « aller vers un régime de droit commun en matière de santé, en poursuivant le travail entrepris avec le CHM et les dispensaires. »

Le nouveau directeur général de l’ARS OI l’a compris, Mayotte bien que 101ème département ne veut plus être la dernière roue de la charrette en matière de santé. Les cadres mahorais, au fait des spécificités de leur territoire, aspirent d’ailleurs à être plus visibles au sein de l’ARS. Mais c’est un piège dans lequel il ne veut pas tomber : « Chantal de Singly m’a transmis son amour de votre département, j’y serai tous les mois. »

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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